AVANT-PROPOS XI
leurs maîtres, si puissant sur des âmes affectueuses et bien nées; le sentiment du bien public, qui ne peut choquer aucune croyance particulière, et qui est si conforme à l'idéal nécessaire de nos sociétés modernes et républicaines. Les exercices mômes par lesquels se forme l'intelligence ont une vertu éducative qurleur est propre. Ils créent des habitudes de sérieux, d'attention, de régularité dans le travail, qui sont déjà des vertus morales. Ils font plus encore : en donnant à la raison le pouvoir et le goût de comprendre, en lui apprenant à ne pas se payer de mots, à fuir l'à-peuprès, à être sincère envers elle-même, ils lui enseignent la probité intellectuelle, qui est a coup sûr un des fondements essentiels de la vie morale en même temps que la première condition des progrès de la pensée.
Qui oserait dire que l'Université, imbue de ces maximes et les faisant pénétrer de plus en plus dans sa pratique journalière, ne donnera pas aux jeunes générations une très haute éducation morale, la plus capable défaire d'honnêtes gens de ce temps-ci, des consciences fermes, libres et tolérantes? Telle est, si je ne me trompe, l'opinion des hommes expérimentés et réfléchis qui ont pris part aux discussions dont on va lire le résumé. Telle sera aussi, je l'espère, l'impression qui se dégagera de ces pages aux yeux des lecteurs attentifs et impartiaux.
Alfred CROISET.
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Les séances de l'enquête sur l'Education morale dans l'Université (enseignement secondaire) ont été présidées par M. Alfred Croiskt, membre de l'Institut, doyen de la Faculté des Lettres de l'Université de Paris.
MM. Marcel Bernés et Malapert ont bien voulu prendre des notes et les rédiger.
Les personnes qui ont pris part aux discussions sont, par ordre alphabétique : v