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LA FUGUE

Nous voilà donc arrivés au but principal de cet article, qui est de vous parler de la fugue. Vous comprendrez pourquoi nous avons auparavant fait connaissance avec l’imitation et le canon, quand je vous aurai dit que la fugue est un genre de composition musicale basé entièrement sur ces deux procédés.

C’est entre les xv e et xvm e siècles que Part de la fugue alla se perfectionnant jusqu’à J.-S. Bach, qui tira de ce procédé d’admirables compositions. Pour la simple étude du clavier, pour le concert, pour l’église, il créa des fugues inimitables, dont la beauté et le brillant n’ont été que rarement atteints depuis. Disons même, en le déplorant, que la plupart des pianistes et des organistes qui exécutent des fugues de Bach y voient trop souvent le coté brillant, et que Yexpression très

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leur échappe totalement faute d 'analyser ces morceaux.

La hauteur même à laquelle parvint alors la fugue fut aussi la cause de sa decadence. En effet, émerveillé par les multiples côtés que présente l’intérêt de cette forme musicale, l’enseignement du xviii* siècle reconnut dans la fugue le moyen le meilleur d’assouplir le style des élèves compositeurs. On en fit donc un exercice obligatoire qu’on soumit à des règles étroites, et qui ont valu à juste titre à la « fugue d’école » son renom ennuyeux.

Mais l’exemple des maîtres est là pour nous montrer que la fugue est susceptible de la véritable grandeur des belles choses; elle est apte à exprimer aussi bien les scènes enjouées et le badinage que le brio des pièces de virtuosité, la pompe liturgique des grandes fêtes ou la méditation du chrétien sur les mystères de la foi. L’ennui que peut causer une fugue ne réside donc pas dans elle-même, mais dans le manque d’inspiration de celui qui l’a composée, dans l’incompréhension ou l’inhabileté de l’exécutant. Voici maintenant les éléments dont se compose une fugue.

A. Exposition. — i° La fugue, basée sur l’imitation, comprend d’abord comme elle un motif principal, un antécédent, sous le nom de sujet , et un conséquent, la réponse , qui peut subir une légère modification suivant qu elle reste dans le ton principal ou qu’elle module dans le ton de la dominante.

Comme les parties ne peuvent pas ne faire entendre que le thème principal, ce qui ne donnerait qu’un canon, le motif d’une fugue est pour ainsi dire double 1 le sujet et le conire^sujet. Celui-ci est la partie de la phrase qui sert d’accompagnement à la réponse. Une fugue peut n’avoir

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qn un seul contre-sujet; elle peut en avoir plusieurs. Lorsque les diverses parties qui composent la fugue ont chacune fait leur entrée, l 'exposition est alors terminée. Une fugnette ou petite fugue peut n être formée que de l’exposition, avec une cadence finale. Nous prenons un exemple dans la première fugue du Clavecin bien tempéré , de Bach.

11 est facile d’y reconnaître le sujet et les divers contresujets, au moment même où se fait la première entrée.

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