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LES DIVERS MODES D E N S E IGN EM EN T

naitre exacteinent le milieu social de chaque pays et le defifre moven de culture intellectuelle des inipetrants; chaque chose trouverait alors, sans doute, dans la plupart des cas, sa raison d'etre et son explication normale. Mais ce qui devrait etre de reg'le partout, comme nous le voyons nettement lormule a Leipzig, a Manchester, a Lisbonne et autres lieux, impliciteinent ailleurs et comme sous-entendu, c'est I'obligation pour tout eleve de chant de suivre des cours de piano, et de devenir, ipso facto, un muslcien. On pent apprendre beaucoup d'autres choses encore, souvent imprevues, en feuilletant ces notes, que j'aurais aime a f'aire plus completes, si j'avais eti la certitude que chacun en saisirait bien tout I'interet, et si je n'avais craint qu'a plusieurs elles ne parussent lastidieuses.

Bien evidemment, il y a de fortes nuances a eta- Ijlir entre tous ces divers etablissements crees pour lenseignement de la musique et sa vulgarisation dans les masses populaires, et nous allons y venir. Mais il est un point qui leur est commun a tous et qui merite de fixer Tattention de ceux qui recherchent dans ce livre un ensemble de conseils pratiques : c'est que, dans leur sphere d'action, ils out du attirer !i eux les sommites de lenseignement, les professeurs les plus surs et les mieux accredites parmi ceux habitant la region; c'etait leur devoir vis-a-vis de la population, et leur interet en taut qu'i'tablissemeuts scolaires. De plus, par la quantite d'eleves qui leur passent entre les mains, par les occasions nombreu-

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ses qu'ils ont, dans les concours, examens ou autres exercices, de controler leur marche et d'etudier leur temperament, les prolesseurs appartenant a un Conservatoire sont mieux a meme que tous les autres d'accroitre leur experience et de verifier la surete de leurs precedes. On pent done admettre a priori, et sauf verification, que c'est parmi eux qu'on aura le plus de chances, sans sortir du rayon d'une localite donnee, de trouver sur place les p^uides les plus surs et les plus dignes de loi, soit que Ton suive leurs cours au Conservatoire meme, soit que, pour des considerations quelconques de convenance personnelle ou soclale, dans lesquelles nous n'avons pas a intervenir, on prefere leur demander des conseils partlcullers. Leur situation officielle les designe a la confiance. Pourtant il ne faut pas, tant s'en faut, prendre celapourune regie absolue, et bien souvent, surtout pour I'etude speclale d'une branche consideree en partlculier, on trouve dans I'enseignement libre des maitres pourvus d'une valeur tout a fait superleure.

Mais lorsqu'il s'agit d'un ensemble d'etudes qu'on entend pousser a fond, une tres bonne combinaison, la plus sure a la fois et la plus confortable a mon sens, consiste a suivre les cours du Conservatoire et a les prendre comme ligne generale de conduite, sans se priver pour cela de I'alde d'un professeiir partlculier falsant fonction de repetiteur, acccptant ce role secondaire et s'y limitant consclencieusement. Dans tous les Conservatoires de premier ordre, il n'est pas un professeur qui repousse cette combi-

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naison; beaucoup meme seront les premiers a la conseiller, a la condition judicieuse que le repeliteur soit connu et agree pareux. Parfois, rarement pourtant, les reglements ont la jalousie on la coquetterie de s'y oppci^^er, et stipulent que I'eleve, sous peine de radiation, ne doit prendre aucune lecon en dehors de Tecole : il faut savoir les tourner, on y arrive toujours.

En general, les classes d'enseignement purement musical ont lieu deux ou trois fois par semaine, et durent deux heures; c'est la duree adoptee a peu pres universellement ; de plus, les horaires sont combines de telle facon que chaque eleve puisse participer simultanement, et sans fatigue, aux diverses classes qui lui peuvent etre utiles.

Les cours annexes, ceux qui ont pour but I'instruction morale et intellectuelle de I'artiste, Histoire

de la musique, du theatre, Esthetique, Litterature

se presentent plutot sous forme de conferences et ont lieu a des intervalles plus espaces, tous les huit ou quinze jours, tous les mois meme; souvent on y admet des auditeurs, sans que pour cela ils appartiennent a I'ecole. On ne saurait trop recommander leur frequentation, quand ils sont bien faits, a tous les amateurs curieux des choses de I'art; il en est de meme de ceux qui sont professes dans nombre d'Universites, notamment en Allemagne et en Angleterre, comma aussi a Paris an College de France ct a la Sorbonne.

Tres souvent on pose des questions comme eel-

les-cl : Tous ces Conservatoires sont-ils utiles? — La liberte de Tart n'est-elle pas amoindrie par les exiofences de renseionement officiel? — L'artiste ne perd-il pas qiielque chose de sa spoiitaneite a etre ainsi enregimente et soumis a une sorte de dressage musical?

Je tacherai d'y repondre collectivement.

D'abord, je ferai remarquer qu'oii pourrait exprimer les menies craintes au sujet de toutes les Ecoles d'Etat oil sont enseignes les Beaux-Arts, la peinture, la sculpture et Tarchitecture, dont I'utilite me semble demontree par le fait meme de leur expansion dans tous les pays du globe sans exception, et je me demande pourquoi la musique seule serait soumise a d'autres lois. Si les Conservatoires ne correspondaient pas a un besoin reel, on ne les verrait pas so multiplier comme ils le font; on n'en verrait pas chaque jour se creer de nouveaux; si les resultats qu ils prodiiisent etaient negatifs, on en verrait mourir, il y en aurait au moins quelques-uns qui disparaitraient : or, on n'a jamais entendu dire qu'aucun deux ait iernie ses portes : ils naissent, s'accroisscnt , se lusionnent parlois avcc d'autres ecoles similaires, qui s'etaient d'abord erigees en rivales et qu'ils finissent toujours par englober, mais aucun n'accuse de declin, ne periclite ni ne perit. Telle est leur histoire jusqu'a ce jour.

Seraient-ils done institues uniquement pour ("aire la fortune des directeurs ou des professeurs? En ce cas, ils failliraient bien a leur tache, car partout, sauf pourtant en Angleterre, oil ils sont royalement

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