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LA BIENVEILLANCE ACTIVE

quelque chose à une personne d'un extérieur agréable, d'un visage aimable et souriant ? Je ne le suppose pas. C'était donc là une mise en scène hors de propos, un moyen allant contre le but, une impression qui ne devait laisser qu'un souvenir pénible et sans efficacité morale. Une mère qui voudra donner l'exemple de la bienfaisance à un jeune enfant, devra recourir à d'autres pratiques : elle pourra, par exemple, faire la charité devant l'enfant, non pas avec des sous, dont l'enfant ne comprend pas le véritable usage, mais avec des vêtements, des aliments, des remèdes, des objets de première nécessité, d'une utilité notoire, et surtout accompagner ses dons de bonnes paroles : l'enfant les comprendra, il s'intéressera à ces actions, il perdra l'habitude de s'effrayer à la vue des pauvres gens ; il les observera, les questionnera sur leur compte, et se façonnera peu à peu à la vertu de bienfaisance.

Combien mieux avisée une autre mère qui, ayant plaint un ramoneur devant sa fille âgée de deux ans et demi, parce qu'il était pauvre, s'entendit faire cette question : « Pourquoi lu as dit qu'il est pauvre, le petit ramoneur?» Elle répondit : «Parce qu'il travaille tous les jours, qu'il prend beaucoup de peine, et qu'il n'a pas, comme toi et ton frère, une bonne mère pour lui donner de quoi manger, pour l'habiller, le promener, le caresser et s'amuser avec lui ». — « Alors, quand on est pauvre, on est bien malheureux! — Ohl oui, bien malheureux! — Maman, je voudrais lui donner une tartine, et un joli pantalon, veux-lu, maman? Il ne sera plus pauvre ». De semblables leçons, faites à propos et avec discrétion, doivent préparer à l'enfant un riche fonds de sympathie active.

Avant de pouvoir comprendre l'affection qu'il doit B. PÉREz. — L'Éducation morale. 18

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à son groupe social en échange des bienfaits qa'il en reçoit, Tenfant doit être préparé à. ce sentiment supérieur par les affections, les exemples et les entretiens de la famille. Voulez-vous qu'il soit disposé à servir ses semblables en toute occasion ? Habituez-le à être tel avec ses frères. «L'amour fraternel a dit M.AngiuIIi, est la première force de l'amour du prochain, et c'est pourquoi la famille a été Téducatrice de l'humanité ». Voulez-vous qu'il ait déjà le pressentiment et le préjugé du noble amour de la patrie ? Qu'il vous Toie l'aimer, et vous Tentende dire avec sincérité, avec transport. « Comme institutrice^ a dit Mme Tarissan-Pérez, ma sœur, je peux l'affirmer n'avoif trouvé de patriotisme que chez les enfants dont les familles étaient animées de l'amour de la patrie. A ce point de vue, suivant moi, c'est la famille qui est la meilleure école (1) ».

(1) Congrès de VAss, pour Vavanc. des sciences^ Grenoble,

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