PRÉFACE. XIX
créé, un peu au hasard, un bon nombre d'enseignements nouveaux; mais le droit romain, assez approfondi, est resté, avec Texplication élémentaire de notre Code civil, la base de renseignement tout entier. Interrogez certains professeurs, ils vous diront nettement que ces deux branches d'études ont seules de l'importance pour développer le sens juridique et former le jurisconsulte. C'est là le vrai repas, la viande de |la Faculté; le reste n'est que dessert, entremets et horsd'œuvre. Cette opinion qui est soutenue par des hommes très respectables, par les patriarches de nos Facultés, pouvait être juste, au premier tiers de ce siècle, à l'époque où ces savants maîtres commençaient leurs études. Mais depuis, le monde a tourné, la science a marché, de non»
veaux besoins sociaux se font sentir chaque jour avec plus de force.
Les beaux temps du droit romain sont passés. Celte terre sainte des jurisconsultes a été retournée, labourée, moissonnée dans tous les sens. Histoire ou commentaire, tout a été découvert, expliqué, imaginé, développé, ré-
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sumé, quintessencié. L'horizon même des hypothèses, si vaste et si agréable aux regards des érudits, paraît aujourd'hui fermé. Pour tout dire en un mot^ c'est une étude finie.
Le Code civil est à cette heure presque entièrement fixé par la jurisprudence. Au Palais, on cite les arrêts, on ne discute plus guère la question de droit. Les grands commentaires ont été écrits, il ne reste plus qu'à les mettre au courant : travail inférieur sur l'œuvre d'autrui. Estce à dire que l'étude du droit civil a perdu son attrait, qu'elle n'a plus d'avenir? Tel n'est pas notre avis. 11 n'est pas impossible de la rajeunir, de lui rendre son lustre et son éclat d'autrefois par une familiarité plus étroite avec les sources, avec nos anciennes coutumes, avec la langue si originale et si gauloise de nos vieux jurisconsultes, et aussi par des rapprochements continuels avec la législation des pays étrangère. Nous voudrions surtout que les professeurs n'hésitassent pas à discuter les principes de notre droit civil. Après tout, nos étudiants sont des hommes, on les traite trop souvent comme des