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LE CANON

On ne commença qu’au xm e siècle à employer des imitations dans les pièces à plusieurs parties. Au siècle suivant, on tenta de poursuivre des imitations régulières pendant toute une phrase ou un morceau, et, au xv e siècle, ce genre fut fixé sous le nom d ’imitation canonique ou simplement canon. Canon veut dire « règle »; canonique signifie par conséquent « régulier ». Un canon, en musique, est donc une imitation régulière, très rigoureuse, où le conséquent poursuit exactement, jusqu’au bout de la phrase ou du morceau, le motif d’abord exposé par le conséquent.

Cette forme d’imitation se pratique plutôt à l’unisson ou à l’octave; si on l’essaye sur d’autres degrés, on est obligé d’employer des accidents qui peuvent détruire la tonalité; aussi évite-t-on ce procédé, quoique des canons à la quinte ou à la quarte produisent aussi de très bons effets.

Mais la forme la plus caractérisque et la plus curieuse du canon est le canon perpétuel. C’est une imitation régulière composée de telle sorte •que chacune des parties qui la chante peut en

faire la reprise, une fois la phrase finie, et que 1 enchaînement ait lieu naturellement. Un grand nombre de musiciens ont excellé dans ce procédé, et ils en ont tiré des effets fort curieux. L’exemple tout à fait classique du canon perpétuel est la chanson bien connue de Frère Jacques , dans laquelle chacune des quatre parties entre au moment où la précédente dit Dormez-vous , et qu on peut continuer d’une manière indéfinie.

On comprend que, pour arrêter un pareil canon, il faut, ou bien que chaque partie arrête successivement sa phrase, dans l’ordre même où elle a commencé, ou bien qu on ajoute une coda ou terminaison, sur laquelle toutes les parties viennent s’arrêter.

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