‹ L'éducation morale dans l'université (enseignement secondaire)Chapitre 32 sur 37 · I()2 L EDUCATION MORALE DANS L UNIVERSITE · texte numérisé non relu

I()2 L EDUCATION MORALE DANS L UNIVERSITE

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M. Gidel se demande si l'ignorance des élèves en histoire au baccalauréat, dont se plaint M. Hauser, ne vient pas de ce que, trop souvent aujourd'hui, on suit cette méthode facile et vague, et de ce qu'on n'enseigne pas les faits.

M. le Président. — La distance qui sépare M. Hauser et M. Gidel n'est peut-être pas bien grande : et si on leur demandait d'établir une liste des faits essentiels qu il faut choisir et noter avec précision, on trouverait sans doute que, dans la pratique, ils sont bien prêts de s'accorder. Il est bien certain qu'il y a des dates qu'il faut savoir, et sans lesquelles on ne connaît plus, k on ne comprend plus l'histoire.

M. Gidel. — On pourrait défendre la conception de l'histoire que M. Hauser critiquait, dans le choix des sujets du concours général, par exemple ; et la liste des prix d'histoire contient la plupart des professeurs d'histoire de Paris, des membres de l'Institut, des hommes qui ont marqué dans la science historique.

M. Rocafort veut seulement indiquer une lacune dans ce qu'a dit M. Gidel. Il aurait pu montrer ce qu'on peut tirer de l'histoire d'un pays pour attacher l'élève à ce pays en lui donnant la conscience pleine, raisonnée, qu'il en est et qu'il ne peut pas ne pas en être. Le Français n'est aucun de ses voisins, ni du nord, ni du midi. Il a des qualités et des défauts sui generis : les uns innés, de race, de tempérament ; d'autres sont dus au pli d'institutions séculaires, telles que la religion nationale. Il serait bon que l'enseignement historique insistât là-dessus, en vue de la formation civique du jeune Français.

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les enfants selon notre religion nationale. Or, il n'y a plus de religion d'Etat ; et quand il y en avait une, il y avait en même temps beaucoup d'hérésies ; et la justice, le bon sens, la valeur morale, n'étaient pas toujours du côté de la religion d'Etat. On a dit qu'il fallait par l'histoire enseigner la tolérance ; c'est la justice qu'il faut enseigner.

On a dit aussi qu'il ne fallait pas faire de politique dans l'enseignement. Il ne s'agit pas de servir la politique de tel ou tel parti. Mais il y a une politique générale qui s'impose à l'enseignement universitaire, puisque, l'Université, c'est l'Etat enseignant. Ce qu'il faut bien marquer, c'est que, dans les lycées de la République, les professeurs doivent, être de sincères républicains et donner une éducation républicaine.

M. le Président. — Nous ne pourrions évidemment ici arriver à définir ce qu'est la religion historique de la France : elle est faite de trop d'éléments ; et il est inutile d'entrer dans le débat.

M. Rocafort n'a voulu parler qu'au point de vue historique ; il lui semble que les faits l'autorisaient à parler, dans le passé, d'une religion nationale.

M. Fallex. — Un fait suffit à expliquer ce qu'on entend par là : c'est l'abjuration de Henri IV.

M. Rocafort. — De cette religion, je n'ai parlé que comme d'un fait historique. Qu'on l'exalte ou qu'on la flétrisse, il est bien évident que son action quinze fois séculaire a contribué à former notre esprit national ; c'est là tout ce que j'ai voulu dire.

Séance du i4 mars 1901, l'éducation morale par les classes

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