DOCUMENTATION
niques, leur étude ou leur abandon, peuvent changer les destinées d'un pays.
Parmi les sciences abstraites-concrètes, il en esl qui s'occupent des loi-ces d'ensemble et de masses, ce sont
celles dont nous venons de parler et il en est qui ont pour objet particulier les forces moléculaires : occupons-nous de ces dernières et de leurs innombrables applications. C'est à elles que nous devons, en les unissant aux précédentes, la machine à vapeur qui fait à elle seule le travail de millions de bras. A cette partie de la physique qui nous fait connaître les lois de la chaleur, nous sommes redevables des moyens d'économiser le combustible nécessaire aux diverses industries ; de l'art d'augmenter la production des hauts fourneaux en substituant l'air chaud <:i l'air froid ; des procédés de ventilation des mines ; des lampes de sûreté qui préviennent les explosions ; du thermomètre, qui sert de régulateur dans un si grand nombre d'opérations. Une autre partie des mêmes sciences, qui a pour objet les phénomènes de la lumière, donne au vieillard et au myope des yeux artificiels; le microscope découvre au médecin la nature et les causes cachées des maladies, à l'expert les falsifications des aliments; les phares guident les pilotes et préviennent les naufrages. Les découvertes en électricité et en magnétisme ont eu pour résultat le salut d'innombrables vies humaines, d'incalculables richesses, en nous fournissant la boussole; elles ont été d'un grand secours à bien des arts, grâce à l'électrolypie; elles nous ont fourni le télégraphe, destiné à un si prodigieux rôle dans les transactions commerciales et dans les relations politiques. Il n'est pas jusqu'aux détails de la vie domestique qui ne relèvent de la physique : depuis le fourneau perfectionné de la cuisine jusqu'au stéréoscope 1 de la table du salon, pas un de ses progrès qui ne contribue à notre bien-être ou à notre amusement. Plus nombreuses encore sont les applications delà chi-
1. Instrument d'optique a l'aide duquel les images planes apparaissent en relief. 11 fut inventé en 1S38 par Weatstone.
mie. Le blanchisseur, le teinturier, le fabricant d'indiennes
réussissent plus ou moins, selon qu'ils sont plus ou moins versés dans la connaissance de La chimie el de ses lois. Pour fondre le cuivre, l'étain, le zinc le plomb, L'argent, le fer, il faut connaître la chimie; pour raffiner le sucre, produire le gaz d'éclairage, fabriquer le savon, préparer la poudre à canon, il Tant, avant huiles choses, connaître la chimie. De même encore pour la fabrication du verre ou de la porcelaine. De même pour l'art du distillateur : il est de toute importance de discerner, dans la distillation des matières premières, le point exact où la fermentation devient acide. S'il produit en grand, le brasseur aura tout avantagea attacher un chimiste à son établissement. Il est bien peu de manufactures ou l'on ne s'inspire plus ou moins des lois de la chimie. Que «lis- jr ? l'agriculture ellemême commence à lui demander *\*^ leçons et à la prendre pour guide. C'est elle qui analyse les engrais, révèle la nature du sol et enseigne à les adapter l'un à l'autre; c'est
elle qui enseigne l'emploi «le la chaux et d'autres substances propres à fixer l'ammoniaque, à utiliser Les coprohibes ' et à produire «les engrais artificiels : autant de bienfaits de la chimie, dont le fermier doit apprendre L'usage. Que d'opérations diverses relèvenl encore «le la chimie ! Fabrication «les allumettes, désinfection «les ««aux d'égout, préparation des plaques photographiques, pain sans levain, parfums extraits de détritus, la chimie s'occupe de tout, la chimie, directement ou indirectement, est liée à toutes ies industries.
Parmi les sciences concrètes, >«' présente d'abord l'astronomie. De cette science est né l'art de la navigation, grâce auquel prospère Le commerce extérieur, branche d'incessante activité humaine qui l'ait vivre une grande partie «h1 notre population, »it qui nous procure la plupart
l- Le !inns que l'on rencontre quelquefois en
ité considérable dans certains terrains sédimentaires, <v( que l'eu oonai aère comme provenant d'excréments fossiles de p i d'autres animaux.
En Fronce, on les appelle souvenl dea phosphates, el les ooprolithes àov en effel leur efficacité comme engrais au phosphate <!»' chaux qui en i
\te et litkos signifie p
des choses nécessaires à la vie et des objets qui composent notre luxe.
La géologie est encore une science de grande importance pour les progrès de l'industrie. N'est-il pas vrai que nos mines de fer sont une source précieuse de richesses, que la durée de nos approvisionnements de charbon est une question du plus haut intérêt? N'avons-nous pas créé une Ecole des mines et des inspecteurs géologues? il est donc bien superflu d'insister sur cette vérité démontrée que la connaissance de l'enveloppe terrestre est une des conditions de notre prospérité matérielle.
Que dire de la science de la vie ou biologie? Il est bien évident qu'elle est fondée sur la recherche des moyens indirects de conservation individuelle. Sans doute elle ne paraît pas intimement liée avec ce que nous appelons manufactures, mais elle est inséparablement unie avec la première des industries, celle des aliments. L'agriculture doit conformer ses méthodes à la nature des phénomènes du règne végétal et du règne animal, et, par conséquent, la science des phénomènes de la vie dans les deux règnes est la base même de l'agriculture. Il est vrai que certaines vérités biologiques avaient été établies d'une manière tout empirique par les cultivateurs, bien avant les vérifications méthodiques de la science. C'est ainsi qu'ils savaient que telle plante réclame tel engrais; que certaines récoltes rendent le sol impropre à certaines autres ; qu'une faible alimentation des chevaux entraîne un faible travail ; qu'une maladie des bestiaux, des moutons, s'explique par des circonstances qu'on peut déterminer. A ces vagues connaissances, joignez les expériences de chaque jour sur la manière de soigner les plantes et les animaux, et vous aurez le bilan des vérités biologiques généralement répandues, science bornée, mais des plus importantes à la prospérité de l'agriculture. S'il en est ainsi et s'il suffit de connaître quelques vérités vagues et rudimentaires pour en retirer tout de suite un grand profit, jugez de l'immense avantage qu'il y aurait à posséder des connaissances positives, précises, complètes. Dès maintenant on
peul se rendre compte des profits que la connaissance méthodique de la biologie assure à l'agriculteur. Ainsi, l'on sait que la production de la chaleur animale implique une perte de substance; on en conclul qu'en empêchant la déperdition de la chaleur, on rend inutile une augmentation de nourriture; et cette vérité, d'abord puremenl théorique, trouve son application dans L'engraissemeni du bétail, puisqu'il est prouvé qu'en maintenant un certain degré de chaleur dans les (Mailles, on économise du fourrage. Même résultat dans l'art de varier les aliments : les expériences des physiologistes démontrent que non seulemenl le changement d'aliment esl profitable, mais encore <|ne le mélange de ces aliments dans l'estomac facilite la digestion. C'est encore à la biologie que l'agriculture doit de connaître la cause et le remède de la maladie appelée vertigo, qui tuait annuellement des milliers de montons : elle a. pour cause la présence d'un entozoaii'e1 qui exerce une pression sur le cerveau, et, si l'on extirpe l'insecte par le point du crâne où le ramollissement indique qu'il est logé, la guérison est presque infaillible.
Il est encore une science qui exerce une influence directe sur la prospérité industrielle des nations, c"est la science delà société, la sociologie. Chaque jour, les lioinm iS consultent les cours de la Bourse, s'informent des prix courants, disentent les probabilités de la récolte du blé et du coton, les variations présumées des prix des sucres, des laines et des soies, pèsenl les chances de guerre on de paix, fondent enfin sur toutes ces données leurs opérations commerciales : chaque jour, par conséquent, tes hommes font de la sociologie, sociologie empirique et pleine d'erreurs, j'en conviens, sincère pourtant, puisqu'elle leur sert de guide et décide de leurs pertes ou de leurs gains dans toutes leurs opérations, (le n'est pas seulement le manufacturier et lenégocianl qui doivent régler