‹ L'éducation musicaleChapitre 27 sur 46 · VIII. LE CHANT GRÉGORIEN · texte numérisé non relu

VIII. LE CHANT GRÉGORIEN

| jer. utilité de son étude.

A diverses reprises, j’ai eu l’occasion d’attirer l’attention de mes lecteurs sur la musique d église et sur le chant grégorien. A l’heure actuelle, 1 est bon plus que jamais de s’en occuper, parce que la pratique en intéresse tous les chrétiens, et en même temps parce que le pape Pic X, qui a tout spécialement encouragé ce mouvement, fait publier l’édition typique du chant grégorien, Tédition Vaticane.

A ces titres différents, la question grégorienne intéresse donc au plus haut point l 'éducation musicale. Aussi bien, l’étude du chant grégorien, si on ne l’entreprend pas pour la pratiquer, est encore des plus utiles à tous musiciens ; car, en deux mots, on peut dire que le chant grégorien, c’est la science du phrasé.

A Paris, par exemple, à l’Ecole supérieure de musique, fondée par la Schola cantorum, le chant grégorien est à la base de l’enseignement. Un violoniste, un violoncelliste, dont le jeu est trop sec ou trop martelé, va suivre quelques cours des classes grégoriennes, et il y acquiert la souplesse, le fondu qui manquaient à son jeu.

Un compositeur de musique, s’il veut avec fruit étudier son art, doit à l’heure actuelle travailler le chant grégorien, pour en surprendre les secrets

l’éducation musicale

•du rythme et de la tonalité. Les oeuvres les plus modernes et les plus intéressantes par le « modelé a des phrases ou des motifs doivent ordinairement •cela à l’étude du grégorien, pratiquée par le compositeur.

qu’est-ce que le chant grégorien?

On désigne ainsi l’ensemble des chants liturgiques de l’Eglise romaine, dont nous suivons les rites. L’organisation du rite romain est due, en effet, au pape saint Grégoire le Grand (590-604); d’où le surnom de « grégorien » appliqué à la cantilène liturgique romaine.

Il fut longtemps conservé presque sans altération. Mais, peu à peu, les progrès de la musique mesurée et à plusieurs parties furent nuisibles à la musique grégorienne. On oublia les règles propres à cet art pour n’en conserver que l’idée générale. Puis l’imprimerie acheva la décadence. Dès la fin du xvi e siècle, beaucoup d’églises n’avaient déjà plus qu’un chant corrompu. Cependant, d’autres restaient fidèles aux traditions; à Lyon, par exemple, en 1786, on avait encore le rite romain et le chant grégorien, au moins pour la messe, dans presque toute leur pureté. Mais, en France, ce furent surtout les néfastes progrès des idées « jansénistes » qui contribuèrent à la ruine définitive de ces antiques traditions.

Page 1