LES RÉCOMPENSES MATÉRIELLES
lire sacrée, qu'on ménage et qu'on dépense pour lui , comme on croit devoir le faire. Quel bien peut-il en revenir à l'enfant, à la fois riche et pauvre de par la volonté d'autrui ? Quant aux récompenses intéressant particulièrement le goût, le plaisir de jouer et de courir, elles peuvent être la sanction accidentelle et la récompense inattendue, et comme par surcroît, du travail et de la bonne conduite. M""® Guizot parle très sagement à leur occasion. Tout en répudiant très énergiquement la morale de l'intérêt, elle croit possible d'associer l'idée de sagesse à celle de bonheur. Si l'enfant agit en vue d'un plaisir désiré ou d'une récompense promise, il faudra, le lendemain, Tappât d^un plaisir nouveau pour Texciter à bien faire. Mais la satisfaction des parents peut se manifester quelquefois par une complaisance. Le bonheur que l'enfant en éprouve est pur de tout calcul et de toute combinaison intéressée.
VIII. Une idée très belle et très féconde, sur laquelle cette grande éducatrice appuie comme il convient, c'est que, dans le plaisir comme dans la tristesse, dans la récompense comme dans la punition, « en nous unissant aux sentiments de nos enfants, nous les associons à notre raison (1) ». On ne perdra, en effet, jamais son temps en cherchant à fortifier la solidarité domestique. Que le contentement des parents à l'égard d'un enfant se manifeste d'une manière imprévue pour tous les autres, rien de mieux ; mais il en devrait être de même pour les privations de plaisir auxquelles les parents sont condamnés par la faute d'un seul. Ainsi, telle partie de plaisir était pro-
(1) Ouvr. cit., t. I, p. 58.
jetée, ou seulemeat espérée ; mais la makocontreuse faute ne permet plus aux parents de goûter cette joie en Tabsence du coupable. Peines et plaisirs, tout est commun dans cette société d'esprits et de cosurs qui s^appelle une famille. C'est ainsi que « la famille est, par excellence, Técole où Ton apprend à accepter de bcmne grâce une discipline (1) ».
(l) H. Mariera, la Solidarité morale, p. 251.