LES DIVERS MODES D' EN S EI GN E M EN T
feste par le nombre de professcurs qui y enseiirnent et par celui cles eleves qui en suivent les cours, et le rapport do ces nombres avec le chiffre de la population, ce qui denonce le degre de civilisation musicale de cliaque pays; ce sont bien d'autres choses qu'on devine, et qu'il serait aussi long qu'inutile d'enumerer par le detail : il y a certainement une distinction a faire entre celles de ces ecoles qui se bornent strictement a instruire leurs disciples des choses de pure technique musicale, et celles qui, envisageant de plus haut I'education de I'artiste, introduisent dans leurs programmes des cours d'Histoire de la niusique, de Litterature, d'Esthetique generale, de Prosodie ou Metrique, d'Acoustique, ou de langues etrangeres (I'intelligence d'une ou de plusieurs langues etrangeres, independamment de leur vitilite pour les chanteurs, et de la commodite qui en resulte pour tout artiste appele a voyager, est Tun des plus puissants elements d'instruction litterairc et esthetique) ; dans d'autres, on verra un pluS grand souci des cxercices qui developpent la force ou la grace du corps, tels que la Danse, la Choregraphie, 1 Escrime, meme la Gvmnastique et la Callisthenie (ensemble de mouvements appropries a I'education physique des jeunes filles). Cela montre qu'il V a la une preoccupation speciale de former des artistes de theatre, pour lesquels des notions de Maintien et de Plastique sont loin d'etre negligeables; les connaissances d'Histoire, de Mytholologie, de Psychoiogie, sont indispensables au compositeur, a I'acteur aussi, et s'ils ne les acquierent
pas a Icur Conservatoire, il iaiidra qu'ils aillent les apprenclre an dehors, ou a leurs depens. Done rien de tout cela n'est indifferent, tant s en faut : la Paleographie elle-meme (etude des anciennes ecritures), dont nous n'avons trouve qu'une seule chaire, a Rome, peut permettre a ses inities le dechiffrage des vielUes notations musicales tombees en desuetude,... et conduire a des trouvailles archeologiques... Ce qu'il laut plutot regretter, c'est que ces cours extra-niusicaux, etpourtant si propres, comme nous I'avons precedemment etabli, a favoriser le developpement du sens artistique par I'elevation generale de I'esprit, ne soient pas plus universellement repandus, rendus obligatoires pour tons, et piofesses avec continuite ; dans beaucoup d'ecoles, il laut bien le constater, s'ils figurent dans le programme, ils n'ont lieu que d'une facon intermittente; parlois meme ils sont supprimes, pour des raisons budgetaires, et cela pendant des annees consecutives, au grand prejudice des etudiants serieux. II n'y en a pas moins une intention manilestee, dont il laut tenir compte.
11 est permis de trouver superflus ou puerils, au contraire, certains cours de Petite fliite, de Timbales, d'Harmonium, etc., instruments qui ne necessitent vraiment aucun enseignement special et n'elevent en rien le niveau de I'ecole, ou, a un tout autre point de vue, ceux de Geographie, d'Arithmetique, de Calligraphic, comme s'ecartant peut-etre un pen trop du but principal; mais, avant de les condamner ou de les tourner en ridicule, il faudrait encore con-