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reffîcacité est certaine, et dans le détail desquels il n'y a pas ici à entrer. Pour en juger, il suffît de prendre un exemple, entre cent autres : un jeune homme a été au lycée élève moyen dans une classe de philosophie : il a quitté le lycée depuis plusieurs années : il est allé en Angleterre. Son ancien professeur de philosophie reçoit de lui une lettre dans laquelle il lui expose ses doutes, le met au courant d'une crise morale qu'il traverse, lui demande conseil. De pareils laits, qui sont fréquents, montrent ce qu'est, ce que peut èlre léducalion moiale donnée au lycée, et qu'il est inutile de chercher pour la donner d'antres moyens que ceux qui sont à notre disposition, et qu'il est faux de prétendre que nous ne donnons ni ne pouvons donner une très réelle et très forte éducation.
M. HocAFOHT. — M. Malapert vient de me faire un peu le procès de tendance que j'avais voulu éviter en n'introduisant pas dans ma conférence de point théorique. Je ne le suivrai pas. Mais je ne refuse pas de constater qu'à la base de renseignement moral nous ne mettrions peut-être pas, M. Malapert et moi, exactement les mêmes principes, tout au moins avec la même force. Je serais facilement au lycée un spirilualiste dogmatique.
M. Stronvski. — Il faut ajoutci' (piclque chose à ce que vient dédire M. Malapert. 11 ne sulht pas d'élever l'individualité : toute in(h>idualilé n est pas bonne: il faut ajouter à cela l idée du bien, de la vertu. Il est alors excellent de développer en chacun ses facultés intérieures vers le bien.
Mais, pour cela, ne faiil-il pas une éducation ])récise et suivie!' Il faut d abord éludier la conscience de l enfant, pour connaîlre ses défauts pioprcs. qui. à cha(pi(! moment, a iennenl cntiavcr sa personnalité. De plus,
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celte personnalité n'est pas elle-même facile a discerner ; l'enfant est un être imitatif ; et il imite à tort et à travers ; ce qui lui convient et ce qui ne lui convient pas, il a besoin d'être averti et dirige.
On a dit qu'un idéal commun de morale est dangereux : c'est vrai, s'il s'agit d'un idéal religiejix : mais il y a certains principes sur lesquels, tout le monde est d'accord. Il faut les apprendre à l'enfant; et, pour les lui apprendre, il faut les formuler. Cela ne veut pas dire que chacun n'aura pas son individualité. ^ Ainsi, à côté de l'éducation par l'enseignement, par la méthode, par l'enthousiasme, il y a celle que donne le professeur à chaque élève individuellement, en étudiant son àme, et il y a celle qui est faite des idées communes, et qui s'appuie sur une véritable doctrine morale.
M. Malet. — Il est évident que nous devons donner l'éducation par l'exemple ; mais ce qui est inutile, c'est de la formuler. Si on veut la formuler, qui la formulera!' Il est à la fois inutile et dangereux de traduire ces idées communes qui font l'honnête homme dans un catéchisme officiel, qii il faudra apprendre et répéter dans les examens.
M. Rabaud. — On est d'accord que, sans avoir une doctrine officielle universitaire, chacun doit donner 1 éducation morale. On ^ienlde rappeler comment cette éducation doit se donner : principalement par l'exemple, s'il s'aiiit de former l'homme intérieur. Mais cela ne suffit pas en un tcnqjs de démocratie comme le nôtre : il faut former l'homme destiné à vivre dans une démocratie républicaine.
M. Bn.LAz voiidrail lonclier à nn aulrc poinl. et s'occuper un pen de lliomme extérieur. On parle ton-
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jours de l'éducation morale à un point de vue très élevé : là-dessus, nous sommes tous d'accord.
Mais il y a autre chose dans l'éducation. Ce qui nous frappe quand nous parlons d'éducation avec des pères de famille, c'est qu'ils entendent par éducation une éducation des manières, de la tenue, des habitudes, un savoir-vivre, en un mot, dont peut-être nous ne nous soucions pas assez dans 1 Université.
On a parlé d'individualisme. M. Malaperl a parlé, d ailleurs avec exagération, du peviiide ac cadaver des maisons d"à coté. Mais comment expliquer dans ce cas que des familles très catholiques confient leurs enfants ù l'Université, et inversement;' N'exagérons rien, et voyons si nous n'aurions pas quelque chose à apprendre de nos rivaux.
A la vérité, ce que nous demande le public, c est d'apprendre à nos élèves le savoir-vivre, de leur donner Ihabitude de refréner les manifestations trop vives et intempestives de l'individualité. Apprenons-leur à dire sincèrement ce qu ils pensent, mais à le dire courtoisement. Que leur franchise soit de bonne compagnie.
De plus, au point de vue de l'hygiène et de la propreté, nos élèves ne font pas toujours leur devoir : et c'est ce dont on se plaint en réalité : on ne nous reproche pas de ne pas donner l'éducation élevée, idéale des philosophes, mais de mépriser un peu trop les prescriptions 1res terre à terre du code des gens bien élevés.
M. BoLDiiORS. — Cette tenue très correcte de certains enfants, qui plaît aux familles, n'est peut-être (pie le signe de l'inertie inlellectuelle et morale, et ces apparences brutales qu on reproche à nos élèves ne sont peut-être aussi que l'excès passager de la vigueur d'esprit et de racli\ilé inlérieure. Des cnfanis f|ui sont vraimenl Mvaiits ont des ()j)iiiioiis d Nculenl en iivoir: il xaudrait mieux assurément qu ils eussent en plus le
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sens de la mesure ; mais il est explicable qu'ils ne le possèdent pas d'abord.
Quant a la bonne tenue extérieure, elle est souvent le signe d'une attention dirigée ailleurs qu'à l'activité de la pensée. Si les familles désirent surtout cette éducation extérieure, ce n'est peut-être pas à nous de les suivre sur ce terrain. Nous devons maintenir que ces qualitéslà ne sont que des qualités de détail.
Il est d'ailleurs souvent difficile et débeat pour nous d'intervenir dans ces questions.
M. LE Président. — H y ^ cependant quelque cliose à faire. Nous savons tous l'impression qu'éprouve un enfant qui sort de sa famille et qui entre au lycée comme interne. C'est une impression d'abandon qui s'exagère parla sensibilité de l'enfant. Ce qui lui manque, c est le soutien, le réconfort qu'il trouve dans sa famille : il peut l'avoir au lycée, grâce au proviseur, qui est renseigné sur lui, qui connaît sa famille, qui peut agir sur lui, et lui montre qu'il n'est pas abandonné.
C'est là qu'est le mal à combattre, et c'est ainsi qu'on peut entendre l'éducation familiale au lycée : il ne s'agit pas de catécbisme à enseigner ; et, d'autre part, les progrès de la tenue, de l'bygiène, dépendent surtout des progrès de l'éducation publique.
Le grand point, c'est de développer et de maintenir la bonne volonté de l'enfant ; pour cela, il faut compter sur l'action des maîtres par l'exemple, par l'enseignement, puis sur l'action directe et plus délicate du proviseur, plus que sur celle des répétiteurs, qui sont trop jeunes en général, et qui n'ont pas aux yeux de l'enfanl le prestige nécessaire pour exercer cette forte action .
M. BoiTEL. — Il faut à l'éducateur l'unité de la famille ; c est le proviseur qui peut ici servir de trait d union ;
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pour atteindre ce but, il serait bon que le proviseur pût réunir les Aimillcs. et leur expliquer la rèirlc de la maison .
M. TnoMAS. — Sur les principes de la morale, on est d accord : uiais il y a une entente nécessane sur les moyens de diriger les enfants, de les améliorer, de les encourager. Cette entente n'existe pas; une enquête faite il y a quelques années par M. Marion l'a conduit à cette conclusion. Certains professeurs vivent plusieurs années à cote de leur proviseur, sans se concerter avec lui, sans s informer auprès de lui ou le renseigner.
C est de ce coté qu'il faut foire quelqLie cbosc. On a dit que nos élèves restent attachés à leur j)rofesseur. Mais s'attachent-ils de même à la maison ? Xon, et cela est regrettable. Il y a beaucoup de bonnes volontés, mais il manque une autorité qui sache les utiliser. Il y a de ce côté des réformes à faire.
M. IVvBvuD. — Le proviseur doit servir d intermédiaire entre les professeurs et les familles : souvent, au contraire, il met obstacle à ces rapports.
De plus, il faut utiliser les professeurs et les répétiteurs, et non pas seulement le proviseur, qui est très redoutable aux yeux des élèves, et auquel ils n'osent ])as s adresser. Le répéliteur est jeune, dit-on. mais c est là un avantage, et il est ])ar là jihis près del élève, qui s adresse à lui en toute confiance. De plus, le congrès des répétiteurs a prouvé (|ue la plupart des répétiteurs sont tout prêts à prendre en main cette làcbe.
Il existe bien des moyens d entrer en relation avec les élèves hors de la classe. Les maisons non universitaires n ont pas le jirivilègc de laclion continuée après la classe, au sortir du lycée, sur les anciens élèves, et il ne serait pas inutile (h* les imiter sur ce point.
Séance du "28 lévrier 1901.
l'éducation morale par les classes