C-e cri pour un ouvrage , à paraître Irop leiii
21 s l'édi'CATIon.
Guérin ne trouvait pas sa Plièdre encor parfaite (25) : Du salon , cependant , venait le dernier jour. « \e doit-elle , jamais , sortir de ta retraite ? n Criaient ses conipap^nons ; c'est aujourd'hui son tour. » Ce chef-d'œuvre, aussitôt, comme en tiiouiphe arrive : Il apparaît aux yeux des spectateurs surpris. I.a foule s'est pressée , et l'admire attentive ; l 11 nuumure flatteur lui décerne le prix. On croit ouïr ces mots de ta houche , lïyppolile : « Le jour n'est pas plus pur ijur /r fond de mon cœur. » Thésée appuie un bras sur sa fenune interdite ; La nourrice , derrière , est pâle de terreur. La loule , chaque jour , {grossissant davantaire , i'.i'Wo solennité s'acciut d'un mois eiuicr. Ou ne se lassait point de reudi'c un juste hounua^^e Au lahhau que l'école (niia d'un beau laurier.
Scxiiis on If proMiii . sajsissaiil , siu' s:i couche , La main d.' *>nii ('iKtiiS)^ , hélas! nunle sans lui ; (!«' souduc dé'srspdir , (M co ivjjjard farouclie , Inc lille pleurant sa mèr<» , son ap|»ui : relie scène lu}.ïuhie é'nuil toutes les âmes. r.Kiemueslre h(''sit:iiU , le poij^'uard à la main . Ll (jue pdusM^ l'ameur de ses mupahles llanunes , Du Ihmos endonni prèle ;i peitcr le sein . I) linrniii i\ lie |iiiit'> i^|a<e mes sens encore. hi<|Mii . ilii lii'l Lnee «•r»»ul;inl les mallieuis . I iinoui' i|in , sons Asca^ne . en elle lail eclore
Des feux , dont sa sœur Anne augui'e les douleurs ; Dans ces tableaux , le peintre est rival de Virgile : L'antiquité renaît sous son divin pinceau. Ton nom , Pierre Guérin , est célèbre entre mille : D'une gloire immortelle il a reçu le sceau.
Mais la toile périt ; et du pinceau d'Apelle ,
Nulle trace ne reste à la postérité ,
Un art , encor nouveau , la gravure fidèle ,
Seule peut consacrer à l'immortalité
De tous les autres arts les célèbres ouvrages.
Finement ciselés , les pierres , les métaux ,
Propageront , sans fin , les vivantes images
Des œuvres du génie , en ses divers travaux.
Un temple si superbe à ceux de la province
A servi de modèle , et leur fait des présens.
Ce foyer lumineux , par la faveur du prince ,
Etend à nos cités ses rayons bienfaisans.
La peinture y fleurit ; chacune à son musée ,
Que , souvent , d'un grand maître orne (juelque trésor.
On y voit la jeunesse , à cet art exercée ,
V puiser un talent plus précieux que l'or.
Que je voudrais , aussi , pouvoir de l'harmonie (2tî) Exposer , en beaux vers , les éternelles lois ; Dire comment , sans être à la [)arole unie , Elle pnrle à nos cœurs , enflamme les plus Iroitls î
220 LF.IM rxTlUN.
Oui , tous les instruniens ont des voix expressives , Oii'aiiiiinMil ou le souffle, ou rarchot, ou la main : Mais le scnlinieiU , seul , peut les renche naïves : Hien ne montre , dans l'honime , autant l'être divin.
Que d'instrumens divers ravissent nos oreilles ! Quel étonnant génie a pu les inventer?
Sinijjles ou compliqués , il sont tous des merveilles. Eh ! (jui croirait aux sons (ju'il savent enfanter?
Celle masse d'airain , dans la tour suspendue ,
De sa bouche , 6 prodige ! une tonnante voix ,
S'élance en mugissant , ébranle au loin la nue .
Heh'ntit , à l'entour , dans cent lieux à la lois.
Ouel sou majestueux! (piel chteur il nuihiplie ,
D'enfans aériens , ce son propagateur (27) !
IMms j'(''( (luie , allenlif, plus j'admire , iiiliuie ,
Celle vari<''l<'' d'un concerl enchanteur.
Mon oiciljc (",1 vaincue , d ne pi'ul v sulliiv.
Ainsi, mon o>il s'avoue impuissant à saisir
Ces milliei's de rayons cpiun seul ravou lail Inirc.
A celle voix soncn'c , ô ( élesle plaisir!
Ses so^us viennent mêler leuis sepl voix con» «udanlcs,
i)\\r I ll.llciiic (les M'hls |>l(>in('Mr (I.MI^ Ics ail"S.
I. «'peuple enleiid. |n\rii\, |eiM'>- elanieups iri< tuiplianles (28) Célébrer les i^iwirnl» ui^ <lii Dieu de l'uniNers. Umn/e . l'on le )m nii , r| i.i \ni\ e» Misai ic'c . Appelle le Cliiclieii . I .iN.'i li( d<' sdu sort ;
Elle règle sa vie , eu compte la durée ,
Chaule pour sa uaissance , et gémit sur sa mort.
Le bois , les durs métaux , n'ont-ils donc pas une Ame Qu'un souffle créateur leur a fait concevoir? Ou la haine ou l'amour , à leur gré , nous enllanune , Tour à tour agités ou de crainte ou d'espoir. J'aime ces airs naïfs des instrumens champêtres , Qu'aux échos des vallons apportent les zéphyrs. Des bergers étendus sous l'ombrage des hêtres , Auprès de leurs troupeaux , ils charment les loisii's. Ces cuivres éclatans , quelle adresse infinie , Dans leurs formes , leurs tons , a su les varier ! De leurs bruyans accords la masse réunie Enivre de plaisir un peuple tout entier.
De nos temples sacrés ornement magnifique (20) , Est un vaste instrument , trésor de tous les sons , Vrai chef-d'œuvre de l'art , savante mécanique , Qui de toutes les voix nous rend les unissons. Quel transport eût saisi ce grand peuple d'Athènes , En voyant , en un seul , tant d'instrumens divers , Eût ravi tous les cœurs , suspendu les haleines , S'il eût , au Parthénon , entendu ses concerts ! Ecoutez , écoutez : dans la voûte sonore , La flûte et le haut-bois mêlent leurs doux accens ; Au souverain des cieux qu'un peuple immense adore, Le clairon , la irom])etfe , élèvent notre encens.
222 LÉDl CATION.
J'entends, dans le loinuiin, le lonnerre qui gronde : Jl appiodie , la foudre éclale avec fracas. PK'in de terreur , je crois que le maître du monde Trapfje , dans le lieu siiinl , les mortels du trépas. Il redouble sur eux les traits de sa colère : Ouelcoup affreux!., va-t-on rentrer dans le chaos? Mais déjà , par degrés , s'éloigne le tonnerre , Et son bruit va se perdre , au loin, dans les échos.
ri(''ant de l'harmonie ! on connaît ta puissance :
Qu'au service divin tu joins de majesté !
D'où vient donc, aujcnndhui, l'injuste indifférence
Où languit ton génie, autrefois si vanté ?
Puissent donc refleurir ces artistes utiles ,
Oui f( >nt briller , au temple , un si noble instrument !
On'il mérite ce nom, et sousdes mains habiles (30),
\j' c ulte en recevra son plus 1x^1 ornement.
Le souffle conqirimé peut , ainsi , faire éclore ,
De cent tul)es divers , des accens gracieux :
Mais la coidc ajustée à la table sonore ,
Doime un oi dre nouveau de sons mystérieux.
Je l'agite; éc(»utf»ns: étoimante merveille!
r.ir l.i ii.ilure iiiriiie , ici. 1:11 1 es| iiishiiil ['.W).
( n '>un générateur rt-vele ii iikhi oreille
lous |( s ii.iis primitilN dont le clianl esl ennslruil.
I) un doi;.!l NÏI t| lurvenx ;«i li^W-nniil pre».s«''e .12 ,
Une touche docile aux sentimens du cœur (33) ,
Seconde le génie , exprime sa pensée ,
Avec des sons remplis de force et de douceur.
Riche et brillant trésor de savante harmonie ,
Nous sommes enlevés par tes rapides traits.
Tu composes , toi seul , toute une symphonie (34),
Et de l'intelligence attestes les progrès.
Voyez , entre les bras de cette habile fée ,
La harpe nous ravir par des sons enchanteurs (35) !
O charme irrésistible ! oui , le savant Or[)hée
Ressentirait , ici , de nouvelles ardeurs.
Quelle est , contre le sein , appuyée avec grâce !
C'est du sein inspiré que sortent ses accords.
Comme ils sont expressifs! Un cœur, même de glace.
Sentirait naître en lui d'agréables transports.
Sous un archet léger , quelle voix claire et pure (36) Module , avec vigueur , des chants délicieux , Et semble avoir reçu , seule , de la nature , Des autres inslrumens tous les dons précieux ? Sur eux , dans les concerts , elle exercée l'empire , Du tableau musical trace tous les dessins ; Elle aurait , autrefois , mieux encor que la lyre , Des hommes des forêts rassemblé les essaims.
Et ce grave instrument , à voix mâle et sonore , L'appui de tous , jadis obscur , et sans couleur ;
22 i î.'ÉDrr\TiON.
(Juaiul il clKiiih' , on dirait tôt époux do l'auroiv , (jui , rajeuni , reprend sa fovco , sa fraîelieur.
Tu mérites le prix . merveille des merveilles (37) : Oui , je me crois aux cieux lors(|ue j'entends ta voix ! (Jui peut le disjmter, pour charmer les oreilles, A les verres lournans sous de sensibles doii^is? Qiïels airs tendres, plaintifs ! l'àme n'y peut sutïirc; Sa force l'abandonne , et cède à ton pouvoir. Tu portes dans nos sens un charme , un doux déliie ; Mais ta fi-a^ililé fait notre déses|Miir.
Sors de la Iniuche humaine , ù voix mélodieuse!
W'u'u ne peut égaler tes llexihles accens (38) ,
!)«' mille passions peintui'e chaleureuse :
Ouc nos coiu-erls, sans toi, deviennent lauj^uissans (39) !
Aux iustruineus divers (juand elle se marie ,
Si de touchans tableaux s'offrent de toutes parts :
Si la scène est manpK'C an «oiu du vrai j^c'nir .