I.F.S AGENTS DF I.KDICATION MOUAI.F
cnsoiiïiicineiil . il est iialurel d cii cliaiui'r 1 un îles professeurs (|ui le iloiiiieul.
M. LE Président. — A colé tle la question du lùle des proviseurs, sur laquelle ou vient déchanger de si intéressantes observations, il y a celle des répétiteurs, à laquelle on n'a pas touché : faut-il, comme on l'a demandé, créer ici une catégoiic spéciale d agents éducateurs ?
Pour ma part, je ne crois pas à 1 uhlité de faire du répéliloiat une carrière spéciale, consaciéc àl éducation. Un maîlrc d'étude jeune, cherchant à préparer une carrière, a des chances d'avoir plus d'action que le répétiteur qui se sera confiné dans des fondions très honoiahles, mais que les élèves ne revêtent pas du prestige indispensable [)oui- exercer une aciion sérieuse.
L'action du lépélilcur est grande : elle est intime : elle est d'autant plus forte que le répétiteur donne davantage l'exemple du travail et de la volonté.
Les éducateurs, c'est le proviseur, qui, dans l'internat, joue le rôle du chef de famille ; et c'est, dans la classe, le professeur.
M. KoRT/ partage l'opinion de M. le Président. Le répétitoral ne doit pas être une carrière fermée. L'opinion, à ce sujet, a \aiiédans l administration supérieure. On a changé de .système. D'ahord on a dit qu'il fallait traverser les fonctions de répétiteur poui" arriver au professorat. Plus lard, on a changé d opinion : cl à un certain moment les deux opmionssuhsistaienl ensendjle, lune dans 1 adnnmshalion snpéiieui'e. 1 auli'e dans celle des lycées.
Les pai'lisans du rcpéliloial de carrière ne comptaient d'ailleurs pas toujours dans la partie la plus actiM' du persoimel : c étaient [)lulol des répétiteurs déjà mûrs,
G8 LKDrCATIOS MORALE DANS l/lMM-RSITl';
à qui manqiiaJI k' ressort nécessaire pour |)icj)arei' des examens, et pour qui il s agissait souvent de s'assurer une carrière plus facile ; ainsi, des préoccupations trop souvent égoïstes se sont mêlées à ces réclamations. Quand lage arrive, le ré^jéliteur reste malaisément bon. Il vaut mieux se ménager un rajeunissement dans le personnel.
M. Rabaud. — On serait injuste envers les répétiteurs si on ne les associait pas à l'éducation. Ils en ont le souci : cette aimée même, ils ont tenu un congrès oii ils ont discuté cette question, et la discussion a été des plus intéressantes. Ils ne s'cji occupeni pas seulement d'une l'açon théorique. Presque tous s'y intéressent pratiquement. Les professeurs exercent d'autant plus d'action sur les élèves qu'ils les connaissent mieux : cette connaissance des caractères leur sera facilitée par le répétiteur, qui observe les enfants une grande partie de la journée, qui peut exercer sur eux une action très pénétrante, qui. vu sa jeunesse même, devient plus aisément leur ami et leur conseiller.
Il faut donc associer les répétiteurs à l'éducation, j'avoriser les rapports du professeur et du lépéliteur par les conseils de classe, à la condition que ces conseils ne soient pas organisés adminislralivement. mais surtout par le bon vouloir de chacun.
M. LE PuÉsmEM ne croit pas être en désaccord avec M. Rabaud : il n'a nullement nié l action éducative des répétiteurs. Il conçoit l'action des répétiteurs jeunes comme celle de camarades plus âgés. Mais il y a une autre conception, celle du répétiteur de can-ière. du répétiteur âgé. qui ne serait plus un camarade, mais comme un substitut du père tie famille. C'est cette conception qu il a critiquée, acceptant la première, et désirant des répétiteurs jeunes, qui agissent a\ec les qualités de
LES AGENT?; PE l/ÉnLCVTION MORALE 6g
cœur et d'esprit auxquelles M. Kabaud vient de rendre hommage.
M. BoLiLHAc. — (Je sont les administrateurs, les professeurs de facultés cpii sont responsables de la situation et des réclamalions dcjnl ils se plaignent. Ils ont dit au répétiteur : vous débutez, vous êtes jeune ; travaillez pour sortir du répétitoral. Les répétiteurs ont travaillé ; ils se sont fait recevoir licenciés, et ils attendent les postes qu'on ne leur donne pas.
M . LEpiŒsiDENT. — Nous Iraïtous ici une question de doctrine : que doit être le répétitorat pour servir à l'éducation ? Nous n'avons pas à débattre les questions de personnes et d intérêts. Si le mal qu'on vient de signaler existe. A faut en chercher le remède : mais c est là une question distincte de celle que nous examinons.
M. BoLiLHAC. — Il faut considérer les faits : vos théories se heurtent contre les faits. Les faits, c'est qu'il y a une fo«de de répétiteurs licenciés qui ne peuvent pas entrer dans renseignement : c'est un exemple qui décoinage les débutants : et il faut bien alors qu ils demandent à s assuier un ;t\einr dans le répétitorat, oii on les enferme.
M. KorI/ a dil. dans une déposition célèbi'o. que le répétitoial est un tunnel : mais d un tunnel on rniil par soiiir, et on ne sort pas du répétitorat : on ventre comme on veut, on n'en sort pas.
Il y a quel(jue cliosc à faire pour les répétiteurs : il faut que l'Université leur d(jniie le moyeu de travailler pour le bien de l'I ni\ersit('.
M . Bo(:AF(»in . — La f|uesli()n des ré|)étiteurs est assurément, avec la (pieslion du pniKMpede l existence ou de
■yO L EDUCATION MOKA LE DANS L UMVERSITt:
la non-existence d'une doctrine universitaire, la plus importante de celles que nous ayons à soulever. 11 lui est difficile de donuer pleinement raison aux observalions qui viennent dètre faites : mais il n'est cependant pas de Tavis de ^I. le Président.
11 ne laut pas sattaclicr à une conceplioii lunqucdu répétitorat: il faut que le maître y puisse trouver, selon ses goûls, ou une carrière ou un lieu de passage ; et l'on peut avoir dans le réjîétitorat des hommes âgés qui soient encore des hommes actifs.
L'amélioration la plus certaine à réaliser est celle dont parlait M. Uabaud, le développement des bonnes relations personnelles des répétiteurs et des professeurs : la séparation tend à disparaître aujourd'hui.
Puis il faut relever la situation des répétiteurs vis-àvis des élèves, et cela, en les associant plus étroitement à l'œuvre de renseignement, pour la récitation des leçons, l'explication orale des textes, la correction des devoirs. Sans doute, leur rôle ici reste subordonné : mais il faut de la bonne volonté mutuelle, du cùté des répétiteurs comme du côté des professeurs.
De plus, la carrière des répétiteurs ne peut être une impasse : il faudrait que 1 administration leur fût ouverte, pai" exemple que tout répétiteur pût espérer arriver au censorat. ou même dans certains casauprovisorat.
M. LE Président. — Il est certain que le répétiteur doit exercer une influence morale, et tout le monde reconnaît aussi qu'il doit avoir d'excellentes relations avec les professeurs, (ju il peut devenir dans certains cas un très bon censeur. La question est de savoir si, d'une manière générale, on doit concevoir le répétitorat plutôt comme une c;nrière ou comme un lieu de passage : il semble qu il \ ail (\vs mconxénients à l'organiser comme une carrière ; et. en tout cas, il \\v faut pas cou-