‹ L'éducation morale dans l'université (enseignement secondaire): conférences et discussions présidéesChapitre 15 sur 101 · LES AGEXTS DE I, FOI CATION :M0U VLE JI · texte numérisé non relu

LES AGEXTS DE I, FOI CATION :M0U VLE JI

fondre rétude des moyens propres à parer à des difficnllés momentanées, à répondre à des besoins individuels ou à utiliser des capacités supérieures, avec la recherche des conditions idéales de l'organisation de l'éducation morale au lycée. A ce dernier point de vue, il ne paraît pas utile de créer au lycée une catégorie spéciale d'agents, qui, en dehors du proviseur et des professeurs, auraient pour mission de veiller à l'éducation morale.

Séance du lo janvier 1901.

L ÉDUCATION MORALE PAR LES CLASSES CLASSES ÉLliMEMAIUES ET PIUMAUIES.

Râle de la femme dans ces classes

Exposé fait par

M. KORTZ

Proviseur du lycée Montaigne.

L'enseignement renferme en substance — à l'état diffus — la matière de l'éducation morale. Il s'agit de l'en dégager.

Comment la femme s"acquilte-t-elle de cette mission dans les classes élémentaires et primaires ?

C'est ce qu'on se propose d'examiner.

L'éducation morale par l'enseignement, d une façon générale, a été définie dans les conférences précédentes: celle de M. Bernes, notamment, peut être considérée, à ce point de vue, comme la jiréface de celles dont on inaugure aujourd'hui la série. Le sujet à Tordre du jour peut donc être abordé directement, sans préambule.

C est par une femme, ce semble, (pi il aurait dû cire traité. Nul. plus (piellc. n'était compétent poin* le faire : uiais. mise eu (pielque sorte en péril de s'attirer des louanges eu exposant 1 d'uvre oi"i elle réussit si admirablement, elle se serait récusée. 1) autre part, il était délicat de la faire suppléer par un professeurhomme — un rival. On a cru devoir s'adresser à un proviseur, comme à un arbitre désintéressé, en situaliou

7/1 LKDICVTION MORALE DA>S LL'MVEnSlTÉ

d'être bien renseigné, el on a choisi le plus Agé. dans la pensée qu il aurait un plaisir plus particulier à vous entretenir des plus petits d'entre ses élèves — je voulais dire, ses enfants.

Pour mieux se rendre compte du rôle de l'institutrice, il convient peut-être de l'étudier sous les deuv aspects principaux que rappelle son titre même de jwof esse ur-f Cl lime , et de considérer en elle, en la dédoublant en quelque sorte artificiellement :

i" Le pédagogue, cest-à-dire l'émule et le collègue de rinstituteur :

2" La femme, c est-à-dire l associée de la mère.

De là, pour notre sujet, deux j)artics distinctes :

I" Un chapitre de pédagogie descriptive ;

2" Un autre, de pédagogie psychologique.

\ oyons-la tout de suite à Fceuvre dans son premier rôle, et pénétrons dans sa classe.

L'outillage en est des plus simples :

Le programme ! Il n'y en a point d'ofliciel.

C'est un programme composite, où entrent à doses inégales des éléments empruntés aux écoles maternelles et primaires, avec quelque chose de personnel qu'y ajoute le professeur: en somme, un programme varié, souple, original.

En voici un. œuvre d une dame, qui nous fournira à point un texte à commenter, et qui peut être proposé comme un type de programme bien conçu.

Il porte en titre : Ulnstraction, moyen d'éducalion. a L éducation inorale de lenfant est à la fois l (cuvre de la famille et de l'école.

(( Dans les petites classes, les enfants ont besoin de sentir sous la fermeté l'indulgence et les attentions maternelles.

« Dans une atmosphère de bienveillance, il est plus facile de former le cceur et de diriger la volonté vers le bien.

CLASSES ELEMENTAIRES ET PRIMAIRES y O

<( Toutes Jes braiiclics (rcnsciixucmciit pcuvoiit et doivent coiitiibiier à rédiicalioii morale de 1 en fan l : mais dans des proportions inégales.

« Le Calcul ne peut guère atteindre ce but que par ses applications pratiques :

(( Ex. : Le calcul des jours, des mois, dira le prix du tem])s. — Les partages éveilleront l'idée de justice. — D'aulies questions et problèmes, les idées de travail, d'épargne, etc.

(( Dans les Leçons de choses, ou l'on montre aux enfants les animaux domestiques ou sauvages, les plantes utiles ou dangereuses, les matières brutes ou les objets fabriqués, il faut qu'ils voient : le travail persévérant de l'homme, sa force de volonté, son courage, sa patience, etc..

(( La Géoijnipliie, après avoir montré lliomme si petit sur ce globe, le fait voir puissant par l'énergie de ses efTorts (l'explorateur, le matelot, le pécheur). Les continents témoignent encore du travail de l'homme ( voies ferrées et canaux, tunnels creusés, isthmes percés, etc.) — La géographie fait connaître les autres peuples, les liens d'mtérèt et de sympathie qui les unissent (idées de solidarité, de fraternité).

« Ce n'est que d'une manière indirecte que l'histoire sert à l'éducation morale. Tille n'est pas morale en elle-même : elle enregistre tout, grands dévouements, grandes trahisons. Mais elle fournit des occasions innombrables de former, de rectifier, d'alTermir le sens moral : elle fait connaître et aimer la patrie.

(( La leç(jn iV lù'fihire fournit l'occasion de tixer solidement dans le souvenir des préceptes de morale. Des noms d'hommes illustres synd)()liseront :

a Le courage, civil ou militaire (Mieliel delllopital, Marceau) ;

(( Le dévouement (Lustache de Saint-Pierre, d'Assas, etc.):

76 I.ÉDUCATIOX ArOHALE DANS l'uMVERSITÉ

(( La persévérance (B. Palissy) ;

« L'honneur, la loyauté (Bavard) :

« La charité (saint Vincent de Paul) :

« L'enseignement du français contribue à l'éducation morale surtout par les exercices d élocution :

(( Récits moraux d'après des histoires lues ou des faits vécus ;

(( Incidents journaliers de la classe ou de la famille, bons ou mauvais caractères.

(( Dans les exercices de grammaire et d'orthographe, une partie des exemples et des textes peut être empruntée au domaine moral.

(( Ahiis l'éducation morale trouve son principal aliment dans les leçons de lecture et de récitation : elles donnent lieu à des commentaires judicieux,

a Qui éclairent l'enfant sur ses devoirs ;

(( Qui lui inspirent le goût du bien, l'horreur du mal :

« Qui lui donnent lénergie pour 1 effort difTicile :

((. Qui le rendent à la fois droit el loyal, aimant et bon )) .

Le programme ne néglige pas les connaissances usuelles, mais il ne s'y arrête pas comme à son terme : il vise plus loin.

Extrait d'un autre programme, plus récent, sur l'enseignement anti-alcoolique :

(( La morale enfin, qui dans nos classes se rattache à toutes les jjrauchcs de l'enseignemcnl, nous permettra, sous des formes variées et mullijdes, de fane comprendre à l'enfanl le danger des mauvaises liabitudes, la nécessilé d en acquérir de bonnes, dès sa plus leiidre enfance. puis(|ue ces habitudes sont appelées à jouer un rôle capital dans sa vie future. Nous donnerons ces ncjtions instructives et morales sous la forme la plus familière, el, par suilc. la plus pénétrante: l accent avec lequel nous parlerons de ces choses en

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sera le nieillcur commentaire. C^onvaincre plulol qu'enseigner, telle est. je crois, notre tache: tel doit être notre but... »

\oilà. tracée par des femmes, comme une théorie de l'éducation morale des plus jeunes enfants.

Mais la tiiéorie. a dit M. Boulioux. sort des faits; elle en est lame.

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