‹ L'éducation morale dans l'université (enseignement secondaire): conférences et discussions présidéesChapitre 13 sur 101 · LES AC.ENTS ^^K L KIH CATION MORALE G · texte numérisé non relu

LES AC.ENTS ^^K L KIH CATION MORALE G

beaucoup do poiioc : ollos pcrmeltent d'épargner l amour-propre de l'élève, (jui esl blessé par des ol)servalioiis iailes devant ses camarades : elles permettent aussi de donner à ses obser>ations une sio;nification plus particnlièic. Le proviseur peut, après cliaquc entretien, prendre note de ce qui a été dit. et se servir de CCS notes pour voir oii l'élève en est une autre l'ois. marquer ses progrès ou ses cbutes. Cette pratique, (pii est sans éclat, tout intime, a une giande inlluence pour la direction morale de l'éleNc : mais elle n'est pas compatible avec une population scolaire nombreuse.

Laclion du [)roviseur enfin gagne à être accrue par la collaboration des professeurs ; mais, pour que cette collaboration s'établisse tout à fait utilement, il faudrait que les établissements eussent une certaine autonomie et que le concert des forces put s"v établir dans les conditions les meilleures.

M. Malet. — L'action du proviseur est bonne, parce qu'elle vient de liaut et s'impose fortement à 1 élève ; mais, comme la dit M. Kortz, il faut, pour qu'elle s'exerce, qu'il y ait peu d'élèves : et cette condition n'est guère réalisée aujoin-d'bni dans les grands Ivcées : il est pratiquement impossible cpreib» se réalise.

Pour l'appuyer et la forliber. il fandrail pratiquer partout l'usage des conseils de classe, des réunions de tous les professeurs d'une classe sous la direction du proviseur, pour examiner l'état de la classe, les progrès de cliaque élève. A la suite de ces réunions, le proviseur pourrait faire appeler les élèves pour leur distribuer les éloges ou les léprimandes. l/action éducative serait ainsi dé\el()|)pée. (a's conseils cxislciil dans certains établissements: il laudiail (jn'ils fussent la règle et non lexception.

M. Lalam)e a constaté aussi la très grande utilité

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de ces conseils: mais il faut qu'ils dcviciiiieiil obligaloires, et pour cela qu'ils entrent en compte dans le service régulier des professeurs : si on les laisse à la bonne volonté de chacun, ils ne se feront pas. ou se feront mal, puisque (|uelques-uns seulcmenl des professeurs y assisteront.

M. IvoHTz. — Il est désirable que ces conseils de classe soient organisés partout. Il faut dire cependant qu'il y a dès maintenant des réunions qui y suppléent en partie : ce sont les réunions faites en vue de préparer les bulletins trimestriels ou bi-trimestriels, à la condition (|ue ces réunions ne comjirennent pas à la fois tout le personnel, mais des groupes de classes seulement. Dans ces réunions il peut être question de chaque élève ; et les appréciations des différents maîtresse complètent et se reclifient.

M. Strowsici. — Il ne faut pas confondre Faction des conseils de classe avec l'action du ])roviseur. Le conseil de classe dit à l'enfant ce qu il fait dans la classe. Le proviseur se place à un autre point de vue. au point de vue moral. Il doit parler ici en son nom personnel.

M. BouDHORS est aussi d'avis que la question des conseils de classe laisse de côté le rôle du proviseur, et que ces conseils ne peuvent lui donner un surcroît d'autorité. La question est celle-ci : le proviseur peutil exercer une iiilluence morale quotidienne sur ses élèves ;* En i8()9, la Société pour réiade des (jueslio/is d'ense'ujneinenl secondaire s'était posé cette question, et (litVérenls systèmes y avaient été proposés pour accioître laction morale du proviseur : quelques-uns avaient proposé d instituer des directeurs d études qui s'occuperaient d'élèves apparlenani à phisicurs classes:

LES ACF.NTS DK LKHIC. VTION MOUVI.E

on avait trouvé des dilïicullés à ce système, qui ferail a CCS directeurs d études une situation parfois difficile entre le proviseur et les professeins. Cependant on avait pensé que, là oii les lycées sont nombreux, un remède serait nécessaire. Proposer un maximum dans 1 effectif des lycées avait paru pratiquement impossible. Mais on s'était arrêté à cette idée qu'on pourrait adjoindre au proviseur, là oii cela serait nécessaire, un ou deux censeurs de plus, cliargés chacun de la direction d une partie des élèves, pouvant suppléer le proviseur ou le renseigner avec précision sur chaque élève pour les cas où son intervention est utile. C'est de ce coté qu il faut cherclicr; il faut disliibuer les taches do façon que le proviseur puisse être le tuteur de tous les élèves de sa maison ; il faut alléger sa tache si elle est trop considérable, en lui donnant un nombre suffisant d'auxiliaires directs.

M. LE Président. — De la discussion, quelques idées importantes se dégagent : à côté de l'action du professeur, il y a l action du proviseur. L action du profes.seur est plus prochaine : c'est celle d'un ami plus âgé. Elle n'est pas continuelle. Celle du proviseur est plus intime : elle est analogue à celle du chef de la fannlle sur ses enfants.

Les conseils de classe sont utiles, mais il faut aussi un moyen d'assurer l'action directe des proviseurs, là où les élèves sont trop nombreux : et, pour cela, on propose d'associer au proviseur des collaborateurs qui aient aux yeux des élèves presque la même autorité que le proviseui'. qui par suite ne soient pas trop près d'eux. Enfin il faudrait aussi, sans doute, décharger le proviseur de certaines occupations trop absorbantes.

\i. Malvpeui uLSLsle sur ce dermCr [)oinl. Il ne croit pas beaucoup au danger cpii viendiail du liop

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grand nombre des élèves : car il ne l'aul pas oublier que c est surtout sur les internes que doit s'exercer l'action éducative du proviseur : et bien rares sont les lycées oîi les inlei'jies sont extrêmement nondjreux. C est par d'autres procédés qu il faut assurer au ])roviseur le temps d exercer ses fonctions. Il faut le débarrasser de l'abus de la paperasserie. Aujourd'bui. une bonne partie de son temps se perd à faire passer du haut en bas, et inversement, des circulaires, des rapports, des notes, à donner son avis sur tout cela : — c est une besogne en grande partie tout à fait inutile.

Pom- un sinq)le déplacement de classes, il faut des rapports innombiables et. outre le tenq3s perdu, les inoditications nécessaires entravées ou rendues inq)ossibles, on enlève par là au proviseur le moyen de se consacrer à sa tâclie vraie, qui est léducation des élèves.

En dehors de cette besogne matérielle, le proviseur, avec le concours des conseils de discipline, avec les renseignements des conseds de classes, s'il a conscience de son rôle, a le temps et les moyens d exercer son action éducative: il ne lui manque que Tmitiative. Malheureusement, on se délie trop de lui. on le dépouille d'une trop gran.dc partie de son autorité et de sa responsabilité en le dépossédant d'une trop grande partie de son autonomie .

M. LE Président. — Il v a là des reiuarques très justes, et qu il est 1res important de faire connaître au dehors.

M. koHTz. — M. Malapert a monlré ([ue le proviseur serait [Ans libre de remplir sa fonction dans un établissement plus autonome. Il faudrait surtout chercher le remède dans quelque décentralisation. Souvent, la besogne peut se faii'c par d autres que par le proviseur: (mi demande vm rappori sur tel ou tel

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