‹ L'éducation nouvelle: études de pédagogie comparée (volume 2)Chapitre 30 sur 43 · RAPPORT SUR L'INSTRUCTION PUBLIQUE · texte numérisé non relu

RAPPORT SUR L'INSTRUCTION PUBLIQUE

Après avoir donné les moyens de subsistance aux insti(,atears, le nouveau projet, pour honorer ce premier degré d'enseignement, et y appeler un bon nombre d'bommes instruits, exige encore qu'après une certaine époque de Tère républicaine, nul ne puisse être promu à une place de professeur dans une école centrale, sans avoir rempli, au moins pendant deux années, les fonctions d'instituteur dans les écoles primaires, soit pour remplir le grand vide qu'a laissé la loi du 3 brumaire entre FÉcole primaire et l'École centrale, soit pour former un supplément d'instruction aux enfants des citoyens qui, sans aspirer à l'éducation d'bommes de lettres, laquelle commence proprement à l'École centrale, peuvent acquérir plus de connaissances que n'en offriront les écoles primaires. Le nouveau projet établit encore que, dans quelqui[$s points remarquables de chaque département, deux ou ti'ois instituteurs primaires seront réunis dans la même école, atin de donner à leur enseignement un degré d'élévation qu'il ne peut avoir dans les écoles ordinaires. La forme de notre gouvernement doit faire attacher le plus grand intérêt à cette institution; c'est elle qui peut seule répandre l'instruction parmi les artisans et les cultivateurs, et faire trouver des citoyens capables de remplir dignement les fonctions d'agent de commune et d'adjoint, d'assesseurs de juge de paix, d'électeurs, etc., pour lesquelles, dans l'état présent des choses, aucune sorte d'éducation n'est offerte à ceux qui sont appelés à les remplir.

C'est par les écoles primaires renforcées que la commission d'instruction publique entend suppléer aux écoles secondaires proposées dans la dernière session par Roger Martin et que le conseil n'admit point à cette époque.

Dans les mêmes communes où seront établies les écoles primaires renforcées, il doit être formé, d'après le nouveau plan, une école et un pensionnat pour les jeunes personnes du sexe et sans compter les grandes communes dont la population demandera seule quelques-uns de ces établissements, il en sera formé un par chaque arrondissement de police correctionnelle.

Dans ce projet, comme dans celui consacré par la loi du 3 brumaire, l'École centrale forme proprement le second

degré [d'instruction publique. Il en est conservé une par chaque département et les frais en sont pris sur les dépenses départennentales. Le nouveau projet ajoute quelques professeurs et en supprime d'autres. Il conserve d'abord le professeur de dessin, comme le seul auquel est réservé l'enseignement des arts. Il établit un professeur de plus pour les langues anciennes et langue française; de façon que cet enseignement, dans l'École centrale, sera l'objet des travaux de trois instituteurs dont les cours se succéderont sans admettre cette interruption étrange portée par la loi du 3 brumaire, par laquelle deux années d'études consacrées à la physique expérimentale et aux mathématiques étaient intercalées entre les leçons de grammaire données par un seul professeur et celles des belles-lettres. Outre ces trois professeurs, chaque école aura un professeur de logique et d'analyse des opérations de l'entendement, un de mathématiques élémentaires, tant pures qu'appliquées, un d'histoire naturelle, un de morale et de législation : ce qui fait au total huit professeurs.

Dans quelques grandes communes où ces écoles seront plus nombreuses, le projet établit trois professeurs, en plus savoir : un second professeur de mathématiques, tant pures qu'appliquées, un second professeur de législation, et un de physique expérimentale et de chimie.

Sur la demande d'une administration centrale, le Directoire exécutif est autorisé à établir ces trois genres d'instruction partout où il sera reconnu nécessaire.

Le troisième degré d'instruction, dans le plan que nous analysons, est formé par les lycées. 11 y en aura cinq dans toute l'étendue de la République.

L'enseignement des sciences et des belles-lettres y sera porté au plus haut degré d'élévation que permette l'état actuel des connaissances humaines.

Chaque lycée sera partagé en quatre classes, savoir : sciences mathématiques, sciences physiques, sciences morales et politiques, et belles-lettres. Les deux premières classes auront cinq professeurs chacune. Il en sera établi dix pour chacune des deux autres, ce qui fera eu tout une association enseignante de trente professeurs. A chaque lycée

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