‹ L'éducation morale dans l'université (enseignement secondaire): conférences et discussions présidéesChapitre 38 sur 101 · IO L EDUCATION MORALE DANS L UNIVERSITE · texte numérisé non relu

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avec M. Belot sur la méthode qui vient d être définie et sur le rôle de l'esprit critique.

M. Malapert. — La méthode dans renseignement de la métaphysique est à la fois critique et historique : elle n'est pas purement historique, parce qu'elle n est pas une histoire des systèmes, mais une application, aux difTérentes questions qui se présentent, de vues empruntées aux dilTérents systèmes.

M. Rogaiort. — Le professeur de philosophie se réservant le droit d'indiquer ses préférences, il s'agit donc d'un demi-dogmatisme, d'un dogmatisme tendancieux. Moi. je veux bien, à la condition que je sache de quelle doctrine il s'agit.

M. Malapert. — L'essentiel est d éveiller chez l'élève, par quelque procédé que ce soit, la méditation critique.

M. LE Président. — Ce qui importe surtout, c'est que le professeur ne paraisse pas plus convaincu qu'il ne lest réellement. Le procédé indiqué par .MM. Helot et Malapert me donne pleine satisfaction : il inonlre à la fois la dilTiculté et 1 intérêt des questions, les principaux efforts qu on a fails pour arriver à une solution : il montre la grandeur de ces efforts et celle des esprits (pii les ont faits, sans dissimuler les limites de ces esprits.

Il reste à revenir sur la première conclusion de M. Malapert. cpii a demandé que l'enseignemenl moral restât discret dans la classe de philosophie comme dans les aulres classes. Pour moi. je suis d avis tpi'en effet cet enseignement ne doit pas ici non plus se faire dogmatiquemciil. cl (K'venir une prédiciilioii. dont les élèves seraient les premiers à sourire. Mais il faudrail peut-être ajouter que, lorsque linlcrx cnlion du professeur a lieu, elle doit toujours avoir un caractère

CLASSES DE PHILOSOPHIE 2 I j

inoial : il fluit toujours faire appel à la conscience de 1 enfant, et non pas se horner à une répression ou à des

menaces,

M. P.ELOT. — Il faut dire aussi que beaucoup délèves ne se livrent pas volontiers, et qu'il y a un ait de provoquer leurs confidences en dehors de toute intervention indiscièle.

M. Malapeut. — On provoque ces confidences en leur inspirant confiance.

Séance dvi ai mars 190 1.

V A-T-IL LIEU DE FAIRE DES CONFÉRENCES SPECIALES DE MORALE, EN DEHORS DES CLASSES?

Exposé fait par

M. G. Belot

Professonr de Philosophie au Ivcée Louis-le-Granrl.

\ I un des derniers congrès de proresscurs. comme on discutait sur le rôle et la forme de l'éducation morale dans les lycées, la question s'est posée de savoir s'il convenait d'instituer des conférences spéciales de morale en dehors des classes. Lorsque fut décidée l'enquête à laquelle on s'est livré ici, on s'est souvenu de celte question et, en raison de la position que j avais prise à ce sujet au congrès, on voulut bien me désigner pour l'étudier à l'Ecole de Morale.

.le commencerai donc par rappeler qu au sein du congrès, la proposition d'instituer de semblables conférences paraissait rencontrer principalement deux catégories d'adversaires et, comme ce sont sans doute les mêmes objections qui ont chance de s'élever ici, je crois utile de les classer dès l'abord.

Vutant donc qu'il me fut possible de m'en rendre compte au milieu d'une discussion assez vive, mais assez confuse sur une question qui n'avait pas été préalablement étudiée, les oppositions ou du moins les hésitations venaient de deux côtés :

i^ Beaucoup croyaient d'abord que l'enseignement moral n avait lien à gagner à être explicite et exprès:

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