‹ L'éducation musicaleChapitre 81 sur 114 · E. Sauzay, loco cit · texte numérisé non relu

E. Sauzay, loco cit

INSTRUCTION MUSICALE MAL DlllIGEE 353

K homme qui se mele de critique sans avoir rien (( produit lui-meme est on malhonnete homme ». C'est excessif. Qii'il n'ait rien produit, cela n'a aucun inconvenient ; mais il faut qu'il ait en lui-meme la somme de valeur et le savoir de ceux qui produisent et qu'il pretend juger, comme I'ont etabli peremptoirement Voltaire, Proudhon et La Bruyere, pen suspects de s'etre concertes ; on ne pent accepter que le jugement de ses pairs et de ses superieurs, €t c'est ce qui fait qu'il y aurait outrecuidance notoire, de la part d'un dilettante, a se poser en professeur d'art et a lormuler des conseils dont on n'aurait que t'aire ; mais s'il sait se borner, en se considerant avec quelque raison comme le representant de I'elite du public, de sa portion la plus intelligente, a guider la masse de ce meme public vers les ceuvres ou les artistes qui font I'objet de sa plus grande admiration, alors il read service a I'art et fait oeuvre estimable. En se maintenant dans ces justes limites, non seulement en ses ecrits, mais aussi dans ses discours, il pent contribuer, dans sa sphere d'action, au developpement du dilettantisme et favoriser, par cela meme et dans une certaine mesure, I'expansion de I'art.

II semble que nous ayons bien examine tous les cas qui peuvent se presenter chez I'amateur dont les etudes sont restees insuffisantes ou incompletes. II en reste encore un pourtant, le plus interessant peut-etre, souvent aussi bien triste, et qu'il serait prudent de toujours prevoir. On le devine. Combien

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de fois voit-on iin homme ou une fcmme du monde, plus souvent une femme, parfois nieme une jeune fille, oblige par quelque revers de fortune a chercher une ressource, passagere ou definitive, dans I'exercice d'un art qu'il n'a jamais etudie qu'en qualite d'amateur?

C'est la surtout que se fait sentir douloureusement I'inconvenient des etudes siiperficielles, comnie le danger des adulations faniiliales ou niondaines On s'est cru un veritable talent, on a accepte tons les compliments comme argent comptant, on a pris plaisir a se faire illusion sur sa propre valeur,... et le jour oil il s'agirait d'en tirer parti, on voit tout cela s'envoler en fumee. Se lancer dans la carriere de virtuose? C'est la premiere chose a laquelle on pense, car c'est la plus brillante et la plus lucrative... quand on a le succes avec soi; mais I'examen nest pas long; il devient bien vite evident que Ton n'a pour cela rien de ce qu'il iaudrait, et moins que toute autre chose, le repertoire, les qualites d'endurance, de solidite et d'aplomb qui ne peuvent etre le resultat que d'un entrainement prolonge. Premiere deception. Tout naturellement, on songe alors au professorat. Mais pour professer il faut des elevcs; pour attirer des eleves, il faudrait pouvoir, s'non se faire entendre et apprecier, au moins just'l'ler d'une facon quelconque de ses aptitudes a I'cnseignement, montrer des eleves deja formes; mais pour en montrer, il faudrait en avoir... On tourne ainsi dans un cercle vicieux, desolant et desillusionnant, dont un heureux hasard, sur lequel il

ne laut pas trop tabler, pent seal vous laire sortir. On croyait avoir en main un outil, ce n'etait qu'un jouet.

A ce penible etat de choses, je ne connais pas de rcinede.

Mais il existe un moyen de I'eviter, que j'ai deja fait pressentir : c'est de s'etre par avance entraine a renseignement. Je connais pcisoniielletnent, ce qui me fait supposer c[ue le cas n'est pas tres rare, plusieurs jolis exemples de jeunes fenimes du meilleur monde, ayant ce qu'on appelle « un joli talent d'amateur » et dont la situation de fortune parait, autant que cela pent etre, ii I'aljri de toutes les eventualites, qui consacrent cliaque jour quelques heures, gratuitement bien entendu, a Tinstruction musicale de jeunes garcons ou fillettes auxquels leurs parents ne pourralent payer le luxe dun art d'agrement. Les lines leur font des cours de solfege, souvent assez nombreux; plusieurs leur doniient, dans la vraie acception du mot, des lecons de piano; il y en a aussi qui leur enselgnent le chant, le violon ou la liarpe, et sont loin de s'en tenir aux degres elementaires, qui conduisent Icurs eleves assez loin.

Font-elles cela dans un sentiment de pure charite? II est permis d'en douter, car leurs ecolieres n'appartiennent pas, pour la plupart, a la classe indigente, et sont plutot recrutees dans la petite bourgeoisie. EUes accomplissent pourtant, en ce faisant, line action indubitableinent bienfaisante qu'il serait de mauvais gout de denigrer, car elles ouvrent a ces enfants I'acces d'un genre d'etudes qui peut les

conduire eux-memes a une carrlere qui, sans leur intervention, leur resterait close.

Le font-dies avee une idee de calcul, de prevoyance pour I'avenir et les facheuses surprises qu'il peut reserver a qui que ce soit? Je n'en sais rien, ne le leur ayant jamais demande ; mais oil serait le mal?

Ce qui est bien certain, quel que soit leur mobile, c'est qu'il n'a rien que d'esseutiellement honorable, et que viennent les jours d'adversite, elles se trouveront tout autrement armees pour la lutte que c elles qui n'ont jamais rien fait pour s'y preparer; car non seulement elles auront aiusi acquis I'experience du professorat, sur I'importance de laquelle nous avons assez insiste en toutes circonstances pour qu'il n'y ait pas lieu d'y revenir ici, mais elles ont le moyen de justifier leur aptitude a renseignement par I'exhibition des resultats obtenus, en faisant entendre leur jeunes eleves, ce qui vaut les meilleurs diplomes, et devra les aider puissamment a recruter •dans leur entourage le noyau d'une petite clientele

Et si elles n'ont jamais besoin d'avoir recours a cette ressource, ce que je leur souhaite, elles seront recompensees autrement du sacrifice qu'elles auront fait de leur temps et de leurs peines : on ne sait jamais rien si bien que ce qu'on s'est applique a apprendre aux autres, et, par cette pratique benevole derenseignement, elles auront vu leur propre talent grandir et acquerir une solidite toute particuliere, une assurance qui nest pas la marque habituelle des talents d'amateur.

En dehors de ce cas et de quelques autres tout aussi rares, oil il se transfornie, par la force des circonstaiices, en un veritable artiste militant, I'aniateur intelligent, quel que soit son degre de culture, et meme si en quelque chose il surpasse ou croit surpasser certains prolessiounels, fera toujours acte de bon gout en ne cherchant pas a rivaliser ou lutter avee eux. L'artiste, de son cote, fera bien d'eviter les occasions qui pourraient donner lieu a des comparaisons deplacees, aussi deplaisantes pour Fun que pour I'autre. lis ne doivent se rencontrer que dans le but noble et eleve d'une fraternelle collaboration, desireux de se completer I'un par I'autre et cle se preter un appui mutuel; un antagonisnie mal compris et mesquin les rabaissse et les amoindrit tons les deux, tandis qu'en restant chacun dans son role, ou en ne s'associant que dans Tidee de cooperer a I'oeuvre d'art, ils atteignent directement leur but commun, qui est la contemplation ou la production du beau.

Si i'ai reussi a me bien faire comprendre jusqu'ici, on pent concevoir maintenant la solidarite etroite qui doit exister entre amateurs et artistes ecralement amoureux des choses de I'art. L'existence

de l'artiste ne peut se comprendre sans le desir qu'il a d'etre apprecie par le public, lequel est compose d'amateurs De son cote, I'amateur ne pourrait exister si l'artiste n'etait pas la pour marcher devant lui et lui montrer le chemin. Mais si leur ideal est identique, il en est autrement des voies et moyens par lesquels ils peuvent ou doivent le pour-

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suivre. C'est pourquoi, au cours cle ce chapitre visant les moyens d'ameliorer une education iniparfalte ou d'en tirer le meilleur parti possible, j'ai du donner des conseils difFerents pour des cas en apparence analogues, selon qu'ils s'adressaient a I'une ou I'autre des deux categories. C'est a chacun de juger dans laquelle il lui convient de se ranger, et d'agir en consequence, pour son agrement ou pour son profit, ad majorem artis gloriam.

J'ajouterai seulenient ici, a I'usage des jeunes artistes ou amateurs pen fortunes qui voient leurs etudes arretees par I'impossibilite de se procurer les conseils d'un professeur, I'indication d'un charmant procede que j'ai souvent vu reussir, et qui appelle la sympathie : c'est V echange de lecons. II est a la portee de tons, sauf des ignorants absolus, de ceux qui n'ont jamais rien appris, meme leur langue. En efFet, pour le pratiquer, deux choses seules sont necessaires : il faut tout d'abord savoir quelque chose, n'importe quoi, mais quelque chose, soit une langue,^ soit le dessin, Thistoire, soit aussi blen une branche musicale, et cela assez bien et assez completement pour pouvoir Tenseigner; puis il faut ensuite arriver a se faire mettre en rapport, soit par des amis communs ou des relations, soit par tout autre moyen, meme une annonce de journal, avec un etudiant-musicien avance se trouvant dans des conditions analogues, quoique inverses, et desireux d'acquerir ce qu'on est capable de lui apprendre. Et il faut croiie que ce n'est pas aussi diificile qu'on

pourrait le supposer, car j'ai vu ainsi echan^er : des lecons cle violon contre des lecons d'harmonie ; des lecons de piano contre des lecons de violon ; des lecons de solfege contre des lecons d'allemand, et meme des lecons de mathematiques contre des lecons de contrepoint ; j'ai vu un de aies eleves frequenter unc salle d'armes pendant trois ans, en faisant un petit cours de flute au maitre et a son prevot ; j'en ai vu tout recemment un autre, bon liarmoniste et organiste, apprendre a la fois I'anglais etl'histQire grecque en enseignant I'orgue a une jeune Anglaise et I'harmonie a un eleve de I'Ecole normale, le tout a la satisfaction reciproque des parties contractantes, qui sont generalement restees par la suite d'cxcellentes paires d'amis. C'est I'enseionement mutuel sans bourse delier.

Le danger, ici, est dans I'inexperience de I'un et I'autre des deux eleves-prolesseurs; pour y remedier, ils ont a faire acte de bonne volonte, a s'evertuer a deviner ce qui leur est iucompletement explique, et surtout avoir cette bonne foi qui consiste a reconnaitre sans sot amour-propre quand on s'est trompe. lis agiront prudemment aussi en ne faisant usage, comme livres d'etudes, que de ceux qui ont ete employes pour leur propre instruction, et dont il y a chance qu'ils sachent mieux se servir; ou, si quelque raison les porte a avoir recours a d'autres methodes, les choisir avec la plus mefiante circonspection, et seulement parmi celles qui ont fait leurs preuves et sont passees a I'etat d'ouvrae^es classiques Ce n'est pas dans un cas semblable qu on doit

s'aventurer ii ("aire des essais, et il importe id plus que jamais de ne suivre que les chemins les plus connus et les mieux frequentes. On ne saurait croire le tort que font a I'enseignement de mauvais ouvrages au titre allechant et plein de fallacieuses promesses : Le Violon appris sans maitre, le Piano en quinze lecons, I'Art de composer mis a la poi'tee (le tons... sent autant d'attrape-nigaud dont il faut se garder comme des pickpockets. Absolumcnt rien ne pent etre appris en musique sans y mettre le temps necessaire et sans etre guide, a moins que ce soit raccordeon ou rocarina.

Je n'avais pas I'intention de donner ici un catalogue d'ouvrages didactiques; quelques amis m'ayant fait remarquer que, surtout en prevision de Temploi d'un tel enseignement mutuel par des novices en matiere de pedagogic, ce serait une lacune dans un ouvrage qui vise avant tout a elve pratique, j'ai dressc celui qui suit. Mais je tiens a bien expliquer dans quel sentiment il est etabli.

Je me suis cfTorcc d'y faire flgurer un ensemble d'ouvrages pouvant a cux seuls satisfaire a I'enseignement musical dans cliacune de ses branches. J'ai precede comme si j'etals charge de former economiquement le premier noyau d'une bibliothequc scolaire a i'usage de quelque etablissement naissant qui pretendrait elever des musiciens de toute nature : compositeurs, chanteurs, instrumentistes.

Chacun y trouvera done, si je n'ai rien oublic', comme je I'espere, ce qui lui est necessaire pour entreprendre ses etudes, et meme pour les pousser

Ii\STliUCriON MUSIC ALE MAL DIRIGEE 3Gt

jusqu'a un degre assez avance. Mais je n'entcnds luillement affirmer que ces ouvrages sont les seuls dignes de confiance, ni meme qu'ils sont les meilleurs; il laudrait pour cela que je connaisse tous ceux qui ont ete ecrits, et que je me croie la capacite de les juger, deux choses qui me font egalement defaut. Ma seule intention est d'indiquer, pour quelque partie que ce soit des etudes musicales, au moins un ouvrage serieux, complet, consciencieusement ecrit, choisi parmi ceux que je connais et dont la valeur n'est douteuse pour personne.

On ne sera pas etonne si j'y ai introduit quelquesuns des miens; il serait assez bizarre que, les ayant faits, je les trouvasse mauvais. Mais j'ai toujours eu soin d'cn signaler, a cote d'eux, d'autres similaires, afin de ne point paraitre faire une reclame en faveur de mes editeurs.

Pour le Solfege :

Batiste. Petit solfege melodique (Heugel).

Panseron. a B C {2 volumes) (Hachette).

— Solfege d'artiste (Hachette).

Solfi'ges d'ftalie.

Solfi'ges dii Conservatoire.

CHiiRuBiNi. Solfeges (Menestrel).

Lavignac. Solfeges manuscrits (6 vol.) (Lcmoine).

Ambr. TnOiMAS. Solfege manuscrit (2 vol.) (Menestrel).

II existe, comme je I'ai dit ailleurs, une infinite de bons ouvrages sur I'etude du solfege, signes Panseron, H. Duvernoy (Leduc et Benoit), Rougnon (Noel et Gallet),... entre lesquels on n'a que I'embarras du

362 L'EDUCAriOX MUSIC ALE

choix; I'imporlant est de ne faire usage que de ceux <jui ont nettement uu caractere musical et artistique.

Pour le Solfege d'ensemble :

Chelard. Symphonies yocales a 3 ou i voix (hommes et femmes ou enfanls), ouvrage peu connu et d'une grando musicalite (Lemoine).

Pour la Theorie :

A. Savard. Principes de la musique (Hachette). M. Si.Mo?*. Coins complet des principes de la musique ('Mackarl.

Dans ces ouvrages, Jont il existe aassi des abreges pour ceux qui ne visent qu'a des connaissances superficieiles (ce qui est toujours un tort), se trouve egalement exposee la theorie de la transposition.

Pour la Dictee :

Lavignac. Cours complet de Dictee musicale {i,i83 Dictees)

(Lemoine).

DuvERNoy. 200 Dictees en deux livres (Benoit).

Pour rilarmonie :

Reber. Traiie d'Harmonie (Gallet).

Th. Dubois. Notes et Etudes (complement indispensable du

Traite de Reber) iHeugel).

Fr. BAZI^•. Cours d'Harmonie (Lemoine).

De ces deux ouvrages, celui de Bazin est le plus simple et le plus clair, le plus facile. Celui de Reber, avec I'adjonction des notes de Dubois, initie beau-

lySTRTCTIOy MUSICALE MAL DIRIGEE ;]0:j

coup plus completement aux combinaisons de I'harmonie moderne.

Tii. Dubois. 87 Lecons d'Harmonie (Heugel).

A. Barthe. 90 Lecons d'Harmonie (Lcdiic).

Ch. Lenepveu. 100 Lecons d'Harmonie (Lemoine).

Lavignac. '208 Lecons d'Harmonie (3 vol.) (Lemoine).

Pour le Contrepoint et la Fugue :

L'ouvrage le plus complet et le plus pratique est le dernier paru :

Th. Dubois. Traite de Contrepoint et de Fugue (1901) (Heugel).

Avant celui-ia on se servait presque exclusivement de celui de :

CiiERUBiM. Cours de Contrepoint et Fugue (Heugel).

Au point de vue de I'erudition et des reclierclies archaiques, il est bon de lire les Traites de Fux (1660), Maupurg (1754), et Albrechtsberger (1790).

Pour I'etude des formes musicales :

Hugo Rie.man.x. Le Catechisme du Compositeur. Etude des

formes fuguees, d'apres Bach.

Jadassohn. Traite de Composition.

Ces deux ouvrages, publics a Berlin, n'existent jusqu'a present qu'en allemand.

Pour rOrchestration ;

Gevaert. Traite d' Instrumentation (Lemoine).

— Cours methodique d' Orchestration (Lemoine).

SO't V EDUCATION MUSIC ALE

l^r.RLioz. Grand Traite d' liisirumentation et d'Orcliestra-

tion modernes (Lemoine).

Gliraud. Traite pratique d' Orchestration (Durand-Schoen-

werk). Charniant petit ouvrage elenieutaire et

pourlant deja complet.

Pour rOrchestration Militaire :

Gabriel Pares. Traite dlnstriunentation et d' Orchestration militaircs (Lemoine). II existe, du meme auteur, des pelites methodes elemeutaires pour tous les instruments a vent.

Pour I'Acoustique Musicale :

TvNDALL. Le Son (Gauthier-Yillars).

Helmholtz. Theorie Physiologique de la miisique (Victor Masson).

Pour FEtucle de niistolre de la Musique :

Felix Clement. Histoire de la musique (Hachette).

H. Lavoix riLS. Histoire de la musique (Quanlin).

Fetis. Biographic des musiciens (8 vol.) (Firmin-Didot).

A. PouGiN. Supplement a I'ouvrage precedent.

Gevaert. Histoire et Theorie de la musique grecque (Gand, 1875-1881).

Lavoix et Lemaire. Histoire du Chant (Heugel).

Lavignac. La Musique et les Musiciens (Delagrave), ouvrage dans lequel on peut voir une sorte de resume encyclojjedique de toutes les connaissanees utiles aux musiciens.

Dictionnalres de Musique :

Hugo Riemann. Dictionnaire de Musique (Perrin et C'e). Pavl Rougnon. Dictionnaire musical des locutions etrangeres usitees en jnusique (Paul Dupont).

Pour le Chant :

M. Garcia. Traite complet de I'Artdii chant f'Heugel).

J. Faure. La Voix et le Chant (Menestrel).

Crosti. Le Gradus du Chanteur {Girod).

Dli'kez. Methode complete du Chant (Ileugel).

Delle-Sediu. L'Art lyrirjue [hcduc).

Pour I'Hygiene de la voix :

Dr Mandl. Hygiene de la i'o/.c (1875).

D'' Castex. Hygiene de la voix parlee et chantee (1894) (Gauthier-Villars).

Pour le Piano :

II existe una multitude d'excellentes methodes que tout le monde connait ; jen signale seulement deux qui ne me paraissent pas sui'fisamment repandues pour leur valeur :

Louis Koehlek, op. 80. Methode de piano avec explications theori(/ues et pratiques , et plus de lOO exercices et morceaux originaux (Siegel a Leipzig).

ViLLOiNG (qui fut le prot'esseur de Rubinstein). Ecole pratique du piano (Heugel).

Recueils d'Exercices ou d'Etudes :

Stamaty (qui fut leprofesseur de Saint-Saens). Le Rythme des

doigts (Menestrel).

Czermy. Toule la collection de ses recueils d'e.vercices

pour tous les degres (Leduc, Costallat, etc.). J.-B. Cramer. Etudes (2 volumes) (Lenioine). Clementi. Gradus ad Parnassum (3 vol.) (Richault). See. Bach. Le Clavecin bien tempere (2 volumes). Moschei.es. Etudes (Benoit).

Hu.mmel. Etudes (Costallat).

Stephen Heller. Etudes (10 vol.) (Maho, Lemoine, etc.). Chopin. Etudes (2 vol.) (Lemoine).

LiszT. Etudes d'apres Paganini (Breitkopf et Hartel,

Leipzig; Costallat, Paris).

3G6 LEDUCATIOy MUSIC ALE

Pour le DechiflPrage a 4 mains :

Marmontel. L'Art de dechiffrer (elementaire) (Heugel). Lemoine. Ecole de la mesure et de la ponctuation (Lemoine).

Pour la Harpe :

R. Maktemot. Methode de Harpe (Enoch) (1901).

Pour le Grand Orafue :

Lemmens. Ecole d'Orgue (Schotl).

Cl. Loret. Cours d'Orgue en 4 livres (Loi^et et Freytag).

Siin. Bach. Preludes et fugues pour Orgue.

Mendelssohn, /j Souates pour Orgue (Peters).

Pour rHarmonium :

Lefebtjre-Wely. 3Iethode pour rHarmonium (Parvy).

Pour le Violon :

De Bekiot. Methode elementaire de Violon (Schott).

Baillot. L'Art du Violon (Heugel).

Kreutzer. 'lO Etudes (Peters).

'I'lORiLLO. 36 Caprices (Peters).

Rode. 24 Caprices (Peters).

Campagnoli. Divertissements a toutes les positions (LiLoKI).

Pour I'Alto :

ijF.uNi. Methode pour I'Alto-Viola (Enoch).

Martinn. youvcllc Methode d'Alto (Costallat).

Pour le Violoncelle :

Baudiot. Grande Methode de Violoncelle (Costallat).

Romberg. Methode complete de Violoncelle (Costallat).

lySTRUCTION MUSICALE MAL DIRIGr^c: 367

CiiEviLLARD. Metliode complete de Violoncelle (Costallat). Rabaud. Mcthode complete de Violoncelle (Costallat) .

Pour la Contrebasse :

Labro. Methode de Contrebasse (Gallet).

GouFFE. Traite sur la Contrebasse (Costallat).

BoTTEsiM. Grande Methode complete de Contrebasse (Ricordi).

Pour la Fliite :

Berbiguier. Methode complete pour la Flute (Cotelle). QuANTz. Essai d'une methode pour apprendre ajouer de

la Flute traversii're (Voss, Berlin).

Pour le Hautbois :

Brod. Methode de Hautbois (Lemoine).

Verroust. Methode pour le Hautbois (Costallat).

Pour la Clarlnette :

Beer. Methode complete de Clarinette (Leduc).

Klose. Methode pour Clarinette (Leduc).

Pour le Basson :

CoKKEN. Methode de Basson (Leduc).

Bremond. Exercices et Arpeges (Evette).

Pour le Cor :

Daxjprat. Methode de Cor {]^emoiae) {Cor simple). Bremond. Exercices (Leduc) [Cor a pistons) .

Pour la Trompette :

Dauverne. Methode pour la Trompette (Millereau) [Trompette simple).

GuiLBAUT. Met Ii ode pour la Troinpcttc a p/s<o«s (Marguci !tal) [Tiompclte h pistons.)

Pour le Cornet a pistons :

I'oRESTiER. Methocle complete theorique et pratique pour le

Cornet a pistons (Bernard Latte).

Arban. Methode de Cornet et de Saxhorn (Leduc).

Pour le Trombone :

DiEPPO. Methode complete pour le Trombone (Joubert)

{Trombone a coulisses).

Oelisse. Opuscule rudimentaire et classique (Millereau),

{Trombone a pistons).

Toutes les fois que cela m'a ete possible, j'ai indlquc le nom tie I'ecliteur, afin de faciliter les recherches en librairie et d'evlter les confusions. La oil il n'y a aucune Indication, c'est qu'Il s'agit d'un ouvrage absolument classique, tombe dans le doinaine public, dont 11 existe plusleurs editions, et qui est I'aclle a trouver.

CIIAPITRE VI

lES DIVERS MODES d'eNSEIGNEMENT ENSEIGNEMEA'T I^DIVIDUEL, EXSEIGNEMENT COLLECTIF, ENSEIGNEMENT DES CONSERVATOIRES.

II nous icste a envlsager une dernlere fois reducation musicale dans tout son ensemble, niais a un point de vue different de ceux qui precedent.

Une question des plus serieuses doit, en cffet, se presenter a Tesprit des parents qui veulent iaire apprendre la musique a leurs ehfants, comme plus tard aux eleves eux-memes, lorsqu'ils sont d'age a decider personnellement de la direction de leurs etudes; c'est celle-ci : de ces deux modes denseignement, I'individuel ou le collectif, lequel doit-on prcferer? ou, ce qui n'est que la meme question autrement posee, lequel donne, ii somme egale d'efforts depenses, d'argent aussi, le meilleur resultat? Ici, il y a lieu de distinguer.

En princIpe, on peutrepondre que Venseigne?nent indi^iduel est le meilleur pour apprendre un instrument ou pour apprendre a chanter, ce qui revient au meme, la voix n'ayant pas a etre consideree, en

370 L'EDVCATIOX MUSIC ALE

ce qui concerne les' etudes musicales, autrement que comme un instrument vivant; ceci simplement parce que le professeur n'a pas trop du temps que Ton consacre habituellemcnt a une lecon particiiliere pour bien observer son eleve, surveiller ses defauts, chercher a developper ses qualites, lui donner quclques exemples bien a propos, les lui faire comprendre et repeter, et ne s'occuper que de lui exclusivement sans qu'aucune preoccupation etrangere vienne Ten distraire; ceci aussi parce qu'il n'existe pas, a vrai dire, deux eleves absolument pareils, et qu'il ne pout jamais convenir de proceder avec I'un tout a fait de la meme facon qu'avec I'autre, ni avec des moyens idcntiques.

Tandis que les coins collectifs sont preferables pour tout ce quitouche a la technique pure, c'est-adire le solfege, la theorie, la dictee, la transposition, I'harmonie, le contrepoint, la fugue, la composition, toutes clioses enfin dont les regies ou les lois immuables sont invariaJjlement les memes pour tous, <?t n'ont rien a voir avec les caracteres ou les aptitudes speciales de chaque individu, lequel doit, au con- Iraire, en dehors de ces regies, et surtout en ce qui touche a la composition, conserverson independance et son individualite.

Je trouve utile d'entrer dans quelques details sur d'autres raisons qui me font preferer I'enseignement collectif dans chacune de ces branches de la technique musicale.

Le solfege : on ne pent pas solfier pendant une heure de suite, ce serait bien trop fatigant; mais on

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