I7O L ÉDUCATION MORALE DANS L UNIVERSITE
siques au lycée, on ne peut indiquer les choses que grosso modo; on doit souvent donner des lois qui ne sont qu'« approchées », car on doit négliger bien des détails dans renseignement secondaire. Il faut surtout montrer aux élèves la netteté et la précision croissantes de l'approximation.
M. Belot. — En résumé, on pourrait reprocher aux mathématiques d'inspirer à l'esprit un excès de confiance, en le maintenant dans l'abstrait, et aux sciences physiques prises isolément d'inspirer, dès qu'elles seraient approfondies, un excès de défiance. 11 faut se garder de ce double danger ; mais c'est précisément un service qu'il faut demander à la physique, d'enseigner cette réserve, cette prudence, de donner (les leçons de choses elles-mêmes y devraient tendre) le sentiment de ce qu'il y a de variable, d'imparfait dans nos formules.
M.' Lecomte proteste d'abord contre l'expression « grosso modo », qui a été employée ; le professeur de physique et d'histoire naturelle n'enseigne pas les choses par à peu près : il expose ce que Ton a vu, constaté, obtenu avec les moyens d'investigation dont on dispose actuellement. 11 ne doit pas non plus s'attacher à inspirer le doute de cela même qu'il expose ; il ne doit pas dire à ses élèves : Voici pour aujourd'hui.; demain, ce sera peut-être, ce sera'sans doute autre chose. Les faits connus, bien observés, sont des faits vrais pour plus tard comme pour maintenant ; il faut les donner comme vrais. Ce qui se transforme, ce qui évolue, ce sont les théories ; mais elles changent, non pas en détruisant la vérité de la veille pour y substituer celle d'aujourd'hui, mais en la complétant, en y ajoutant. Ce qui est possible et ce qui est excellent, c'est de se servir de F histoire de la science pour montrer ce qu'est le progrès scienti-
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