‹ L'éducation musicaleChapitre 73 sur 114 · OU DEN TIRER PARTI · texte numérisé non relu

OU DEN TIRER PARTI

Jusqu'ici nous n'avons eu a envisager que la direction en ligne droite d'une education musicale normalenient entreprise et poursuivie en vue d'un but precis et nettement defini; nous avons bien prevu et :\dmis, a cote de cette direction rationnelle, des irregularites causees par les circonstances, par des modifications a pen pres inevitables dans les gouts et les aptitudes, mais ne causant, en somnie, que des deviations de faible importance, pen prejudiciables a I'ensemble des etudes, y apportant seulement des retards plus ou moins regrettables.

La question qui se pose maintenant est tout a fait autre : il s'agit de savoir quel parti on pent tirer d'une instruction musicale incomplete, parce qu'au debut elle a ete mal comprise et mal dirigee, et comment on la peut rectifier, completer ou ameliorer.

Disons bien de suite que c'est la chose la plus diificile du monde, et qu'il ne iaut pas se leurrej? a

cet egard; jamais d'etudes mal engagees, a moins que ce n'ait ete seulcment que pour un temps fort court, ou ne peut esperer tirer qu'iin parti relativement modeste. Dire ou penser autrement serait la negation de tout ce que nous avons etudie jusqu'ici et qui nous a demontre I'utilite d'un plan logique dans la marche normale des etudes; liormis des exceptions d'une extreme rarete, dont nous parlerons pourtant, il faut toujours considerer que ceux qui ont fait fausse route au depart en doivent subir les facheuses consequences et restent inevitablement en etat d'inferiorite ; qu'une forte somme de travail tardif et precipite n'est pas I'equivalent d'un travail paisiblement fait en son temps; que mettre lesbouchees doubles n'est pas chose favorable a la digestion; que « le temps perdu ne se rattrape jamais », que

« Rien ne sert de courir, il faut partir a point'. »

Ne nous apesantissons pourtant pas trop sur ces considerations demoralisantes, et mettons-nous en quete des moyens par lesquels on peut porter partiellement remede a ce regrettable etat de choses.

Bien entendu, s'il ne s'agit que d'un jeune enfant qui a et6 mal commence, et si on s'en apercoit au bout de quelques mois, m^me d'un an ou deux, la ehose est bien simple ; il faut simplement considerer ce qui a ete fait comnae nul et non avenu, tacher qu'il I'Dublie, le mettre en mains d'un professeur s^rieux, et recommencer sur de nouvelles bases.

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