‹ L'éducation morale dans l'université (enseignement secondaire): conférences et discussions présidéesChapitre 40 sur 101 · UTILITE DES CONFERENCES EN DEHOHS DES CLASSES · texte numérisé non relu

UTILITE DES CONFERENCES EN DEHOHS DES CLASSES

se pioduirc ici, enfin elles émanent des scinpnles les plus honorables, les plus conformes au libéralisme universilaire, et mérilent par conséquent la plus giande attention. Mais elles se fondent, remarquons-le, dès labord, sur une conception peut-être arbitraire ou exclusive de ce qu'on peut appeler les principes dune morale, d'une idée discutable des rapports de la théorie à la pratique, en morale.

Peut-être une partie au moins de ces difficultés viennent-elles de ce qu on se fait une idée confuse ou inexacte de ce que peuvent être des conférences de ce genre. Avant de répondre à des objections dont la portée dépend précisément du caractère qu'on prétendrait leur donner, essayons donc de nous rendre compte des ddféreutes manières dont elles pourraient être conçues. Alors seulement nous pourrons distmguer ce qui. en pareille matière, serait inutile ou même fâcheux, possible ou même désirable.

il me semble que si, en dehors de l'enseignement régidier, on croit devoir convier les professeurs à faire et les élèves à entendre des conférences moiales, elles pourraient revêtir trois caractères principaux qui, dans la pratique, seraient assurément plus ou moins combi- U(''s, mais qu il con\ ient de bien distinguer ici pom' s entendre.

i" Ou bien elles seraient, comme disent les théologiens. s\\\\^\q\\\qi\\ parcncUqucH . c'est-à-dire constituées par ime exhortation à la prati([uedes différentes vertus, à l'accomplissement des divers devoirs. Ce serait le sentiment moral qu'il s'agirait surtout alors de cultiver ; on s'adresserait directement à la conscience, en supposant l nilcllii'ence sulTisaunnent éclairée d ailleiu's.

:>," Ou bien au contraire ces conférences seraient essenliellement lhéori(pies ou mieux cncove spcculdlirrs, et porteraient essentiellement sur les fondements philosophiques, sur les principes les plus généraux de la

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morale en général, sur le bien, sur la destinée do l'homme, sur les rapports de Ihommc et de la vie humaine avec l'univers ou avec Dieu, etc. Ici encore, on supposerait dans une large mesure les devoirs connus el acceptés ; et il s'agirait, non d'en préciser le contenu, mais d'en chercher le fondement. Ici, ce nest pkis le sentiment moral qu il s'agirait de rendre plus intense, mais la certitude des vérités morales quon espérerait, à tort ou à raison, consolider en l'appuyant sur une doctrine. Ce n'est plus directement à la conscience, c'est à la raison qu'on s'adresserait.

3" Il semble que ce soient sur tout ces deux types d enseignement moral distinct qu'aient envisagé la plupart de ceux qui en ont contesté l'opportunité : et à cet égard je me rangerais très certainement à leur opinion. Mais il en existe un troisième, d'un caractère tout dillérent. et qui ne me semble pas prêter aux mêmes objections. Faute d'un terme meilleur, je les désignerais sous le nom de conférences de pratique positive. Et il n est pas étonnant qu'un terme plus parfaitement clair et exact me fasse défaut s'il est vrai que l'idée à traduire ici corresponde précisément à la lacune la plus certaine qu'on puisse signaler dans 1 éducation morale commune, telle qu'elle est conçue et pratiquée au nom de la tradition. Je vise sous cette expression un enseignement qui différerait du premier en ce qu'il ne s'adresserait pas tant au sentiment qu'à l'esprit, et viserait plus à faire connaître et à définir des devoirs mal connus qu'a exalter les vertus admises, à éclairer la conscience qu'à la réchauffer; et qui ne différerait pas moins du second, en ce que laissant de côté les fondements lointains, profonds et discutables de la moralité en général, il tendrait à rattacher les devoirs, d'une part, à leurs motifs les plus directs, les plus positifs et les plus concrets, à leurs conséquences pratiques, souvent mal aperçues, mais sur lesquelles l'entente se fait aisément dès qu'elles sont

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