‹ L'éducation joyeuse en vacances - en familleChapitre 3 sur 10 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

gagnait en cohésion apparente, en beauté de façade, elle le perdait, je crois, en force vraie, en douceur, en confiance et en agrément. Les pères de ce temps-là, lointain et glacé, demeuraient toujours les tuteurs et les maîtres sévères de leurs fils, ils étaient trop rarement leurs amis. Ils refoulaient leur affection par un air distant et ils ne savaient pas, ils ne daignaient pas se prêter à leurs confidences; ils vivaient trop loin, trop au-dessus ou en dehors d'eux pour les bien connaître, puisqu'ils les empêchaient d'approcher. Ils se comprenaient donc mal et quelquefois ils ne se comprenaient pas du tout. Ils y perdaient, à mon avis, les uns et les autres : les uns, en ne cherchant pas, en ne trouvant pas l'emploi le plus naturel et le plus doux de leur tendresse paternelle, toujours réprimée; les autres, les fils, en n'osant pas, en ne pouvant pas aimer leurs pères à plein cœur et faire d'eux, comme ils l'auraient souhaité, les premiers amis, les premiers confidents, les premiers guides de leurs jeunes années.

Les fils d'aujourd'hui sont d'aussi bons fils, j'en suis convaincu, que ceux d'autrefois, mais le régime intérieur, la discipline et l'atmosphère de la famille moderne ont beaucoup changé. Le fer des anciens jougs a été rouillé

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