‹ L'éducation musicaleChapitre 78 sur 114 · Eugene Sauzay, Etude stir le quatuor · texte numérisé non relu

Eugene Sauzay, Etude stir le quatuor

bitude et rexperiencc de la musique de chambre. Chacun des deux amateurs violonistes pourra jouer alternativement le second violon et I'alto, a moins que chacun d'eux prefere conserver constamment la meme partie, ce qui est peut-etre plus raisonnable pour commencer; le second violon pourra aussi, lorsqu'il se senlira de force, prendre de temps en temps la place du premier, pour s'habituer au conimandement; le violoncelliste seul restera rive a son instrument. On peut organiser ainsi une ou deux seances regulieres par semaine , dans I'intervalle desquelles chacun lira sa partie et en etudiera les passages scabreux. II n'est pas mal aussi d'attirer a soi des suppleants, des surnumeraires, afin que la seance puisse avoir lieu le jour ou I'un des conjures feralt dclaut. Cela permet aussi d'aborder a I'occasion des quintettes. Lamatiere d'etude ue manquera certes pas, car, sans parler des ceuvres plus recentes, on trouvera comme premier fonds : de Haydn, soixante-seize quatuors ; de Mozart, dix quatuors et dix quintettes; de Beethoven, six trios, dix-sept quatuors et trois quintettes. II y a aussi Boccherini, Onslow, Mendelssohn, etc., et les modernes.

Commencee IVoidement et presque comme un essai, cette etude vous prend et vous captive d'une facon singuliere; quatre artistes ardents, comprenant a quelle hauteur peut s'elever la philosophic musicale, accoutumes a jouer ensemble, a se soutenir mutuellement el a se donner la replique, « ne force mant plus qu'nne ame et penetrant ensemble dau^; « ces mysterieuses beautes, s'elevent, euxetleurs

« auditeurs, jusqu'aux plus hautes regions de Fart. « Tel est le charme du quatuor, que rien ne peut bien « raconter que lui-m6rae'. )>

II me parait superflu d'insister davantage. J'ajouterai seulement que I'amateur rompu aux diflicultes du quatuor a cordes se sentira tout a fait a son aise dans tout genre de musique d'ensemble, notamment avec piano, ce qui lui permettra, tout en se procuraut par la de nouvelles satisfactions d'art, de se rendre utile et agreable dans bien des circonstances

Quant a I'amateur qui compose, nous ne lui consacrerons pas un paragraphe special, car il est soumis aux memes lois que Tartiste, et, a vrai dire, il n'existe pas de difference entre eux. Le public n'a aucune raison d'etre plus indulgent a I'egard de celui-ci que de celui-la.

Mais nous dirons quelques mots dune categoric tres particuliere et assez frequente d'amateurs : ceux qui, ne sachant ni composer, ni chanter, ni iouer d'un instrument quelconque, et ne cher- <;liaat pas a le faire, sont nonobstant sensibles aux beautes musicales, en recherchent avidement I'audition, savent les juger et apprecier a leur valeur reelle, et sont de veritables fins connaisseurs, au meme titre que les amateurs de peinture ou de sculpture, qui, en general du moins, ne sculptent

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