Classification de» iciences, d»<l. F, Ethétoré, p
x INTRODUCTION.
la science des lois de la pensée esl la plut détachée de / objet de la pensée, si abstraites que Boient les Bgures delà géométrie et Lee conceptions des mathématiques qu'on appelle par excell n sciences abstraites, la logique l'est encore davantage, car elle étudie la pensée sur la pensée môme, non en tant qu'elle s'en : à vide et sans objet, mais eu tant qu'on la considère indépendamment de cet objet. On remarquera aussi que la psychologie supprimée par Aug. Comte, ou plutôt confondue par lui avec la physiologie, reprend sa place légitime ; si voisine qu'elle soit de la biologie, elle ne se confond pas plus avec elle que l'esprit ne se confond avec le corps. M. H. Spencer n'a point fait sa place à la métaphysique ou philosophie première, mais elle se l'est faite elle-même ; chassée par la porte, elle est rentrée par la fenêtre, et l'on peut dire de M. H. Spencer qu'il est un grand métaphysicien ennemi de la métaphysique. L'originalité. et la nouveauté de ses théories métaphysiques consistent essentiellement dans une conciliation du rationalisme et de l'empirisme. Qu'estce que le rationalisme? Un système qui admet l'existence dans notre esprit de principes antérieurs et supérieurs à l'expérience. Qu'est-ce que l'empirisme? Un système qui ne reconnaît dans l'esprit que les vérités qui proviennent de l'expérience et fait ainsi de l'intelligence humaine une table rase, une feuille blanche sur laquelle aucun caractère n'est encore tracé. Mais l'empirisme a tort : nous apportons en naissant pour le moins des dispositions héréditaires et on peut même les appeler, si l'on veut, des idées innées. Ce n'est pas en vain que nos pères ont pensé, créé la science et la philosophie, en un mot, organisé l'expérience dans leurs conceptions ; il nous en reste toujours quelque chose, et l'esprit, dans ce sens, est inné à lui-même. Il faut donc donner raison au rationalisme, à condition toutefois qu'on se souvienne que les principes de la raison ne sont pas tombés du ciel un beau jour, mais qu'ils se sont constitués peu à peu. au fur et à mesure des progrès de la civilisation ; innés dans l'individu, ils ne le sont pas dans l'espèce et ils résultent de l'adaptation de plus en plus complète de notre intelligence avec les lois de la nature. De là vient cette harmonie des lois de l'esprit et des lois des choses qui n'est pas préétablie, mais qui s'établit de plus en plus complètement.
Théorie de l'Evolution. — Cette adaptation progressive, c'est la loi même de l'évolution. Tâchons d'approfondir le sens de ce mot : évolution n'est pas révolution, car ce dernier mot implique un passage brusque et violent d'un état à un autre état, tandis que le premier exprime au contraire un changement lent et continu sans retours en arrière et sans arrêts. Tel le gland devient