‹ L'éducation musicaleChapitre 77 sur 114 · Detail interessant et peu connu · texte numérisé non relu

Detail interessant et peu connu

INSTRUCTION MUSI GALE MAL DIRIGEE 3'i7

« suivre dans ce role delicat qui la lait tour a tour « paraitre ou disparaitre, selon qu'elle est chargee <i d'un dessin interessant ou d'un accompagnenient « secondaire.

(f Quant a Valto ou viole, son role dans le quatuor « est tout de conciliation; accorde a la quinte infe- « rieure du violon, il semble, par la nature meme « de cet accord, place la pour relier I'aigu du vio- <f Ion au grave de la basse. Sa voix douce et expres- « sive parlicipe, tout en gardant son timbre parti- « culier, de la rondeur de Fun et de la legerete de « I'autre ; c'est a lui que Ton confie ces notes dont « la sensibilite plaintive ne pent etre traduite ni par « la voix dominante du violon ni par la lerniete <( puissante de la basse; il semble etre au quatuor *< ce que le basson est a I'Drchestre. Que d'exem- « pies a citer ou cet instrument semble avoir inspire (f la phrase qu'il est charge de rendre !

« Vient enfin le i>ioloncelle, qui se presente sous <( le double aspect de basse grave d'accompagne- « ment, ainsi que I'emploie Haydn dans un grand (( nombre de ses quatuors, ou de partie chantante « embrassant toute I'etendue du diapason, et aussi « chargee de traits que les trois autres parties du « quatuor, ainsi que I'ont traite Mozart et Beetho- « ven et, avec eux, tons les compositeurs moder- « nes. C'est sur cette partie que s'appuie, comme « sur une clef de voute, I'edifice harmonique, et son « importance comme aplomb du quatuor, niodula- « tion, etc., egale presque celle du premier violon...

« Depuis le modeste quatuor d'amateurs jusqua

« la brillante interpretation qu'en sait faire I'artiste « habile devant un nombreux auditoire qu'il charme « et instruit, le plaisir du quatuor se presente sous « des aspects et a des degres bien difFerents. Disons, « cependant, que la nieilleure condition pour bien « gouter ce genre de musique, c'est I'intiniite dont « le charme s'allie si bien au naturel et a la simplicite « que les raaitres que nous citons cat su y garder. » Son nom le dit d'ailleurs : musique de chambre. « C'est elle qui laisse a I'executant, avec la liberte « du choix, I'abandon, I'inattendu, la spontaneite, « I'oubli de soi-meme pour I'oeuvre. C'est elle encore « qui permet de jouir sans arriere-pensee de certai- « nes beautes on la science domine, et que I'on « craindrait souveut de compromettre en presence « d'un public trop nombreux'... » Ajoutons : ou contenant des profanes, car, reellement, donner tout son coeur et toute son ame a une execution de ce genre, et ne trouver devant soi que des visages indilTerents ou ennuyes, c'est une souffrance; cela vous glace.

Pour en revenir a notre amateur d'instrument a ^ cordes et aux movens par lesquels une telle satisfaction artistique lui est accessible, ce qui parait le plus simple, c'est de former un groupe coniprenant deux violonistes et un violoncelliste, tons les trois amateurs sachant se servir de leur instrument, et de subventionner a eux trois, pour leur servir de professeur et de guide, un bon violoniste ayant I'ha-

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