‹ L'éducationChapitre 22 sur 47 · I. 'élude \ (;iil (m»||\(| 1,1 |i.ii\ ri |r liunlieill · texte numérisé non relu

I. 'élude \ (;iil (m»||\(| 1,1 |i.ii\ ri |r liunlieill

D'antiques manuscrits , heureux dépositaire , Comme il veille à leur garde ! il en connaît le prix : Instruit de leur langage , il l'explique , l'éclairé ; Et d'auditeurs zélés captive les esprits.

Des anciens écrivains érudit interprète ,

Pour lui leurs monumens ne restent point muets.

Sur eux , avec amour , son œil souvent s'arrête ,

Et du Parnasse croit contempler les sommets.

Sa piété sincère , égale à sa science ,

S'attendrit à l'aspect des orateurs chrétiens ,

Qui , par les dons puissans d'une austère éloquence ,

Surent dompter l'erreur , convertir ses soutiens.

On ne le voit jamais , mielleux comme les traîtres ,

Bassement caresser l'orgueil des faux savans ;

Ni railleur indécent de la foi des ancêtres ,

L'accuser de la nuit où languirent leurs ans.

Il loue , avec amour , ces pieux solitaires ,

Qui surent raviver par d'assidus travaux ,

Au sein de celte nuit , les antiques lumières ,

Ces soleils précurseurs de nos jours les plus beaux !

Quels tableaux attachans il fait des saints asiles , Où florissaient , jadis , tant d'ordres différens ; Des arts qui renaissaient pépinières fertiles , Sources d'où le savoir coulait dans tous les rangs ! Là , des hommes nourris de solides études . Des poiipirs , par (l(';.>rés, adoMciicnl les inteurs.

•'î'jO LhiDl catios.

La jeunesse , long-temps , vint dans ces solitudes , Des lettres pour appiendre à cultiver les tleurs. On vit les meilleurs fruits y croître en abondance , Par vos soins assidus , savans industrieux. Ce temple en composa sa première opulence : Ils sont , même aujourd'hui , ses titres glorieux.

Quoi ! de l'esprit humain le fonds inépuisable Depuis , n'a-t-il donc pas iwrté d'aussi beaux fruits ? Sans doute ; mais des temps , o malheur déplorable , Oue de fruits vénéneux ensend)le il a produits ! De l'air où nous vivons , ce lieu , fidèle image , Contient aussi , mêlés , des élémens mortels. Le monde nous présente un pareil assemblage : I)t> Niées , des vertus les combats éternels. Ces c<nitras(es , parlout , luttant dans la nature. Doivent donc avertir notre sagacité.

Des livns dangereiix |)roscrivons la pâture ; De sucs i|ui font mourir c'est un mets infecté. Au nom du saint ies|>e(t (pi'on doit à la jeuness(* . On'un lieu si plein d'atrails pour son /.èlc brûlant . A s.'i «liasle pudeur n'offre ri(Mi ipii l:i blesse . Mais les seuls écrivains , pères du vrai talent !

I.'iM'^lriii Imii |.iiiL;itil nii iii:iiii|ii<- l.'i leelnie. Kn vain ••^l-ii ik.ih 1 1 de i^ier el de l.'iiiii .

L «'lève xnil . eiieni . ( rll.- .illlie IKilMlilUre: \l<»|s. de srs |i;i\;iii\ . je siieees es| eeii.lill.

Des auteurs de nos jours les illustres modèles , Dans le sein du Gymnase ont été réunis. Confiés à des mains soigneuses et fidèles , Tous les maîtres en voient leurs nourrissons munis. Chacun doit en extraire une exacte analyse : De penser et d'écrire ainsi l'art naît en eux. Le sol le plus ingrat , cet art le fertilise ; La lecture enrichit les esprits studieux (10). Jeunes gens élevés sous ces heureux auspices , Marchez à la lueur de nos divins flambeaux ; Et vos pas affermis loin du sentier des vices , Vous conduiront au ciel , après des jours si beaux. Le sage vous l'a dit : Qui garde l'innocence , Déjà goûte la paix du céleste séjour ; Et qui se laisse attraire à l'affreuse licence , Aura le cœur rongé par un cruel vautour.

Qui vous fait hésiter? quel mal vous décolore?

Je ne le sais que trop : de livres séduisans

Le doucereux poison vous brûle , vous dévore ;

Au printemps de la vie , il desséche vos ans.

Du sentiment , en vous , a-t-il tari la source ?

Vos yeux désenchantés détestent leur erreur ,

Mais , [)on?' s'en affrancliir et suivre une autre course ,

Il faut vaincre un penchant, depuis long-temps vainqueur.

ITélas ! un esi)iit fort est si pusillanime !

De moi , (jue (hra-t-on? c'est toute votre loi.

La peur do vos pareils vous relipiif dans l'.jbîinn.

348 );i:i)Li:AriuN.

Plus grossier que plaisant , un mot fait voire foi ;

Et dans ce triste état , atteints par la vieillesse ,

Comme vos faux amis , pétris de vanité.

Vous craignez que votre âge , accusé de faiblesse ,

\e ser\e de risée à leur imitiélé.

Alors , hideux vieillards , brûlant des feux du crime ,

Vous ressemblez aux monts blanchis par les frimas ,

Où brûlent ces volcans vomissant de leur cime ,

De funestes vapeurs qui portent le trépas 1

Ah 1 combien est affreuse une si lâche vie

A ses derniers instans ! où sont-ils , où sont-ils ,

Ces fidèles amis? . . fuyant votre agonie ,

Ils vous ont laissé seuls au plus fort des périls ! . .

M;iis,(pi('ll('(tMd)re, grand Dieu! sort du sein des ténèbres! 1)11 Nit'ilhiid (lo Fcrney je distingue les irails. Amis , piric/. iftirillc ii ses accens funèbres, il n'est j;im;ii'> |»('i-mis aux niorls (jue d'être vrais.

'» Le ciel , touché des maux (pie vous fout , ô jeunesse !

» Mes écrits inq)i(''gii«'s des plus subtils poisons.

" Veut , par ma jtroiirc voix , vous rcuilre ii la sagesse,

» Vous ai I ;m hcr au joug des viles passions.

<< I Jvrrs i|iir je iii.nidis . p.ir vos fiiiisscs dchccs ,

Il Combirn ;i riiinoccncc , hcias , soiil »'id('ves !

>. Oin'ilr loiilr j cnlraînc ;iii\ cli rncls supplices,

.. Oui soiii . p.ii lin hitii )ii^l<'. .iiix iinpnis ri'sci'vcs !

!)■ pr»'(0(('s sur< t's , do iiioiir^ li» cik unscs.

CHANT DOUZIÈME. o40

» Enfantèrent , trop tôt , un perfide talent ;

» Et ce vice , si cher aux âmes orgueilleuses ,

» Du sceptre et de l'autel le mépris insolent.

» Fils ingrat , indocile à la voix d'un bon père ,

» Mon dangereux génie alarma ses vertus.

» De ma plume craignant la fureur téméraire ,

» Pour la dompter , il fit des efforts superflus.

» Voulant donc fatiguei- , partout , la renommée ,

» Et surpasser l'éclat des noms les plus vantés ,

» De lecteurs j'eus , bientôt , une innombrable armée ,

» En caressant leurs goûts , flattant leurs vanités.

» Mondain propagateur des leçons d'Épicure (11) , » Enseignant , dans mes vers , le luxe , les plaisirs , » Ah ! je n'ai pu sentir ni rendre la nature , » N'ayant jamais des champs aimé les doux loisirs.

» Les auteurs du grand siècle avaient uni les grâces

» Avec les sentimens tendres , religieux ;

» Mais mon impiété m'éloignant de leurs traces ,

» N'échauffa mes esprits que de profanes feux.

» D'un génie abondant , privé de chastes flammes ,

» Voyez quels ont été , même les plus beaux fruits !

» Manquant de ces doux sucs qui nourrissent les âmes ,

» Par leurs appâts trompeurs ils vous ont trop séduits.

» Henri des bons Français vivra dans la mémoire ,

» Par le seul souvenir de ses nobles exploits ,

» Rien plus (pie par mes chanls, où, célébrant sa gloire,

» La liaino dos aiilols a rofioidi ina voix.

350 LtDK ATION.

» C'oM l'amour pour les dieux, qui du chantre d'Éiiée » Inspirait , écîiauflait les sensibles accens. » Aux dieux de son pays , sa muse fortunée » Consacrant ses beaux vers, offrant un pur encens. » Est en vivants tableaux , en seniimens , fertile , » Eclaire vos esprits , touche et nourrit vos cœurs ; » Et moi , (|ui me croyais le rival de Virgile , ») D'un fanatisme éteint racontant les horreurs , » Par des cris forcenés j'attaquais le faux zèle ; » Ilyi»ocrite , en louant , par fois . la piété , )) Jeunesse , j'aspiiais à vous détacher d'elle , » Kn prêtant au Miensoni,'^(^ un aii" de vérité.

n Kiiliii . ouvertement , païut ma haine inqiie :

.. riolananl , sans rou^^^ir le lanjj[age des dieux ,

» Héroïne célèhie , honneur de la patrie ,

.. J'outia^eai la pudciii-, ri tes faits glorieux.

u Jeunes gens , fiémissez : ces lascives ])eintures ,

» Dm ci:he des aïeux ce persillage amer .

» Tendaient ii vous livrer aux doctrines imj)ures ,

» A faiie de vous tous des soldais de l'enfer.

"\aiilaiil l.i l<tl laiK <■ , iiihtici aiil scrlaii'C : M Dissident lanali(|u<', <! prr( liant riiiiinii : .•Je t.nis (les \ cl lus l.i source salulairc : » foiil aiiioiii- n'est qu'iuslinrl . besoin , illusion ! V Je brise ainsi l'aulrl t\o la rin-onnaissiiH r :

». Oui , (piand j'ose ensei^nei «pie le seul inleit^l

CHANT DOVZltUE. 351

» Préside aux tendres soins qui font croître l'enfanc^e , » Aux plus doux des penchans j'ôte tout son attrait. » Jeunesse , j'en atteste , ici , votre franchise , » En lisanl mes écrits , vous sentez-vous meilleurs ? » Et lorsque , blasphémant contre la sainte église, » Je la ti^aite d'infâme , en d'infâmes fureurs , » Est-ce de la vertu vous enseigner les voies , » Ou vous entraîner tous dans un abîme affreux , » Par le fangeux sentier des criminelles joies ? » Relisez les malheurs de mon siècle orageux.

» Tout homme en soi renferme une bête féroce ,

» Qui ne connaît de frein que la religion.

» Sans ce guide fidèle , à quel forfait atroce

» Ne le poussera pas l'aveugle pas'sion ?

» Ecoutez , écoutez mes paroles dernières :

» L'enfer de ses terreurs environna ma mort.

» Ah ! si la vérité , de ses vives lumières. ...»

Mais sa langue se glace , et doit taire son sort.

Que vois-je ? un tourbillon de flamme et de fumée

L'envelop[)e , et , soudain , le dérobe à mes yeux :

Quelle horreur je ressens dans mon âme alarmée !

Qu'entends-je ? . . . Quel soupir lugubre et douloureux !

Ne vois-je pas, encor, s'avancer une autre ombre ? Déjà , j'ai reconnu l'orgueilleux Genevois : Son œil est enfoncé , mélancolique et sombre. ' ; Approchiez , car à peine on distingue sa voix.

^y2 l'f.ditktion.

» Je viens faire un aveu, qu'en ma mortelle vi(*, » Aucun pouvoir humain n'aurait pu m'arracher. V Des vanités du monde elle n'est |)lus suivie : .) Dans l'empire des morts on ne peut rien cacher. » Jeunes gens , qui , séduits par l'attrait de mon style , ') Croyez vous affranchir du joug des piéjugés , '.Jamais, à vous charmer, sophiste plus habile (12) » Ne vous a , dans l'erreur , aussi loin engagés. >• J'y fus moi-même , hélas ! livré dès ma jeunesse. '> Piivé d'un cours suivi de saine instruction , " Sans [)rin<^ipes [)ieux , sans règles de siïgesse , » Changeant de goût , de mœurs et de j)rofession , » Cdinme de domicilia ; errant ii l'aventure , >» Mes éciits de ma vie imitent les écarts. ») Sans la prendre' pour guide ils vantent la nature , >) Insultent aux progrès des sciences , des arts. » \ul ne s'est contredit par plus d'inconsé(]uences. .) Pailanl , ou insjmé , du Christ et de sa loi , )» Dans les « dins je déti'uis ses divines semences: »» .\hn*;anl leur candeui" , j'<;n fais des cœurs sans f<M. » laiilnl, je donne aux mo'ni's des louanges lourlianics. » Aux solides Noilns , ;in\ inFiocciis plaisirs ; »> Puis, d un r(iii|i.il)|i> .tiiionr les pciiiturrs brûlantes

o AiluilH'lil d.ills 1rs sens de lulu l(|ll<'s drsirs. n JcunesM' , ai-jc hicn |iii vous lairc im Ici outrage? » N'ai-jr pas iii>iilh- l.i raison. \niit' li(»nnrnr. » l^orsqnrn vous pn-scnLinl tni in<li< ml nM\rag<^ , J ;ii dif : « Oni r.UMM In |nidr :i \<i In . hnnficni'.* "

» Déréglé , je voulais régler la politique , » Corriger les abus , reconstruire l'état ; » Et , zélé défenseur de liberté publique , » Je fonde l'anarchie en mon obscur contrat. » Que de sang a coûté ma belle théorie » Des droits égaux pour tous , de peuple souverain ! » Après de si longs maux , aux pleurs de la patrie , » Le ciel , enfin fléchi , rend un temps plus serein. » Le mieux doit s'établir sans trouble , sans orage, » Comme au matin succède un plus brillant midi. » Quels progrès il a faits , de l'antique esclavage » Jusqu'à la liberté , dont l'astre a resplendi ! » Eh ! n'en fera-t-il pas de merveilleux encore , M Si les peuples , les rois , unis par de saints nœuds, > Concertant leurs desseins du couchant à l'aurore, » D'un long embrasement éteignent tous les feux ? » Leur force est éclairée , et sait que la prudence , » La justice, l'amour , sont ses meilleurs soutiens ; » Qu'en la religion est la seule espérance » De restaurer les mœurs , l'esprit des citoyens.

» Ranimez , parmi vous , cette ardeur généreuse , ') Ce doux présont du ciel , la tendre charité , » Qui du bonheur d'autrui rend l'îime désireuse , » Et sait lui faire aimer Dieu dans l'humanité : » Commerce de vertus , aimable ordre de choses , » Qui du philosophisme est au siècle de fer, » Comme le doux zéphyr et la saison des roses ,

Toi l'Éducation.

Sont au souffle glacé du rigoureux hiver !

0 d'un t œur corrompu déplorable misère !

A l'incrédulilé le vice le conduit.

Mon irascible orgueil , seul , enfanta la guerre

Qu'à la religion fit un talent maudit.

En ennemi peifide , aux soui'ces les plus pures ,

Avec art je mêlai le plus mortel poison.

De vos cœurs innocens je fis mes créatures ;

Jeunesse , Emile , en vous pervertit la raison.

\ vingt ans , enivTés , vous jugez à cpiarante ;

Vous taisez l'artisan de vos tristes erreurs ;

Et gardant mes écrits , leur lecture impiudente ,

Sème dans vos maisons , la honte etles douleurs.

Comment con>^erve-t-il quelpie crédit , encore ,

L'apologiste aident du i)afernel amour ?

Ce sentiment saci'é , ])ère , il le déshonore :

Poui- jicupler riiôjiilal mes <Mifans v<»ieut le jour :

.Allenl.il iiiiin^liiK'iix .nix lois dr la nature ,

Exemjilc li<»|> suivi iVuu houleux ((''lihal .

Oui (h'scnfans , sans nom , ('tend la race impur»' (13) ;

Iji'.ni . toujours croissaiil . ipii inenacc Vv\:i\ !

() jrmicssc ! |t()ni' t](ii la v^'iilc si rare

Disparaît , au miliru de tant d'illusions.

I oiis nies loris, etivers Nniis , qu'enfin j<' les n-pare !

Si fl.iltant , .i\i( ail . vns \ives passi<»ns .

Dr IfMI's f^'.II ••mnis je lis l.lltl (|r \ l( liiiics ,

» Ap[>iejiez duîic de moi la cause de vos maux.

» Voulez-vous , à jamais , combler tous ces abîmes

» Où tombent , chaque jour des Emiles nouveaux ?

» Rejetez ces écrits , en forfaits si fertiles (14) ,

» Dont les flammes devraient venger l'humanité ;

» Nourrissez-vous , plutôt , de lectures utiles ,

» D'où naissent les vertus et la prospérité.

» De mes Confessions que l'œuvre fût infâme !

» Et , loin que tant d'horreurs me rendissent honteux ,

» J'osai peindre d'un trait la laideur de mon âme ,

X En m'avouant semblable au monstre incestueux.

» Que ne puis-je, grand Dieu, recommencer la vie!... i

Mais un affreux soupir de l'ombre éteint la voix.

Elle s'évanouit ; et sa fuite est suivie

D'un sourd gémissement, comme, au milieu des bois ,

On entend , dans la nuit , d'une haleine plaintive ,

Les vents gémir au loin : le voyageur surpris ,

S'arrête , pour prêter une oreille attentive ,

Et croit de morts souffrans entendre les esprits.

Ainsi ces chefs fameux de la cabale impie , Jugeraient leurs écrits , de vice empoisonnés. Que dis-je? ciel vengeur ! d'une plume ennemie , L'un l'autre , justement , ils se sont condanmés.

Je ne vous parle point de cette muUiludc Dont l'inquidenle audace a surpassé la leur .

Oui cliangont l'homme en brûle, et, par leur turpitude,

Elîacent de son front tout reste de pudeur.

Malheur, malheur à ceux cpii s'en laissent séduire!

Tout crime trouve accès dans leurs cœurs corrompus.

A quels forfaits , néant , ne dois-tu pas conduire ?

Le fer et le poison seront-ils défendus

A qui ne reconnaît ni Dieu ni conscience ?

Il est tout pour lui seul ! plus de frère , de sœur ;

Plus de tendres parens , plus d'amis de l'enfance.

Oui de ses passions , ne craindra la fureur ?

Son cœur inaccessible au cri de la nature ,

Le brave, quand un tigre , ému , s'attendriiait.

Sachez donc de l'impie à quel point l'âme est dure !

E( outez le récit de cet horrible trait.

Ilerinanre succonibant à des peines cruelles , Vers son lit , voit la mort s'avancer à (^^rands pas. D'un é|»oux (prillnsliai«'nl les vertus les plus belles ^ Ij (jn'.iux cli.imii-- <!•' l'IiMiincni- iiioissoima le ticpas, Depuis (lix-hnit |iiiiit(iM|i^ (|u'rll(' vit séparée, l'Ile ]i's\c li(lè|(; il sa juste (l<»uleui*. loin (|u'uu lils , ti(t|> (lu'ri , jamais l'ail modérée. Il II .1 lait «|u*a^'^M'aver le |M>i(ls de son malheui'. Indiirile aux leeniis (pie reeut sa jeunesse, 'IfUijours ouvrant r<ireille ;m\ peilides discours. Il cherehe les pl.iisiis cl Inir (.ilale ivresse; Sa riehesse entietitni de < (Mqiables amours, l'ai <!•■ sa^'es a\is . sa li<»iiiie ei laiMe innc .

Cent fois, du vice impm voulut le détacher. Qu'en a-t-elle obtenu ? mépris , réponse amère ; A ses penchans honteux rien n'a pu l'arracher.

Dans ses derniers momens , l'appeler auprès d'elle , A tant de vœux trahis présente quelque espoir. Il s'y rend : pourra-t-il être , un instant , rebelle Aux prières d'un Ange , au plus sacré devoir ? « O mon ami ! lui dit cette mère mourante , » Que de ton père , en toi , je retrouve le cœur ! » Ne trompe point , mon fils , cette dernière attente ; » Fais goûter h ta mère un moment de bonheur. » Ma défaillante main , presse-la dans la tienne ; » Qu'à l'honneur, en mourant , je t'aye enfin rendu ! » De mon sincère amour pour peu qu'il te souvienne , » Contre les séducteurs tu seras défendu.

» Qu'il m'est doux que mon fils me ferme la paupière !

n Soutiens mon agonie.... Hélas ! si je ne peux

i> Te voir , ni te parler , j'entendrai ta prière :

» Oui, mon oreille, encore, entendra tes adieux.

» A ton dernier baiser mon àme , encor sensible ,

» Va s'envoler contente à l'éternel séjour.

» Prends pilié de ta mère en ce moment terrible...

» Vous lous , qui me prouvez un si pieux amour ,

» Adieu ! . . priez poui' moi... » Sa langue embarrassée

Ne pout plus rendre , alors , <pie quelcpies sons confus.

El son fils ? . . . vous cioyez que son ame oppressée ,

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