‹ L'éducation fondée sur la scienceChapitre 28 sur 30 · LE PROBLEME DE L EDUCATION I · texte numérisé non relu

LE PROBLEME DE L EDUCATION I

état social, voici maintenant la conclusion qui en ressort :

11 y a, au fond de nos consciences, comme un malaise moral qui nous rend faibles et mal résistants. La plupart d'entre nous souifrent de l'incertitude d'une direction morale à suivre. Libérés, nous aussi, de beaucoup de croyances religieuses ; ayant abandonné bien des dogmes, et du môme coup — ce qui est regrettable — la morale à laquelle ils semblaient liés, nous demeurons indécis et vagues. Restés bonnôtes, grâce à nos habitudes de santé morale, observateurs des règles de conduite traditionnelles, nous sentons que ce n'est pas tout.

Lorsque, dans sa marche incessante vers le devoir, rhomme est contraint de laisser en arrière quelqu'un de ses glorieux paradis, il souffre de leur abandon ; silencieux, remâchant sa tristesse, il continue un peu plus pesamment son âpre route vers l'avenir assombri. L'enfant subit le contre-coup de ces malaises ; ses petits pas creusent leur légère empreinte derrière les pas alourdis de ceux qui le précèdent, ses yeux clairs interrogent leurs yeux remplis de larmes et il ne reçoit, pour réponse, que le «je ne sais pas» déçu de nos ignorances lassées.

Le grand mal, selon l'auteur, c'est Tatrophiede la volonté :

Demandez autour de vous, interrogez les précepteurs, les instituteurs, les médecins, tous ceux qui pénètrent dans les familles, ils vous diront que l'enfant, tel qu'on Téduque aujourd'hui, gaspille une liberté vers laquelle il aspire, mais dont il ignore l'usage ; comme on ne lui apprend pas ce qu'il faut valoir, il ne veut pas ce qu'on lui demande ; il n'a pas de volontés il n'a que des « nolontés ». Marcel, Paul ou Jacqueline ne « veut pas » apprendre ses leçons, ne « veut pas » sortir, ne uveut pas» se soigner, et ainsi du reste. Menaces, prières, répri-

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mandes viennent à bout de ces résistances. Quelle dépense inutile de part et d'autre !.

L'instruction, l'éducation, du jour où elles sont entreprises, devraient porter sur ce point essentiel ; le développement du caractère par Fexercice constant de la volonté.

La difficulté, pour l'éducateur, consiste ici à garder la juste mesure et, en mûrissant le jugement, à laisser au principe d'action sa spontanéité et comme le ressort nécessaire. A mesure qu'il avance en âge, une grande part doit être faite à l'enfant dans sa propre éducation ; il doit y collaborer, s'y intéresser, sentir qu'il n'est pas une « chose » aux mains de celui qui l'élève, mais une vie qui cherche la loi de son meilleur développement. Ainsi il sera peu à peu rendu capable de continuer le travail commencé en lui-même.

M. Daubresse se trouve ensuite amené à citer un passage de M . J. Payot, dans son ouvrage : L'Éducation

de la Volonté,

« Alors que la religion régnait sans conteste sur les esprits, le problème de l'éducation de la volonté ne pouvait se poser... Aujourd'hui, cette direction fait défaut pour la majorité des esprits pensants ; elle n'a point été remplacée... »

Pour ceux qui ont irrémédiablement perdu la foi, il faut qu'elle soit remplacée, car un être humain sans direction n'est plus qu'une force aveugle, productrice des pires catastrophes avant son souhaitable anéantissement. Volonté ! puissance incalculable, force des martyrs et des héros, toi qui sais accomplir de tels miracles, et qui, au doux pays de France, as fait fleurir de si magnifiques dévouements, jamais nous ne saurions assez te louer, 'exalter, t'invoquer comme une déesse bienfaisante ; jalis nous ne pourrons t'élever assez d'autels, à moins de donner asile en chacun de nos cœurs, et d'y brûler is cesse pour toi toutes nos lâchetés au feu de tous nos housiasmcs.

Ij-,

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