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des axiomes ; la conséquence d'une expérience doit être admise, même quand l'expérience vient à ce rater », ce qui est d'un mauvais exemple au point de vue moral. On risque peut-être ainsi plutôt d'engourdir l'esprit critique. Les mathématiques, par contre, apprennent la nécessité de démontrer avec exactitude, d'administrer la preuve rigoureusement. Il faut d'ailleurs, ainsi qu'on l'a déjà constaté, ramener la pensée de l'élève vers le concret.
M. Bouilhac insiste, et reproche aux mathématiques d'être un obstacle au développement de l'esprit d'observation ; il cite l'exemple des élèves de l'Ecole polytechnique, à qui il fait trop souvent défaut.
M. Bioche. — On peut fort bien se servir des mathématiques pour développer l'esprit d'observation. Beaucoup de savants, qui se sont fait un grand nom dans les sciences expérimentales, ont commencé par s'adonner aux mathématiques. Réciproquement, beaucoup de découvertes mathématiques ont eu pour point de départ l'observation même. Les mathématiques peuvent avoir cet inconvénient de trop pousser à l'abstraction ; il faut simplement y veiller; il y a là un écueil à craindre; mais il est fort possible, facile même de l'éviter.
M. Belot. — La culture de l'intelligence ne consiste pas uniquement dans le développement de l'esprit critique, qui, en dernière analyse, est l'esprit de défiance ; elle consiste, comme presque toutes choses, en deux facteurs antithétiques. L'éducation morale proprement dite se propose deux fins en apparence opposées : d'une part créer la défiance, défiance de soi, défiance au sujet de la valeur des traditions, des suggestions, des impulsions qui nous sollicitent du dedans et nous pressent
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