‹ L'éducation morale dans l'université (enseignement secondaire): conférences et discussions présidéesChapitre 27 sur 101 · CLASSES DES LETTRES · texte numérisé non relu

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qui aurait plus d'inconvénients que d'avantages, c'est bien plutôt donner au proviseur le temps et les movens de remplir son premier rôle : celui d'un père de famille, non pas d'un père qui prêcherait ou ordonnerait, mais d'un père qui saurait se faire aimer.

M. Malapert. — M, Rocafort vient de modifier en partie l'opinion qu'il avait paru soutenir dans sa conférence. Mais il reste que, pour lui. il y a deuv éducations morales : l'éducation par l'enseignement, que nous dojmons, et l'éducation complète, comparable à celle de la famille, qui implique unité de vues et que nous ne pouvons donner. Sui" celle-ci, il est nécessaire de s'entendre : il faut savoir si on la regarde comme la véritable éducation morale, et si nous devons nous résigner à ne pas y atteindre.

Qu'est-elle au juste, cette éducation :* En quoi vautelle mieux que celle que peut donner l'Université, en continuant l'œuvre qu'elle accomplit dès maintenant, et en s'occupant seulement d'améliorer certains des moyens qu elle a pour l'accomplir?

Pour résoudre cette question, il faut se décider à savoir quel idéal on a en vue. Quand on parle d idéal éducatif, on peut avoir dans lesprit des choses bien flifférentes. Pour nous, l'éducation, c'est l'élévalion de l'enfant: mais quand on parle de cette éducation complète, on songe à pétrir son àme, à imposer à sa conscience une sorte de fabrication extérieure. C'est pour- ([uoi on dit qu'il faut le surveiller, le suivre partout, de façon qu'il trouve partout la même vérité, la même morale, les mêmes mots. Cet idéal, c'est proprement l'idéal de l'éducalion ecclésiastique, où tous les maîtres se répètent, parce qu'ils ont tous la même robe, ([n'ils sont tous les servitems d'une même foi, (pi ils se léfèrent tous à une même autorité, à une même doctrine bien définie.

lOO L ÉDUCATION MORALE DANS L L MVERSITÉ

Si c est là Vautre éducalion, celte éducation tolale h. laquelle nous ne pouvons pas atteindre, il est tout à l'ait honorable pour l'Université de ne pas pouvoir y atteindre.

Notre éducation universitaire s inspire de principes tout différents. Elle vise à former l'individu : et on ne donne cette éducation-là que si on évite de frapper perpéluellcment sur les mêmes clous. Si on soumet constamment l'enfant à la môme action, si on fait peser sur son esprit toujours les mêmes formules, si jamais on ne le livre à lui-même, on arrive à ruiner sa personnalité : et si c'est cela qu'on veut, alors il faut en effet que tous les maîtres soient d'accord, il faut supprimer entre eux toute diversité et commencer par les plier à la même règle commune. Mais si Ion veut au contraire développer la personnalité de l'enfant, il faudra commencer par lui donner chez les maîtres l'exemple d'une personnalité forte. Les diversités, les discussions sont au point de vue universitaire la condition même de l'éducation morale.

11 faut ajouter d'ailleurs que cela n'empêche nullement le maître d'exercer une action directe par l'exemple de ses efforts, de son caractère, de sa bonne volonté. On peut (et c'est ce qui se fait), on peut exercer sur ses élèves une action personnelle, directe, immédiate, sans avoir l)csoin de tout transformer et de tout changer.

Si on arrive à obtenir leur conliance et leurs conhdences, on obtiendra des résultats excellents: on exercera une action, non pas seulement sur leurs la u tes d'écoliers, mais sur leurs défauts d'ordre moral : et ces directions morales individuelles agissent sans oppriineila conscience de l'enfant : elles consistent au contraire à lui faire sentir qu'on le traite connue un homme, qu il sei'a plus tard, ou cpi'd devrait être.

11 y a pour cela mille moyens à emploNcr, dont

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