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LA MÉTHODE — LE CHOIX DU PROFESSEUR

Les « méthodes » de violon ont toutes un gros inconvénient : celui de franchir trop rapidement les divers degrés, ou mieux, de passer trop vite* d’un degré à l’autre. Ces sauts brusques de passages très faciles à d’autres trop difficiles sont mauvais pour l’étude.

« A mon avis, dit M. E. Borrel, rien ne vaut les lumineux conseils de Baillot dans l 'Art du violon , monument de pédagogie musicale. C’est au professeur de les bien connaître, de s’en inspirer et de les expliquer judicieusement. »

Le travail sur les cordes à vide, l’étude des gammes et des arpèges des diverses « positions » doit être le fondement de l’étude à ses débuts.

On ne saurait trop insister sur ce point : que les parents s’adressent à un excellent professeur, quitte à le payer plus cher. Combien de fois nous arrive-t-il des jeunes élèves, ayant travaillé pendant un, deux, trois ans, qu’on nous confie en désespoir de cause; ils sont eux-mêmes dégoûtés de l’étude de l’instrument, en savent moins qu’un élève de trois mois bien commencé , et ont déjà nombre de mauvaises habitudes.

C’est une erreur de croire que tout le monde est bon pour faire commencer un débutant, c’est, au contraire, ce qu’il y a de plus difficile. Le professeur, une fois choisi, doit être le seul à se mêler de la direction des travaux de l’élève. Les parents doivent, de leur côté, obliger l’enfant à travailler exactement sur les indications du professeur. Surtout, pas de petits morceaux, ils sont ordinairement la ruine du goût et du mécanisme.

Le professeur doit aussi s’appliquer très soigneusement à connaître les aptitudes de l’élève : il n’y a pas deux mains semblables, il n’y a pas

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deux violonistes qui tiennent l’archet de la même manière. Une différence imperceptible de longueur dans les doigts d’une main par rapport à l’autre, une proportion différente des phalanges, la force relative des muscles qui entrent en jeu imposent des modifications de détail qu’un maître soigneux doit toujours prévoir et guider.

Ce maître doit toujours avoir pour objectif de mettre l’élève en état de se passer de lui le plus rapidement possible. « J’ai eu un élève, ajoute M. Borrel, très remarquablement doué d’ailleurs, qui, tout en se préparant à l’Ecole centrale, a, en six mois , appris tout le mécanisme du violon : positions, coups d’archet, etc. 11 ne lui restait plus qu’à perfectionner ce qu’il avait appris avec un soin et une conscience remarquables. »

Quand l’élève est arrivé à un certain degré de travail, nous lui conseillerons tout particulièrement la seconde partie de Y Ecole du mécanisme , de Dancla ; c’est un excellent ouvrage d’étude.

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