CLASSES DE GRAMMAIRE I I
. n'est pas vraiment nécessaire d'aller au lycée pour cela : et les familles, même les plus dépourvues de toute culture, arrivent au même résultat. Elles inspirent l'horreur du vice ; elles apprennent à détester le mensonge, sans avoir besoin de s'appuyer sur la règle : turpe est mentiri.
M. Clairin demande qu'on sépare plus complètement les questions. On a dit que la famille était le meilleur milieu pour l'éducation de l'enfant ; mais les professeurs ont affaire aux enfants de beaucoup de familles et ils constatent que dans bien des cas l'éducation donnée au lycée est supérieure à celle que donnent les familles. L'exemple qu'il a donné, sans l'emprunter spécialement aux classes de grammaire, n'a pas la portée que M. Billaz lui donne: il s'agissait simplement pour lui, en invoquant ses souvenirs d'élève, de montrer que certaines leçons morales données dans la classe se gravent si fortement dans l'esprit de l'enfant qu'il en conserve toujours le souvenir présent.
Quant au second argument et au second exemple, il n'a pas non plus été bien compris. En modifiant, comme il l'a dit, l'exemple connu ; en disant : pulchrwn est mentiri, le professeur s'attend naturellement à une protestation ; autrement, il serait inexcusable de faire l'expérience. Il sait donc que la notion morale existe déjà, et il ne s'agit pas du tout pour lui de la faire apprendre. Mais son but est de la faire analyser, de la faire comprendre, et de montrer ainsi que la notion grammaticale de l'accord de l'attribut au sujet n'est pas une règle de pure forme, qu'il doit s'y joindre aussi un accord de sens, un accord moral des deux idées. Ce n'est donc pas du tout un fait qu'il relevait, c'est une idée, et une idée de la plus haute importance, que donne l'enseignement du lycée et que ne donne guère la famille quand elle apprend à condamner le mensonge.
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