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VII. L’ART DU VIOLON

Parmi les divers instruments de musique en usage à notre époque, le violon, bien certainement, est le plus répandu et le plus goûté. Toutefois, bien qu’il ne soit que la partie supérieure du quatuor à archets — violons i er et 2 e , alto et violoncelle, — on prise trop exclusivement le violon pour ses qualités particulières.

Et de là, on est amené, avec une science de l’instrument ordinairement insuffisante, à vouloir se produire en soliste, heureux lorsqu’on n’est pas qu’un « racleur ». A un degré plus élevé, on arrive à faire de la virtuosité , qui est bien l’écueil le plus dangereux de ceux qui veulent devenir des artistes. On ne saurait trop le répéter, s’il est quelques très grandes œuvres d’art qui exigent de la virtuosité, la virtuosité n’est nul-

(i) Je dois rendre ici un particulier remerciement à l’excellent artiste qu’est M. Eugène Borrel, l’un des directeurs de la Société Hændel, à Paris, et qui a bien voulu, en ce chapitre, faire profiter nos lecteurs de sa grande expérience dans l’étude et l’exercice de l'art du violon dont il est l’un des meilleurs interprètes.

lement nécessaire à la compréhension, à l’exécution des œuvres artistiques en général. Gcci s’applique à tout instrument.

but de l’étude du violon

Or, pour le violon en particulier, à quoi l’élève doit-il tendre? Quel est le but de cette étude?

A part, évidemment, ceux qui se destinent à devenir des instrumentistes de profession, le but de l’étude du violon doit être de mettre les amateurs à même de jouer avec plaisir les compositions faites pour cet instrument; arriver, par exemple, à l’exécution des sonates de Beethoven.

Il faut que cette exécution ait assez de charme, non seulement pour que le jeune interprète prenne goût à la belle musique — d’où un profit intellectuel et moral immense, — mais aussi pour qu’il apprécie la vraie Beauté contenue dans ses chefsd’œuvre.

Pour arriver à ce résultat, il est donc nécessaire que l’étude du violon soit bien faite, bien dirigée, établie d’abord sur de solides bases.

l’étude pour les commençants

L’étude de tout art, à ses débuts, passe par une période évidemment ennuyeuse, lorsqu’il faut s’assimiler des exercices parfois pénibles. Aussi vaut-il mieux commencer jeune pour que cet

ennui, inhérent aux débuts, passe inaperçu.ou

presque. On peut commencer le travail du violon entre huit et douze ans. Mieux on saura le sol fège, mieux on éludiera le violon .

Et ceci n’est pas spécial, bien entendu, à la seule étude du violon, mais est applicable au piano, au chant, etc. Que d’enfants sont rebutés

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parce qu’on les met au piano avant qu’ils sachent une note! Que de chanteurs ne seront jamais que de médiocres musiciens parce qu’ils ne se sont pas appliqués au solfège! Rappelons-nous donc toujours que le solfège est à la musique ce que la lecture des lettres de l’alphabet est à notre langue : nous ne saurons jamais bien celle-ci si nous ne nous sommes d’abord appliqués à celle-là.

Le choix du premier violon devra être déterminé, au moins quant à sa taille, par la taille même de l’exécutant. Il est superflu de dire que s’il ne faut pas songer à un instrument de râcleur, il est toujours nécessaire d’en avoir un présentant toute garantie de solidité, une sonorité bien franche et gardant bien l’accord.

Dans les débuts, on travaillera peu y mais fréquemment. Le violon exige, en effet, de grands efforts par la tenue baroque des bras; les muscles tendres des enfants se fatiguent rapidement, d’où des courbatures locales, insensibles, mais germes de mauvaises habitudes de tenue.

Pendant la première année, on s’efforcera d’obtenir un travail court et régulier tous les jours : oh ! pas beaucoup, dix minutes le matin et autant le soir. Gela vaut infiniment mieux que de travailler une grande heure le jeudi et une autre heure le dimanche, en se reposant le reste de la semaine; méthode détestable : ces <c à-coups » dans le travail, ces longues séances suivies de plusieurs jours sans rien faire sont plus nuisibles qu’utiles.

J’insiste tout particulièrement sur la nécessité de travailler tous les jours . N’aurait-on même pas, en passant, la possibilité d’avoir un quart d’heure de liberté dans la journée entière, qu’un exercice de cinq minutes seulement serait encore profitable.

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