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VII. — Le Langage et l'Attention. — Au qua

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trième mois déjà, les gestes et les tons de voix qui nous avaient permis d'attirer lattention de Tenfant sur telle ou telle sensation à Texclusion des autres, peuvent produire le même résultat à l'égard d'un plus grand nombre d'objets. Dès cette époque, ce ne sont plus leç intonations seules de notre voix, mais la signification, grossièrement ébauchée par des associations de sons et d'idées, qui commence à nous donner prise sur l'intelligence de Tenfant. De mois en mois, de quinzaine en quinzaine, ces progrès prennent une extension considérable. Mais il faut remarquer à ce propos, qu'avec son faible pouvoir d'analyse et d'abstraction, le jeune enfant simplifie, dans sa compréhension, comme un peu plus tard dans son vocabulaire, le langage, si simple soit-il, que nous lui parlons.

Son attention est surtout saisie par les monosyllabes ou par les syllabes finales des mots dont nous voulons lui rendre le sens familier. Dans ses premiers essais d'imitation phonétique, toujours en vertu de la loi du moindre effort coopérant avec la loi du rythme, il répète de préférence, et souvent en la redoublant, la dernière syllabe d'un mot seul : peau-peau pour chapeau, da-da pour cheval, ou le dernier mot, très réduit, d'une phrase : to-to iifi pour on ra donner du gâteau à petite fille.

Ces faits doivent nous éclairer sur la méthode à suivre pour obtenir, grâce à des mots compris, l'attention du jeune apprenti de la parole. Jusqu'à la fin de la première année, et quelquefois un peu au-delà, peut-être convient-il de n'employer avec lui que des phrases de trois ou quatre mots au plus, en appuyant 3urle mot ou la syllabe les plus importants eu égard

à notre intention actuelle. Même après cette époque, pour mieux fixer son attention sur un objet ou un acte déterminé, le mot suggestif fera mieux son effet, s'il est redoublé, s'il est placé au commencement et à la fin de la phrase ; par exemple : « Regarde le chien, regarde » ; a écoute l'oiseau, écoute. » Plus tnrd, voulons-nous attirer Tattention do l'enfant, non plus dans un de ses modes les plus simples, mais dans une de ses qualités comparatives, notre langue étant plutôt analytique que synthétique, nous mettons le mot le plus important à la fin. Où les latins auraient dit : « vaisseau sur la mer aucun (1), » nous dirions, par exemple : sur la mer aucun vaisseau. » Ainsi nous dirons à Tentant : « Vois le chien courir » ; (( écoute Toiseau qui chante ; « regarde la neige blanche ; « regarde la pluie tomber » ; a regarde la fleur jaune; » « ne touche pas cette eau. elle bride ; » et ainsi de suite. Cette méthode de suggestion verbale s'accommode- à toutes les formes de propo^iitions, analytiques, synthétiques, elliptiques, explicatives, affirmatives, négatives, interrogatives. Les tout est d observer, au début comme plus tard, la mesure et 1 a-propos, d'éviter la profusion explicative, la monotonie des interrogations prétendues socratiques, les répétitions oiseuses, Tabus des mots scientifiques ou trop abstraits, le machinisme et la pédantisme.

Rapports de la iméthode avec l'attention. — Les procédés d'instruction ne sont pas indifférents. Une première règle d'instruction, applicable à

(1). Virgile : Navem in conspectu nuUan,

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