SUR L*£I>U€ATION
veille au bonheur. C'est la femme qui est le lien de la famille. Sans elle l'amour des pères pour les enfans et des enfans pour les pères serait moins tendre et moins durable. Ce n'est point la femme qui jamais eût fait une loi ou un droit de saci;iûer et de mettre à mort les enfans difformeS ou débiles. Cette barbarie atroce fut l'œuvre de l'homme. La femme ne lui put opposer que des larmes, et elle-même alors était esclave. • Que la femme soit esclave , ou qu'elle meure, l'effet est le même pour la famille.
Sans la femme, et sans la femme libre, la.
famille humaine n'existe plus.
C'est ce que vous avez pu remarquer tristement partout où vous avez vu la mère disparaître et laisser de pauvres enfans or* phelinssous la tutelle même du père le plus tendre. Pauvres petits enfans, tout étonnés de la vie, et à qui manque l'appui le plus naturel pour cheminer dans ce sentier de pleurs !
Et aus»ile divorce^ qui estcofiamela mort
14 LETTàES
de la femme , est la mort de la famillei Et il n'a pu se trouver consacré que dans là barbade des mœui*s, et chez des peuples <}m cohnaissaieBt la loi cruelle de Testerihittation dès enfans.
Dans le divorce les enfans sont de trop en effet. Il faut pouvoir les détruire comme dés êtres qui n'appartiennent plus à la race humaine.
Yoyez où ceci nous conduirait! ce n'est pas un traité d'éducation que nous aurions à faire^ ce semble^ après ces préliminaires ; c'est un traité de morale et de société. Mais vous verrez que nous serons ramenés facile* ment à notre objet.
Pénétrons-nous bieii de cette dignité de la femnile. La femme, ai-je dit, est l'instrument de la famille : l'instrumetit moral, e non pas seulement Tinstniment physique Car il ne sertirait de rien que la fenUr eût donné des enfans à l'homme, si bient ils devaient périr d'abandon et de misé) Us étaient donc grossiers et ineptes,
SD& l'ésdcation. 15
philoiôphès qui osèrent Étouiller ce jrand mystère de la famille , et iie Toir dans la perpétuité de la race humaine d'autre secret que celui de la rencontre fortuite deè deux êtres qtie Dieu a créés pour rirre en* semblé. Quelle dégradation et quel ûxeor* songe !
Puis,voyexcommentlafemme,aprèsaToir ser^i de lien à la famille ^ lui sert de lîeià encore pour l'étendre à des familles noo^ velles. La femme est le nomd de là société tout entière. Par elle se forment les affcc^ tions tendres et légitimes entre les hommes»
Elle semble ne point paraître dans la oon* stitution publique des états, et c'est elle qui est leur principale force de conservation.
En gardant le foyer domestique elle pef^ péiue la cité. Souvent la fenûue a sauvA les empires. La guerte même «'arrêté de«* vant sa faiblesse. Sa faiblesse est une puis^ sance de plus pour l'hutnattité.
Il est vrai que ce n'est que dans le GhH*> tiànisme quece ministère social- dé là femme
est biencoiuiu. Dans la barbarie idolâtri que il est tout au plus soupçonné, à moins que la passion aveup,le'ne le dénature pour «n faire iin objet de culte sans respect et d'adoration sans amour. Mais le Christianisme est la révélation de tous les mystères de rhumanité, et la femme, qui est aussi un mystère, a reçu pour sa. part le reflet de lumière qui la devait mieux faire voir sous «on vrai jour. i;.Z . . .
• C !est pourquoi , àt n'en visager. une si haute question que sous un ' siinf>le rapport de bienfaisance, on pourrait dilte-que la femme a .quelque raison de plus, encore que l'homme de bénir la révélation. :
.• Hors du Christianisme la femme fut toujours esclave , et sans le Christianisme elle le seraU encore: Triste conditipn pour. exei-cer pleinement ce. beau, ce Sacré ministère de la famille !
Aussi le Christianisme de la femme est principalement un Christianisme d'amour.
Le sentiment de la recofinaissance est pli
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profond ; U y a là comme un resouyenir de vieiUâB .misères et d'antiques douleurs.
])ites:mpi donc ce que venaient faire de nos jours ' ces jeunes hommes d'exaltation qui se présentèrent au monde comme les libérateurs de. la femme? Ils venaient faire une œuvre déjà toute faite. Philosophes enfant, à qui l'éducation complète avait manqué, et qui , se sentant au cœur quelques restes échappés de l'enseignement chrétien, en étaient tout éblouis, et se prenaient euxmêmes pour les révélateurs d'une vérité qu'ils eussent aisément aperçue phis manifeste, et. plus pure , pour peu qu'ils eussent regardé autour d'eux dans le Christianisme et dans son histoire. •
Ail ! peut-être aussi sous ce nom de liberté se: cachaient, à l'insu des nouveaux aniis de la femme , des pensées mauvaises sur lesquelles il est trop facile à la philosophie purement humaine de se méprendre.
La liberté de la femme,,dans le système chrétien ou divin^ ce n'est jamais autre
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chose que la perfection de son ministère, qui est un ministère de famille. La famille .est la {^rèiuièl-e ^etiëée de Dieu dans la création hUiiiàine; c'est doncdslns la famille que ê*exertëf selon les rdesde Dieu, lèi libetté de la femme. Toute autte libetté est une destruction de l'otdre divin , c'est-à-dire^ de l'humanité même; Et bien filus toute aùti-ie Uberté est la servitude.
Tous le comprendrez aisémeut . La femitie peut sans doute jouir quelque temps d'un6 liberté différente ; tant qu'elle garde ses charmes et que l'âge des séductions lui est propice^ la liberté qu'elle peut avoir, hélâs ! c'est de se laisser aller au plaisir, sans souci des amères douleuts qui succéderont à cette triste joie. — Mais qu'arrivera-t-il ? La femme aura passé d'amourâ en amours saiis voir se former autour d'elle des afiFeo tions d'avenir. Peut-être elle aiira jeté au hasard quelques êtres nouveaux surlaterrr mais elle n'aura pas créé une famille. Dor elle s'en ira solitaire vers ses derniers jour
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et d'avanee un affreux déae^pcHr désolera sa Ti^illes$e,cet âge que les affections thré* tiennes entourent de majesté et de bon»
heur.
Daiis cette flétrissante éolitude que de-^ vient la liberté de la femme?Lés libérateurt n'y avaient pas songé.
A quoi sohgeaient-ils donc ? Ne yôûlkièhtils rendre la femiiie libre que pour la jeter sans espérance au dernier terme dé la vie ^ et la livrer^ misérable esclave ^ au i»é|>fi8 de rhumanité ?
Combien l'ordre chrétien est autrement admirable par sa pirévoyanee l il rét)ond à toutes les vues de libeHé sans troubler jamais l'harmbnie humaine.
Ainsi il rend la femme libre j mdis en l'assujétissant aux devoirs de la famille ^ il riffranchit par l'amouir. Plus il lui brise dé thaînéé) pluâ il la tetient [iar des dfféctionsi £t ses libérateurs nouveaux faisaient lé contraire. Ils lui ôtaient ses affections pour la rendre libre,c'est-à-dire,ils l'envoyaient dans
la vie comme un être seul et sans racin dans riiumanité , et lorsque les plaisirs Va valent flétrie , c'était à elle à s'en aller e; toute hâte vers le tombeau : être de tro dans là nature 9 dont Tofficie était de bonn heure achevé , et à qui les hommes ne de vaient plus même un peu de pitié.
• Ah ! laissons la liberté et la dignité hu maine telle que Dieu l'a faite. Que la fem m S]iirtout bénisse la main qui l'a affranchie et qu'elle connaisse le ministère qui lui été fait pour le bien des hommes!
La femme est l'être de conciliation. EU est le lien de l'humanité. Son empire e; grand et saint ; peu s'en faut que je ne dis qu'il est di vin. Car il s'exerce par la souffranc et la douleur. Empire touchant et mysté iieux,qui saisit l'homme par les lannes et pa l'amour^ et qui en cela même ne ressembl point à l'autorité humaine , laquelle es dure et impitoyable.