‹ L'éducation morale dans l'université (enseignement secondaire): conférences et discussions présidéesChapitre 36 sur 101 · CLASSES DE PHILOSOPHIE · texte numérisé non relu

CLASSES DE PHILOSOPHIE

a montré le rôle important au point de vue moral de renseignement de la psychologie et de la métaphysique, ainsi que de 1 histoire de la philosophie.

M. Belot. — La formule de M. Malapert est bonne. Il ne faut ni trop prescrire ni trop proscrire. 11 y a d'ailleurs intérêt à ne pas trop préciser. Le programme actuel est trop impératif, trop détaillé sur certains points. De là, pour le professeur, une gêne ; il peut se sentir obligé à développer certains points comme les autres, parce que le programme leur donne autant de place ; et ainsi, dans son cours, il n'apporte pas sa personnalité, qui est la condition de son action. Chacun, sintéressant davantage à certaines questions, peut y intéresser les élèves, et doit pouvoir en faire la partie principale de son enseignement. 11 faut donc que les programmes soient souples.

M. Malapert a défendu l'enseignement de la métaphysique ; il est bon d'insister sur ce point. S'il y a une partie de renseignement philosophique qui soit attaquée, et qui au dehors paraisse attaquable, c'est la méta- [)hysique. On en a certainement abusé, et M. Malapert a bien montré (pi'il fallait combattre la tendance à jouer avec des abstractions, à remplacer un développement sérieux par une construction simplement habile et brillante. Mais la métaphysique doit être, et elle est presque loujouis autre chose que cela ; et, bien comprise, elle doit être maintenue. Klle n'est pas faite de choses rares, peu intelligibles ou même lout à fail vides ; elle est faite au contraire des idées qui sont de toutes les plus siiuples : el elle est dans ce cpi'il y a de plus usuel. C'est ainsi (pi'il faut la comprendre et l'enseigner, en moiilriint qu elle est ce qu'on trouve en toutes choses, et qu'elle touche à ce qu'il y a de plus réel. Alors elle sera inattaquable ; c'est un exercice de la réilexion sur des réalités physiques ou morales.

L EDUCATION ^fOU.VI.E DANS L l NH I-IÎSITI;

M. LK Président eslimc que Tétude hisloriquc de la métapliysi([ue est utile pour un esprit déjà développé. Mais lensciguement dogmatique de la métaphysique a bien des inconvénients : un système risque de nétre pour le professeur qu'une construction, belle peut-élrre, mais hypothétique, et les élèves, qui ont l'esprit fin. s'aperçoivent vite que le professeur aihrmc, sur certains points, au delà de ce qu'il croit et de ce qu'il sait.

IS'y aurait-il donc pas avantage à ce que cet enseignement fût donné historiquement, de façon à faire connaître les tentatives des grands esprits de toutes les époques pour résoudre des questions, peut-être insolubles d'ailleurs, mais que la pensée de l'homme ne saurait écarter complètement ? Cet historique serait de nature à éveiller et à diriger les jeunes esprits.

M. Malapert comprend à peu près ainsi l'enseignement de la métaphysique. Il n'est pas bon de présenter aux élèves un système de métaphysique. 11 s'agit, soit historiquement, soit a propos de chaque question qui se pose, de les mettre en présence des idées, des systèmes, sans se livrer à ces reconstructions factices qui consistent à mettre d'accord toutes les idées dans toutes les lins de chapitres. En un mot, il ne faudrait pas que la métaphysique fut enseignée dans nos classes par des métaphysiciens. Un métaphysicien, parce qu'il a un système, est obligé de négliger une grande partie des faits ; c'est un exercice qui peut être profitable à faire pour soi, mais qui n'est pas utile à faire devant les élèves. Pour ma part, je mets mes élèves au courant de mes scrupules métaphysiques ; je ne suispas un dogmatique.

Il s'agit là d'une question de méthode plus ([ue d'une question de programme. L'essentiel, ce sont les moyens qu'on emploie pour donner l'éducation intellectuelle : la fin est toujours à peu près la même. La méthode de

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