LEDUC \TION* MORALE DANS L UNIVERSITE
Le second témoignage m'est personnel. J'ai eu, comme professeur de physique au lycée de Lyon, M. Voigt, auquel je suis heureux de pouvoir rendre publiquement hommage en. cette circonstance. J'ai pu constater, en retrouvant au bout de longues années des camarades de classe, combien était profonde l'impression que ses élèves avaient gardée de lui. Cependant, M. Voigt ne nous faisait pas de longs discours sur la morale; il se contentait de faire son devoir en conscience et de nous donner ainsi le bon exemple. J'ajouterai que je n'ai jamais su, que je ne sais pas encore, quelles pouvaient être ses opinions politiques, ou religieuses ; ceci me semble bon à noter en passant.
Si le professeur de sciences ne peut enseigner la morale en faisant des sermons, il peut, comme tout autre, donner bien des conseils utiles dans les causeries à la sortie de la classe. Je l'ai constaté maintes fois ; je crois même que le professeur de sciences a, dans certains cas, un petit avantage aux yeux des élèves; c'est un ancien taapin, et j'ai souvent pu dire à mes élèves bien des choses, en leur parlant non à titre de professeur mais à titre de vieux taupin.
On a parlé du rôle de la famille dans l'éducation. J'ai constaté assez souvent que des élèves qui, chez eux, étaient médiocrement soumis à leurs parents, gagnaient à être obligés d'observer en classe certaines règles de discipline générale. Et pourtant, je dois dire que la discipline que je leur imposais n'était pas particulièrement sévère. L'obligation de la régularité, l'exemple du travail consciencieux de la part du maître et aussi des camarades produisent tout naturellement d'excellents effets.
On a répété, à bien des reprises, et très justement à mon avis, que l'enseignement secondaire, tel qu'il est donné dans nos lycées et collèges, a par lui-même une vertu éducatrice. Ceci m'amène à dire quelques mots du caractère général de cet enseignement.
TTiTT