L EDUCATION MORALF DA>S L UNIVERSITE
qu'il était d'une efficacité plus sure s'il s'exerçait discrètement, s'il résultait directement des études mêmes, s'il pénétrait ainsi peu à peu les esprits, presque sans qu'ils s'en doutent, de manière à ctre a raiment assimilé et à passer pour ainsi dire dans la substance morale, dans le caractère même de l'élève. Je me souviens du vif et très légitime succès qu'obtint M. Clairin en nous exposant avec autant de cbaleur (pie de finesse ce que tout professeur, sans sortir de son enseignement, sans s'ériger en moraliste, pouvait faire pour le bien moral des élèves de tout âge. Nous aurons donc à examiner la place et la valeur respective de l'enseignement moral suivant qu il est explicite ou implicite et diffus.
9° Beaucoup, tout en acceptant dans une certaine mesure l'idée de conférences spéciales de morale, semblaient redouter qu elles ne retombassent dans la tbéorie pure, dans la spéculation philosophique et abstraite, et je me rappelle encore les malentendus prolongés auxquels donnèrent lieu les termes de théorique et de pratique.
Mais beaucoup surtout, parmi ceux-ci, se fondant sur une même conception de la subordination de la morale à des principes théoriques, se montraient encore plus nettement hostiles à la proposition parce qu'ils crovaient, dans l'institution de ces conférences, voir inévitablement impliqué une sorte de dogmatisme qu'ils repoussaient avec énergie. Au nom de quels principes enseignera- t-on la morale ? Y aura-t-il donc un dogme universitaire qui présidera à cet enseignement !' Et ils repoussaient l'hypothèse d'un tel dogmatisme comme aussi contraire à la liberté universitaire qu'au respect dû à la conscience des élèves et à la volonté des faïuilles. Ou bien alors, pensaient-ils, cette morale sera dépourvue de principes et alors elle est inutile et inefficace. Ces objections, remarquons-le, seraient des plus graves, si elles portaient: elles sont en outre de celles qui surgissent le plus fréquemment et nous les avons déjà vues