A. Lavignac, le Voyage artislique a Baijrculh
nees, I'atmosphere qu'il respire et le deoi'e de musicalite de ceux qui I'entourent perpetuellement. An risque de paraitre paradoxal, je ne crains pas d'alfirmer qu'une nourrice qui a la voix lausse peut Inl fausser I'orcille pour toujours; et ce que j'avance la n'est pas tcUement extraordiuaire si I'ou veut bien remarquerque I'enfant prend et conserve parfois toute sa vie, niais toujours tres longtemps, raccent caracteristique du pays oil est il nc ou des personnes par Icsquelles il a ete eleve; et si, au bout de longues auiiees, il arrive a le perdre, il lui restera toujours une propension a le reprendre au aioiudrc sejoui' dans son pavs natal.
« Les Romains nous out appris, par rapphcation « qu'ils donnaient a I'etude de leur langue, ce que « nous devrions faire pour nous instruire de la notre. « Chez eux, les enlants, des le.berceau, etaient force mes il la puretc du langage. Ce soin ctait regarde (( comnie le premier et le plus essentiel, apres celui « des niffiurs. 11 etait particulierement recomniande (( aux meres memes, aux nourrices, aux domesti- « ques. On les avertissait de veiller, autant quil « (ilait possible, a ce qu'il ne leur echappat jamais « d'expiession ou de prononcialion vicieuse en pre- « sence des en (ants, de peur que ces premieres im- « pressions ne devinssent en eux une seconde nature, K qu'il serait presque impossible de changer dans « la suite*. »
Quoi done d'etonnant a ce que le meme pheno-