‹ L'éducation morale dès le berceauChapitre 35 sur 87 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

I>a Menveillance activé ou bienfaisance.

I. — La bienveillance engendre la bienfaisance, dont Texpression la plus importante sur l'enfant est celle des dons ou concession» et des services rendus. — II. Les enfants donnent plus volontiers à leurs mères, parce qu'ils oat l'habitude d'en recevoir davantage^ — m. Nous devons modérer notre libéralité de tendresse, pour qu'ils ne la croient pas obligatoire à leur égard.— IV. Le plaisir de rœevob une chose attendue amène à comprendre ce plaisir chez les autres.. — V. Caractères donnants et pas donnants. — De la bienveillance qui a pour but le plaisir d'autrui, avec un petit effort pénible à faire : il faut donner à l'enfant l'occasion de nons rendre des services. — VL L'araour-propre et la sympathie doivent agir de concert. — VII. On peut très mal donner des leçons de bienfaisance. Exemple d'une leçon bien donnée.

L La sympathie tait nôtres les souffrances et les peines de nos semblables et des animaux. ; à cette faculté sociale par excellence se rattache le besoin de faire plaisir ou d'éviter des peines aux aizires^ la brenTeillance, qtaà deTient bienfaisance, quand elle se traduit par des gesles^ des paroles, des actions^ téiBoignagnes d^affectioi», serrices rendus, dcuis o» concessions.

La bienveUIaflce qui se traduit par des doafl- et' des coneessîoos est la plus importante. Le planrir de ^knmer^ de rendre serviee, n'est pas nn pFaisir aiuwr niqrfc q«e ccki de receiroir et d'être aidé. Il promnt

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tout à la fois de l'expression contagieuse de joie que le bienfaiteur lit sur le visage de son obligé, de la conscience qu'il est cause de cette joie, quelquefois de la vague idée que le service lui sera payé de retour. Quand le service a pour objet un être faible, il procure aussi cette douce Jouissance qui naît de la pitié. Ce dernier sentiment peut se retrouver jusque dans la bienfaisance de l'enfant ; il croit rendre un grand service quand il donne quelque chose, et il croit que la privation de cette chose rendrait bien malheureux son obligé. Il juge les autres d'après lui.

II. La plupart des jeunes enfants donnent volontiers à leur mère, plus difficilement à leur père et à leurs frères, la friandise ou Tobjet dont ils ne sont pas rassasiés. La mère est comme une partie d'eux-mêmes, qui reçoit d'une main, pour rendre de l'autre : lui donner, c'est prêter en quelque sorte à usure.

III. Si les entants tout jeunes donnent plus volontiers aux personnes préférées, et en particulier à leurs mères, c'est surtout parce qu'elles ont elles-mêmes l'habitude de leur donner toujours avec empressement. Il sera bon de modérer même envers un enfant de trois ans, cette libéralité de tendresse. Assez souvent, on pourra lui faire attendre ce qu'il désire, en ne se dérangeant pas de son travail, en lui disant d'attendre qu'on ait le temps de le satisfaire, en lui faisant remarquer qu'on pourrait ne pas donner, mais qu'il a été bien sage, qu'il a demandé comme il faut, et sans trop insister ; on peut même lui refuser, sans caprice apparent, une satisfaction très légitime, pour augmenter à ses yeux le prix du bienfait accordé. Ainsi, quand il s'agira d'un désir ou d'un besoin à satisfaire chez autrui, sa propre expérience, son expérience

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