HARMONISATION
On voit donc comment, après avoir envisagé l’existence de la monodie pure, il nous sera aisé de souscrire à l’assertion de M. Vincent d’Indy :
Musicalement, les accords n'existent pas, et l’harmonie n’est pas la science des accords .
L’étude des accords pour eux-mêmes est, au pointde vue musical, une erreur esthétique absolue, car l’harmonie provient de la mélodie.
Autrement dit, et c’est la confirmation de cex que nous venons de voir, nous ne devons paspartir de ce qu’on appelle l’harmonie pour aller à la mélodie, mais, après bien nous être rendu compte de ce qu’est la mélodie, considérer les successions d’accords comme plusieurs mélodies » harmonisées entre elles. C’est là le principe, d’ailleurs, du contrepoint y qui signifie d’abord la juxtaposition de deux ou plusieurs mélodies ou thèmes différents combinés entre eux.
Les progrès de l’observation musicale ont ensuite montré comment on pouvait, sur un chant donné, en moduler un autre (contre-sujet), ou le combiner avec lui-même, en le faisant successivement entrer dans plusieurs parties différentes tandis que les autres continuent (imitations), ou enfin conserver la mélodie principale dans son intégrité, tandis que les autres l’accompagnent.
La manière dont Palestrina a développé la phrase citée plus haut est des plus intéressantes à étudier pour y voir comment la méthode du contrepoint lui a permis de faire passer successivement le thème choisi aux cinq parties qui le doivent entonner, jusqu’à ce que cette exposition ait eu lieu dans toutes les voix :
l’éducation musicale
L’étude de l’harmonisation, pour être complète, doit donc comprendre celle du contrepoint et celle de Y harmonie.
Le contrepoint apprend à écrire deux, trois ou plusieurs parties concordant ensemble, l’harmonie traite de la façon dont s’enchaînent ces concordances ou accords. En étudier simultanément les procédés est le meilleur moyen d’arriver plus promptement et avec plus de sûreté à la connaissance des lois et de la pratique musicale.