‹ L'éducation morale au lycéeChapitre 12 sur 19 · SOLIDARITÉ ET CHARITE CHRETIENNE · texte numérisé non relu

SOLIDARITÉ ET CHARITE CHRETIENNE

gnifique idéal ! C'est celui-là même que FUniversité fera sien. Elle hésitera d'autaut moins qu'il ne divise personne. Il est réclamé par toutes les églises et par toutes les écoles sans distinction. Aux libres penseurs qui le présentent comme issu du progrès des sciences et qui veulent le faire pratiquer aux jeunes générations sans l'appuyer autrement que de la libre adhésion de l'intelligence et de la volonté, écoutez comme répond un croyant, M. Charles Recolin, dans son beau livre Solidaires, un livre de critique autant que de foi.

Il ne faudrait pas, s'écrie-t-il, que la science moderne s'enorgueillît de la découverte de l'idée de solidarité comme d'une conquête, elle est tout entière, principe et application, dans l'Évangile. Elle n'est pas nouvelle, elle s'était seulement perdue. On ne l'a pas inventée, on l'a reprise. La solidarité, c'est la charité chrétienne; non pas l'aumône, dont on a trop souvent raison de médire, mais

la charité au sens étymologique et profond de ce mot, Famour du prochain, que le christianisme a placé à la base de sa doctrine, l'amour inspirant le sacrifice et le don de quelque chose de soi.

Nous la devons plus particulièrement à saint Paul. C'est de lui, en effet, que nous tenons cette affirmation précise et brève comme une formule : a Nous sommes les membres les uns des autres. » Il y revient sans cesse : « Les membres les plus faibles sont les plus nécessaires." — « Si un membre souffre, tout le corps souffre avec lui. « — a L'œil ne peut pas dire à la main : Je n'ai pas besoin de toi. " Et telle est la place qu'elle occupe dans ses épîtres, qu'il serait facile en rapprochant les passages où il l'expose « de composer tout un traité sur la solidarité que ne désavouerait pas un sociologue moderne » .

Le moment est donc venu pour les chrétiens, conclut M. Recolin, de revendiquer

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