‹ L'éducationChapitre 14 sur 38 · DUCAT10N · texte numérisé non relu

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sous toutes ses formes, il y a une préparation nécessaire qui esl l'étude science. S'agit-il d'une bonne disci-

pline de l'espril au triple point de vue intellectuel, moral et religieux, la plus efficace el la plus complète nous esl fournie parla science. La question qui, au premier abord, semblait si complexée! si obscure s'est transformée dans le cours de nos recherches en une question relativement simple, il n'est nullemenl besoin d'évaluer les degrés d'importance <lrs divers ordres d'activité humaine, puisqu'il est démontré que l'étude de la science, au sens le plus compréhensif du mot, est la meilleure préparation a tous ces ordres d'activité. Il n'est nullement besoin de prendre un parti entre deux sortes d'études qui se disputeraient noire adhésion, les unes d'une importance fort <\d<' quoique conventionnelle, tes autres de valeur moindre, mais intrinsèque, puisque nous savons maintenant que les mêmes études qui à tous les autres points de vue sont les meilleures, sonl aussi celles qui ont la plus haute valeur intrinsèque, valeur qui n'est point fondée sur l'opinion et le préjugé, mais qui dérive des rapports de l'homme avec le monde qui l'entoure. Nécessaire et éternelle comme la vérité, la - tout entière intérêt

l'humanité tout entière et pour tous les temps. Aussi bien dans le plus lointain avenu- que dans le temps présent , il sera d'une incalculable importance pour toute leur conduite que les hommes connaissent la science de la vie physique, mentale, sociale et qu'ils possèdent par conséquent toutes les autres sciences qui donnent la clef t\ti*

sciences de la \

VA pourtant cette étude, dont l'importance dépasse infiniment celle de toutes les autl des, est celle qui,

dans un siècle prétendu instruit el éclairé, est la plus négligée. Ce que nous appelons civilisation, c'est un état social qui n'eût jamais pu se produire sans la science, et i à peine si la science forme un élément appréciable

de notre éducation dans ce siècle de progrès. Nous devons rendre grâce à la science de ce que le même espace qui, autrefois, nourrissait à peine quelques mille habitants en

nourril à présenl des millions. Mais ces millions d'hommes u'ont, Le plus souvent, pas un souvenir, pas un bomma pour la cause efficiente de leur existence sur la lerre. Les progrès scientifiques, une connaissance plus «complète des rapports des choses entre «'Iles ont permis à des tribus jadis errantes de se développer en nations populeus jouir de plaisirs et d'un bien-être que L'imagination de leurs ancêtres, nus et clairsemés n'aurait pas pu se figurer, auquel ils n'auraient pas voulu croire, tout cela gr à La science, à la science admise encore à contre-cœur ou plutôl tolérée dans nos établissements supérieurs d'éducation nationale! Si nous sommes émancipés et délivrés des plus grossières superstitions, c'est à la lente découverte des lois de la nature, de Fenchaînemenl réciproque des phénomènes que nous en sommes redevables : sans la science, nous en serions encore à adorer des fétichi à sacrifier des hécatombes pour nous rendre propic divinités infernales. Et la science qui, à la place de grt siers préjugés et de dégradantes superstitions, nous donne le spectacle des magnificences de la création, on la vilipende dans des livres de théologie, on l'anathématise du haut de la chaire !

Paraphrasant une fable venue d'Orient, nous dirons que, dans la famille des études, la science est la Gendrillon qui cache dans l'obscurité des perfections ignorées. A elle tout le travail de la maison : c'est à son adresse, à son intelligence, à son dévouement que nous devons toutes les commodités et tous les agréments de la vie; elle travaille sans relâche pour les autres et on la confine obscurément au coin du feu pendant que ses sœurs orgueilleuses vont étaler leurs oripeaux aux yeux du monde. Le parallèle pourrait être poussé plus loin. Voici venir le prochain dénouement : les situations vont être renversées et les sœurs orgueilleuses vont tomber dans un abandon mérité tandis que la science, proclamée la meilleure et la plus belle, va régner en souveraine.

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