‹ L'éducationChapitre 12 sur 47 · NOUS · texte numérisé non relu

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D'antn'-î , ilonnanl dans iiti o\ct^ contraire , livrent exrl'.isivemenl leurs lilles à l'étude des sciences et des arts , et les l'IèNenl dans un entier éloiirnenient de tous les soins qui apparliennenl à li'ur^exe : cause fré{}nonle de discorde el d'infortune.

l'récieuse expérience, opinion dos hommes saîjes, soyez nos guides 1 Aide/.-nous à tracer le plan de celle éducation convenable aux filles, nées dans la classe moyenne, la plus lieurouse de toutes , quand elle sait apprécier son bonheur ! Avant de commencer , nous ne pouvons nous empêcher de manifester encore l'admiration dont nous sommes frappés, quand nous considérons que celle éducation , de la(]uelle l'élal s'est peu occupé jns(|u'ici , marc!»;^ de pair avec celle des hommes, pour laquelle , il a . toujours, montré tant de sollicitude , et fait de si grands sacrifices. Le zélé religieux el l'induslrie particulière ont établi partout des maisons d'inslruclion pour les filles de toutes les classes , en nombre à peu prés égal à celles des garçons ; et l'on peut dire à la louange de l'époque actuelle , et des progrés de la civilisation , (jue l'enseignement exercé par les femmes, n'est point inférieur, dans tous les genres, selon les difTérens degrés de force dont il est susceptible . à l'enscigncniciit «pii est exercé par les hoiniues.

La base de l'éducation est la religion : la morale n'a poini de plus solide appui. Or, les boruies nueurs sont le trésor d'une lille bien élevée; et les feuunes semblent être spécialement chargées de \ ciller .'i la conser\ali()ii de ce leu sacré qui redéle siu' elles un éclat divin. Si elles le laissent s'éteindre , en cbercbant d allumer une flamme nioiiis pure, ell«»s s'altiren! loiiles sortes de rn;in\. Tant que le régne des mmus w niainlient , elles sont aimées, respectées; dés (|u'il cesse, elles sont méprisées, délaissées, l/liistoire atteste partout «cite Nérilé : dan» tous les lenq)s, la même caus4' a produit le même elT(;l.

I.:i femme lient de la religion toute sa dignité. Où ne régnent point les nuiMirs chrétiennes . les fennnes sont dans

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un état d'oppression et d'abjection qui fait horreur et pitié. Renfermées, voilées, esclaves dans tout iOrient, elles ne sont assujetties, chez les peuples chrétiens, qu'au joug; si doux de la religion , et n'ont besoin d'autre voile que de cette pieuse modestie qui ajoute tant à leurs charmes. Elles ne sont donc estimées et estimables que par les mœurs religieuses.

Puisque la religion est la sauve-garde des mœurs , une fille doit en être soigneusement instruite , et son âme vivement pénétrée. Mais il faut écarter d'elle une curiosité dangereuse, et ne point l'engager dans des matières dont l'examen regarde le ministre dos autels.

La lecture étant la clef de toute instruction , il est essentiel qu'une fille y soit exercée . dés que son intelligence le permet. Nous n'insisterions point sur cette partie , s'il n'était assez rare de rencontrer des personnes sachant bien lire. Il est essentiel , ensuite , de la bien diriger dans !e choix de ses lectures.

On attache, maintenant, beaucoup de prix à une écriture propre, élégante. Les doitgs délicats et flexibles des filles . les rendant très-aptes à cet exercice , on fera donc bien de les y encourager, et d'exiger d'elles que tous leurs devoirs soient bien écrits. La mise au net d' quelques-unes de ces compositions, est une habitude précieuse, qui répare, à mesure , le tort que cause aux élèves une trop grande précipitation. Cependant, cette vivacité a aussi son avantage; il faut la calmer, sans l'attiédir. Une propreté trop minutieuse , dans les brouillons , produirait une lenteur qui éteindrait le feu de l'imagination. En écrivant lentement, on s'accoutume à penser de même. Une promptitude modérée n'exclut point l'ordre et la propreté.

L'arithmétique va de pair avec l'écriture ; les quatre régies , bien ap|)rises , suffisent ordinairement aux jeunes personnes .

A une écriture propre et gracieuse, il faut joindre un stylo correct , une orthognplie régulière. Cotte dornière

\:\2 NOTKS

partir était, autrefois, très-iu'glii,'ée, clans lï'ducalion des filles. H est vrai que l'élude du lalin ne leur offre pas , roniine aux jeunes frens, l'étymoloîîie pour iruide. On v supplée par différens moyens, qui, quoique moins directement et moins vile, les font arriver presqu'au même but. L'analyse grammaticale perfectioruu'e , a mis , dans cet enseignement , beaucoup plus de clarté et de facilité. On les exerce davantage à de petites compositions littéraires. La dictée des homonymes, fesant passer en revue, sons leurs yeux, tous les mots semblables qui \arienl de signification , et tous ceux qui, se ressemblant par le son , différent par les signes, celte dictée , accompagnée des explications nécessaires , est singulièrement propre à leur faire acquérir l'habitude d'une orthograplie régulier»», ({tii est, aujourd'hui, même pour les femmes, le cachet d'une l)onne éducation.

L'étude des langues \ivantes. rpii , dans les grandes villes, fait, quelquefois, partie de l'instruction des filles, est Irés-propre à les perfectionner dans leur langue naturelle, parce (jiie l'cxenice de la traduction des auteurs les obliire à peser la valeur réciprocpiedes termes, à rechercher toutes les ressources de leur langue, pour tr()U\er les \éritnbles éjjiiivalens; et ces é(jiiali(>iis coiitinuelh's servent, »>n même temps, dune inanic-re admirable, à former leur jugement.

De loulcs U's langues unidi rn(>s , l'italienne est celle que les femmes se plaisent davantage À «-ultiver : c'est à juste titre, puiscju'elle est la seule étrangère chaulée en France, et (|ue la n:usi(|t]e italienne \ étant maintenant fort répandue, il est naturel i|u'elles \euillenl cjunprendre ie((u'elles chantent ; elles doivent , d'ailleurs , donner la préférence A un idiome qui. par son doux accent, a le plus d'analogie avec elles-mêmes. Kntin , lorsque le commerce , rendu florissant , a rou\erl toutes l(>s communications , il |)eul devenir utile :\ une fenuue labnrieusi* , aidant son mari dans li> travail du cabinet . de savoir, soit l'italien . soit l'anglais, afin de pouvoir tenir la < oirespondan( c étrangère.

La mythologie , l'histoire , la géographie , doivent accompagrior l'étude des langues. A chaque instant, ces sciences se prêtent un mutuel secours ; mais , trop souvent , ce que les jeunes personnes en apprennent , n'est qu'une insignifiante nomenclature.

Les fables de la mythologie leur seront donc présentées comme d'ingénieuses allégories, avec des explications donnéss , non pour certaines , mais comme vraisemblables. Sous cette écorce , on leur fera apercevoir d'utiles et éternelles vérités , telles que l'unité d'un Dieu , dans le Destin , supérieur à toutes les divinités ; les combats de la sagesse , tians l'armure de Minerve ; l'affinité des sciences et des arts, dans les Neuf Muses ; l'impiété punie , dans les Géans ; enfin , toujours la moralité sera placée à côté de la fiction. On mettra même à profit jusqu'aux erreurs de la mythologie , pour leur faire sentir combien était insensé ce culte , do!]t les divinités donnaient l'exemple des plus honteux déréglemens.

L'histoire doit offrir d'autres leçons, non moins utiles , appuyées par l'expérience d'une longue suite de siècles , et être enseignée comme servant de preuve à la morale ; elle attestera que les malheurs des familles comme des peuples, sont le produit certain de l'ignorance et des vices; leur prospérité , l'effet naturel des lumières et des vertus.

La géographie, que l'on a surnommée l'œil de l'histoire, ne doit pas se borner à des mots stériles , dont le nombre infini surchargerait la mémoire, sans aucun fruit. Elle intéressera les jeunes personnes , en leur offrant les tableaux variés de toutes les sociétés qui couvrent le globe , des productions particulières à leur sol , de l'influence que l'é- «liange de ces productions exerce sur la civilisation des peuples , de l'admirable égalité avec laquelle tous les îiommes peuvent trouver , sous des climats si différens , <e qui suflit à leur bonheur, tellement que l'habitant des pays glacés ne changerait pas un séjour si triste, à nos yeux , pour les fertiles et riantes contrées des climats tempérés.

13i NOTKS

\/.i fr«î«jj;rapLie appelle nécessuireuieat quelques nolious aslrouoiniques , qui , présentées claireuieul el simplement , ont «iii î^riHul allrail. I.cs jciines élë\i*ï; sont cliaruxi'es de connaître la cause de tant de phénomènes qui se répètent si souvent à leurs yeux , tels que la succession des jours el des nuits ; leur accroissement et leur décroissemenl progressifs ; la variété des saisons ; les phases de la lune , dont le lever relarde chaque jour, et dont le croissant , d'ahord tourné vers l'orient, s'ouvre ensuite du côté de l'occident; les éclipses de lune et de soleil ; l'admirable harmonie de ce monde inlini de sphères célestes , dont toutes les révolutions s'exécutent dans des orbites immenses , sans la moindre confusion ; enfin les météores les plus curieux , dont l'explication doit renfermer des notions élémentaires de physique , souvent fort utiles : tous ces objets forment im spectacle ravissant, infiniment propre à «'\.ciler, dans re> âmes tendres, de profonds s»Mitimens d'admiration et de reconnaissance envers l'auteur de ce bel univers.

La piomenadeest une occasion tonte naturelle de leur aj>prendre un peu de Ijotanituu' ; elles y IrouNcront du plaisir, et, |)ar suite , en retireront de l'utilité. La connaissance de la nropriélé des |)lantes usuelles, les mettra à portée des»; rendi»'; utiles ;i elles-mêmes et aux autres. La b(»tanique peut le> conduire H entendre quelque chos4' à l'agriculture , et à savoir ulilis4T un terrain par des plantalions convenables; leur s.inté gagnera beaucoup A ce genre d'occu|)ation. Klh's acquerront , en même temps, sur l'adniinislration des biens ruraux , des connaiss;jnces précifuses. (l'est ainsi (|ue toute-, les parties d'un bon systênu* d'instrinlion ont entr'elles luie liaison intinie.

Il est temps, maintenant . de p;if 1er des .uts , dont la culture peut rép;m<lre tant de charmes sur leur existence el sur celle des prisonnes qui les entonrenl. Les arts développ«'nt ImiiI m- (|iir |t> Oéateur leur .1 départi d'inlellipenre , d adress»- el de S4>ni>>ibililé. Kn les \ li\ranl de bonne het.re , on aMure leurs suct »•> ; mais il faut soiL'neiisemenl

consulter leur aptitude : la répugnance qu'on trouve en elles , vient ordinairement de la résistance secrète qu'elles sentent dans leur organisation; toujours la réussite détermine leur goût. Ainsi , le choix des méthodes et des maîtres est de la plus grande importance. Les bons maîtres se reconnaissent à la clarté de la démonstration, au zèle, à la patience , au succès. Il est juste de dire qu'ils ne peuvent rien, s'ils ne sont secondés par les parons, parles mères, ou celles qui les représentent , dont l'inlluence est toute puissante sur l'éducation des filles. Le plus grand nombre des jeunes personnes a reçu de la nature les moyens nécessaires pour cultiver, non tous les arts , mais un , au moins, avec quelque succès. Rien de plus dangereux que l'ambition d'exceller en tous.

Celles qui doivent passer, à la campagne , la plus grande partie de leur vie , s'adonneront de préférence au dessin, et même à la peinture. Aucun plaisir ne surpasse celui qu'elles trouveront à rendre , avec le crayon ou le pinceau, une fleur, un beau site , un bel arbre , une fontaine, une chaumière, des animaux. Cet art fait chérir la solitude; il entretient l'àme dans un état calme, et lui donne un bonheur sans mélange. Il l'emporte en cela sur les autres arts , dont les jouissances plus vives, no sont pas sans quelque amertume. Il est encore d'un grand secours pour la broderie, et donne des idées sur beaucoup de choses , dont on aime à s'occuper dans la vie domestique.

La musique convient davantage à celles qui doivent habiter les villes ; elle provoque et anime les réunions. Ce n'est pas qu'on ne puisse s'en servir aussi comme d'un remède puissant contre l'ennui de l'isolement ; beaucoup même ne l'apprennent que pour en retirer cet avantage. Nous signalerons ici un abus qui s'est introduit dans la culture des arts, c'est de viser aux grandes diilicultés. La musique instrumentale est particulièrement hérissée de ces épines , qui en détruisent tout le charme , la rendent inintelligible , pénible même à entendre ; si , au contraire, 1<.

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Si) le en esl simple et gracieux, elle flatte lesoreillcslesinuiiis sensibles. One de santés sont piofi)iuli'inent altérées par l'abus de celte étude musicale ! l iic inére ([ui , cependant , Y attache du prix pour sa fille dont elle fait l'éducation , nie disait, un jour, que Ir hileul du piano était devenu rffravant ; quelle empl()\ail pour sa lille , dunl elle avait à ménager la santé , renseignement par distraction , au lieu de l'enseigncMuent par appliralion , ol (juVIle réussissait. I.c grand art est donc de >a\(>ir a|)proprier la méthode d'enseignement à l'individu.

La voix sert de modèle à tous les instrumcns ; dès qu'ils cessent de chanter, ils ce.s.senl de plaire. La succession rapide et complicjuée de leurs s«ins !ie forme plus qu'un bruit confus , qui , pour les connaisseurs même , change le dou\ plaisir d'être ému , en celte attention fatigante , que Ion prête, quelquefois, i\ des exercices liasardetix et pénibles. \^.s artistes qui affrontent tant de (Lmgers, devraient, au moins, pour l'intérêt de leur répulation, s';ibstenir de ni(jrc(Mu\ de tr(»(i longue haleine, puisqu'avani renoncé à loucher et à plaire , ils semblent tendre uniquement à con- «piérir 1 jnlmir.ilion , sentinienl de courte durée, auquel -«Mccéde, bientôt . la la.ssilude et la froideur.

En \ain ram(»nr-propre chercherait .i déguiser, à coniballre «es vérités; une considération, plus puis&inte encure que ce que nous venorjs d'exposer, nous fera courageusement .inirmer e»» dont une longue expérienc»' nous .1 plainement convaincu, (le délire de la musique instrumen l;ile porte la plus funeste atteint»' au genre nerveuv , lui'Uje chez les honuues . I.i plupart des fjimeux artistes qui travaillent opiniiitrément les grandes diniciillés , sont sujets à des crisp.itions nerveuM's (|ui débilitent leur s.uilé . ailectenl même le «ervtMu. (Jue I on juge, maintenant , des P'rnicieux rflii-. <|i icls «xtreices sur une Jeune personne, dont 1.1 ilêli< .ites.se el 1. ');;<< demanderaient, 'iouvei\l, les plu»» crandt mena^emens '

L'exercice niodén- de l.i musique ^o»■lll• mérite t| ftr«»

recommandé ; il renouvelle l'air des poumons , et fortifie la poitrine. La musique est l'art qui plait le pîus généralement aux jeunes personnes ; il serait donc inhumain de leur en faire un tourment. Beaucoup de gens n'ont qu'une faiWe idée du travail et du temps qu'il exige; c'est encore un motif pour en restreindre l'étude dans de justes bornes , de peur qu'elle ne nuise aux exercices nécessaires.

La danse est utile à leur santé ; mais les danses imprudentes peuvent leur être très-nuisibles; on n'eu voit que trop souvent de terribles exemples. C'est ainsi que la folie convertit un amusement innocent et salutaire en une passion homicide.

Nous leur recommandons, surtout, de se rendre habiles dans tous les ouvrages de l'aiguille ; ils font une partie essentielle de leur éducation ; et , quand l'âge ne permet plus de cultiver les arts , ils deviennent , avec la lecture , une ressource précieuse pour bien employer le temps. 11 est donc nécessaire que , dés la première jeunesse , elles en contractent l'iiabitude. Dans toute famille bien gouvernée , on doit y consacrer régulièrement plusieurs heures par jour.

Ici se présente la grande question de savoir si l'éducation particulière est préférable , pour les filles , à l'éducation conuiiune ; question fort importante, qui nous entraînerait dans de trop longs développemens. Il y a , pour et contre , de très-fortes raisons , dont le résultat est , selon nous , qu'une fille , née avec les heureuses qualités de l'intelligence et de la douceur, peut être élevée et instruite chez ses parens, quand leur genre de vie s'accorde avec la surveillance et la régularité indispensables dans ceux qui remplissent les fonctions délicates de l'éducation. Comme toutes ces conditions se trouvent rarement réunies , nous pensons que , pour le plus grand nombre , la maison pa- Icrnelle convient moins qu'une pension bien choisie, où les alimens de l'âme et du corps soient également sains. Là , puissamni nt excitées par l'émulalioii et l'cvcnjple ,

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