L EDUCATIOX :\!ORALE DA>S L UNIVERSITE
Sans doute, on fait faire quelquefois, même en cinquième et en quatrième, des lectures rapides. C est un moyen d'exciter la curiosité des enfants en leur montrant leurs progrès dans la connaissance des langues anciennes : mais par-dessus tout, c'est la lecture attentive, minutieuse des textes qui les occupe.
Cette lecture des textes fournit ù chaque instant 1 occasion d'appeler leur attention sur les devoiis journaliers, usuels. Mais, ce qui est plus important encore, elle se prête avec une très grande facilité à renseignement moral le plus élevé, en permettant de les faire îéflécliir aux idées les plus sérieuses, les plus éleVées. les plus sévères. Si on voulait traiter spécialement de pareils sujets, il faudrait faire une leçon, un sermon : 1 enllint se lasserait vite et se tiendrait sur ses gardes. Tirée du texte même que l'on étudie, la leçon est plus vivante, mieux écoutée.
Les textes des versions renferment presque toujours un récit historique ou une question morale: on les clioisit intéressants, car l'esthétique est un puissant auxiliaire de la morale. A (jici. par exemple, un texte emprunté à Sénèque. \ isitant un de ses domaines, il le trouve fort délahré. Aux plaintes qu'il fait sur le mauvais entretien des hàliments, des arhres, le métayer répond impertuhahlement (pie la maison est vieille, que les arhres sont vieux. Irrité d'ahord par ces réponses qui lui montrent que lui aussi vieillit, le philosophe finit par se calmer et conclut en disant qu'il faut savoii' accueillir et aimer la vieillesse, quelle est pleine de charmes quand on sait en hien user. Si on demande alors à un enfant tpiels peuvent bien être les cluumes de kl vieillesse, il hésite. Sans a^oir recours au dcsc/icclulc. rpi'il ne goûterait guère, le maître n a qu à le faire l'élléchir nn instant en le cjuestionnant méthodiquement, et peu à |)(Mi il trouve (pie ses [)arents (3nt des plaisirs (jno liu-nième n a pas. (pie ces plaisirs leur