RESTAURATION DU CHANT GRÉGORIEN
Dans le cours du xix° siècle, on revint à l’art grégorien. Mais les premiers qui s’en occupèrent ne savaient plus où en surprendre les secrets. Le premier essai sérieux de restauration grégorienne fut fait vers i 85 o, grâce à une Commis-
sion nommée par les archevêques de Reims et de Cambrai. Les membres de cette Commission entreprirent une édition connue sous le nom de « Reims et Cambrai », qui contribua beaucoup à répandre, dans notre pays surtout, l’idée grégorienne. Cependant, elle était encore très imparfaite. Nous n’en voulons pour preuve que le jugement de ses auteurs eux-mêmes.
Le pape Pie IX, émerveillé déjà de cette première restauration, voulait, en effet, 1 étendre à toute l’Eglise : ceux qui l’avaient préparée l’en empêchèrent, car, disaient-ils, leur œuvre n’était pas encore à point, et un assez grand nombre de détails de rythme et de notation leur «avaient échappé. Dans cinquante ans, ajoutaient-ils, les recherches de nos successeurs auront complété et redressé, s’il y a lieu, notre travail.
L’édition de Reims-Cambrai pèche surtout par le rythme; en voulant appliquer au chant grégorien la valeur proportionnelle des figures de notes, comme dans la musique, ses auteurs ont • commis une regrettable confusion. La forme des notes grégoriennes riinjlue en rien sur leur valeur.
Mais, pour arriver à trouver cela, qui est tout l’opposé de la notation de la musique, il fallut les travaux acharnés des Bénédictins français de l’abbaye de Solesmes, et principalement de Dom Pothier qui, pendant vingt ans, parcourut les bibliothèques, transcrivant les anciens manuscrits, recherchant les détails de leur notation et l’art de leur exécution, donnant enfin naissance a une autre édition, celle de Solesmes, par laquelle se fit connaître la restauration du chant grégorien.
De là, elle se répandit dans les autres églises, et parvint jusqu’à Rome où le Pape Léon XIII y prit un grand interet.
l’éducation musicale