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LE TOUCHER

Le toucher

I. Par ce sens, qui fonctionne d'abord passivement, Tenfant reçoit, sur les différents points de sa surface cutanée, des impressions intenses, mais non distinguées et localisées, dont Tensemble concourt à former, avec les impressions visuelles, la notion fondamentale de Textériorité. Ces impressions se distinguent et se précisent peu à peu, quand l'enfant commence à diriger volontairement ses bras, ses pieds et ses mains, principal instrument du toucher actif. Pendant la première année, il acquiert ainsi tout seul, au hasard des expériences cent fois répétées, les premières notions rapportées à ce sens opérant seul ou avec la collaboration du sens musculaire. Les principales de ces notions concernent les qualités superficielles des corps, leurs degrés de solidité, leur poids, leur température.

Tout ce que nous pouvons faire, pour le progrès de ces idées, pendant la période qui va du quinzième ou du vingtième mois à trois ans, c'est d'exercer notre jeune élève, par la parole et par l'exemple, à arrêter son attention sur ces sensations mêlées à tant d'aiitres ou si vite remplacées par d'autres. Pas d'instruments spéciaux pour ces leçons de choses dont tout peut, à son moment, fournir l'occasion. Vous

âO l'éducation intellectuelle

prenez un jouet, un objet quelconque, placés devant les yeux de Tenfant, vous passez le doigt dessus lentement, à plusieurs reprises, et vous lui dites : « C'est lisse », ou « c'est rude ». Vous en prenez deux ou trois successivement, les serrant dans votre main, et vous dites : «C'est froid», «c'estchaud», ou «c'est pesant», (( c'est léger )?. Vous les pressez fortement dans votre main un à un, vous les heurtez les uns contre les autres, contre le bois de la table, le mur, etc., et vous dites : « Voici qui est dur »,.(( voici qui est mou. » L'enfant vous imite nécessairement, il rattache les mots que vous prononcez aux impressions qu'il éprouve, et c'est un double moyen pour lui de les percevoir nettement en elles-mêmes et de les distinguer les unes des autres.

II. Seconde période de l'éducation. Qualités SUPERFICIELLES DES CORPS. — Quaud il en est arrivé là, alors convient-il peut-être de le mettre, avec la plus grande discrétion possible, en présence de ces objets artificiels d'instruction qui lui offrent les types saillants de qualités abstraites dont le toucher est le principal interprète.

S'agit-il de préciser la perception des qualités superficielles des corps, le lisse et le rugueux sont vus et palpés dans de petits solides en bois affectant les formes géométriques de carrés minces et aplatis, de carrés massifs on cubes, de prismes quadrangulaires, de petits cylindres, de petites sphères. Le temps n'est pas encore venu de les lui désigner comme tels ; l'essentiel, pour le moment, est qu'il apprenne à dire des uns et des autres, d'abord à simple vue, et plus tard les yeux lerraés, qu'ils sont lisses ou rugueux.

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Un enfant de cinq ans doit en être capable. Entre la cinquième et la huitième année, chaque série de ces objets peut utilement s'enrichir d'un troisième échantillon offrant dans un degré moyen les deux qualités ' extrêmes ; la comparaison étant dès lors familière à Tenfant, les mots plus et moins jouent leur rôle dans ces nouvelles constatations. Beaucoup d'enfants sont même très capables d'y ajouter les désignations géométriques dont il a été parlé plus haut : ce cube est très lisse, celui-ci est moins lisse ; ce cube est plus rugueux que celui-là, ce cube est très rugueux, etc. Est-il nécessaire d'ajouter que ces leçons sur des objets relativementabstraitstrouventà chaque instant leurs applications dans toutes sortes d'objets concrets ? Un enfant de six à sept ans ne sera même pas embarrassé pour faire la part du raisonnement dans ce genre d'exercices, et pour dire, par* exemple, pourquoi tel corps est plus poli ou rugueux, c'est-è-/ dire quel est le moyen de le rendre tel.

111. Degrés de soLmiTÊ. — Je ne crois pas qu'il soit jamais besoin d'instruments spéciaux pour apprendre qu'un corps est ferme, moUy liquide ; mais il n'est pas inutile d'avoir appris, de la cinquième à la septième année, et de pouvoir dire, en leur absence, que tels objets ou tels corps bien connus méritent ces qualifications : que la pierre, le bois, les métaux (non fondus) sont durs ; qu'il faut ranger parmi les corps mous, le beurre, la mie de pain, le savon, le miel, la graisse, les étoffes ; et parmiles corps liquides, le lait, Veau, le vin, le bouillon, le vinaigre, Veau de Cologne, les métaux en fusion, etc, Ge progrès accompli, c'est un jeu pour l'enfant que

'.; .li.iO-ïfr^ rt^p^r.its eV.<^ : ..i^i^aHuoeou l'autre 'I* c^-3 '{TiaV.tés physiques.

IV. DfïBÉs :.£ Tiai?t:sAT'-?,£. — De petites fioles h-i depetit'>â boi;!^5 en m'ï'.ai r;r--ix.remp:ie5de lîquid*TS wrrverit de m-'-me à prét.-îs.-p, erilre la cinquième et \h septième année, ce? nijlions dabord spontanément Utrmf-t-~. On commence-ijarbini' par faire l'ex- [>éri<'fieeav*rfr deusde^rré^ irè* éloignés de température, r^i ni de l'eau pre^'^ ne bouillante et celui de la glace: enlre-temps les occasions ne maonuent \ta.s d'assimiler, s/jus ce rapport, une foule d'objets familiers, d'uo côlé.â lii fiole et à la boule très chaudes.et.de l'autre, â la llole et à la t>oule très froides. Pliis tard, on peut étendre l'expérience à une fiole et à une boule d'un d'un degré intermédiaire, et donner à comparer, les instruments d'expérience en main, le />/usetIemoins, le baiiucoup, le peu, le patt du tout de chaleur, et le

' beaucoup, le p<:u, le pa.>: du tout de froid. Si l'on voit un enfant de six ou sept ans. ce qui est assez rare, pouvriirdistinguer les quatre températures, représentée» par les mots très chaud, chaud, tiède, froid, d'abord avec les instruments d'expérience, et ensuite avec des choses familières, c'est déjà là un très notable progrès.

V. DKOittis DE PESANTEUR. — Les mots lourd, pi!n:ml, liger, non pesant, accompagnés ou non d'adverbes de quantité, sont journellement répétés devant un (infant de denx à trois ans, sans qu'il y prête beaiu!()up d'attention. Il a cependant l'idée vaguement abstraite de poids, qu'il applique à tous objets dilliciles à soutenir ou à porter. Cette notion

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