‹ L'éducation physique au point de vue historique, scientifique, technique, critique, pratique & esthétiqueChapitre 12 sur 130 · Scène de gymnase. — H apn s im vase jjrec · texte numérisé non relu

Scène de gymnase. — H apn s im vase jjrec

obligation pour les jeunes gens; mais c’est à partir de Pisis- Irate (lu’on la voit luendre dans la vie athénienne une place considi'rable.

La pratique de la gyinnastiijue comtrien(;ail ib’js l’enfance;

Lus Lutteurs, marbre grec. — Galerie des Offices, Florence.

elle se poursuivait jusqu’à la vieillesse. Les enfants s’y exerçaient dans les palestres, les jeunes gens et les hommes dans les gymnases. Les gymnases étaient publics; c’étaient des lieux de réunion très fréquentés, des sortes de clubs ouverts et gratuits, où l’on allait non toujours pour s’exercer, mais parfois seulement pour causer en regardant les exercices. Les palestres, au contraire, étaient des établissements privés, appartenant à des professeurs de gymnastique, les pédotrihes ; elles étaient sous la surveillance de magistrats spéciaux, et on prenait le plus grand soin d’y faire régner les bonnes mœurs. L’enfant ne devait guère commencer à aller chez le pédotribe avant douze ans. .V dix-huit ans, devenu éphèbe, il quittait la palestre pour le gymnase. 11 continuait, dans l’une, à pratiquer les exercices auxquels il avait été formé dans l’autre; mais l’éphébie étant surtout une préparation militaire, les marches à pied, l’équitation, le maniement des armes ou escrime [hoplomachie], les évolutions sur le champ de manœuvre, le campement, le séjour dans les postes de la frontière, jouaient le principal rôle dans l’éducation physique de l’éphèbe.

Homme fait, l’A- Ihénien continuait à fréquenter le gymnase, pour entretenir son adresse et sa force, et souvent, comme nous le verrons, par régime. Ceux qui se sentaient pour les exercices physiques des dispositions particulières s’y adonnaient tout à fait et suivaient, sous la conduite expérimentée des professeurs de gymnastique, l’entraînement spécial q ui devait les mettre en état de figurer avec succès dans les jeux de la Grèce :

c’étaient les athlètes, c’est-à-dire ceux qui concouraient pour les

/“aa • V Lullcurs.

prix (aOA*/ .= prix);

(5r;ivure tifi'e il’un livn* do I .77.

i: Ehvr ATios rmsini E en ankcE et a home

Le Disque, le Javelot, le Pancrace et le Saut; intérieur de palestre.

D’après ua vase grec.

leur art s’appelait (aycov = concours). Dans les beaux

temps de la Grèce, la profession d’athlète était des plus honorables; des jeunes gens des plus nobles familles l’embrassaient, et un Grec ne pouvait pas rêver de sort plus glorieux que de remporter dans les grands jeux de la Grèce la couronne de la lutte, de la course, du saut, du jet du disque ou du javelot.

Tels étaient, en effet, les principaux exercices enseignés par les pédotribes, cultivés dans les gymnases, érigés en concours dans les fêtes nationales. Examinons rapidement comment chacun d’eux se pratiquait.

Le plus ancien et le plus estimé, parce qu’il exigeait tout ensemble de la vigueur, de la souplesse et de la présence d’esprit, et qu’il mettait en jeu tous les muscles à la fois, était la lutte, TtxÀTi (d’où le mot palestre, qui signifie proprement l’endroit où l’on lutte). On luttait dans la boue ou dans la poussière. C’étaient les jeunes gens eux-mêmes qui préparaient le terrain. Avec la pioche, ils ameublissaient le sol, puis y versaient de l’eau, de manièreji former une boue glissante. La boue augmentait les difficultés de la lutte; elle nuisait à l’équilibre, et comme les adversaires y roulaient l’un sur l’autre, les membres, gras de l'huile dont ils s’étaient frottés, en devenaient presque insaisissables. La poussière, au contraire, facilitait la prise en s’attachant au corps. Du reste, ce sable fin, qui collait à la peau et en bouchait les pores, préservait des refroidissements, défendait l’athlète contre la morsure de Borée. Le combat fini, on se raclait à l’aide du strigile, et on se lavait à des vasques de pierre. Pour être vainqueur à la lutte, il fallait faire trois fois à l'adversaire toucher la terre des épaules.

Il y avait plusieurs sortes de courses : la course de vitesse, où la longueur à franchir était d’un stade (198“); le diaule, ou double course, de deux stades (aller et retour) ; la course de

fond, qu’on nommait le (lülique, dans laquelle l’espace à parcourir était variable, et atteignait parfois jusqu’à 24 stades (4 752”). Dans les jeux nationaux, il y avait encore d'autres courses, par exemple la course armée [hoplitodromie], où les concurrents étaient en costume d’ùoplites, c’est-à-dire de soldats pesamment armés, avec le casque de bronze et le grand bou- Athiètes pugilistes. clier garni d’airain. Les

D’après un vase grec. flambeaUX,

Ephèbes s’exerçant à sauter avec des haltères.

D’après un vase grec.

dont un vers fameux de Lucrèce a éternisé le souvenir (e< quasi cursores viltti lampada Iradunl), n’étaient pas non plus un exercice de gymnase : elles n’avaient lieu que dans des fêtes nocturnes.

Le saut se faisait généralement avec haltères; ces haltères étaient de plomb.

L’exercice du disque développait les muscles des bras et des épaules. Le disque était un cercle plein, de bronze ou de pierre. On le lançait tantôt en hauteur, tantôt horizontalement, soit de la main droite, soit de la main gauche.

Le javelot demandait autant d’adresse que de vigueur; pour atteindre le but, il fallait un regard sûr, et un juste sentiment des distances. Le professeur ne mettait point dans les mains des enfants des javelots armés de leur fer; en se servait dans les palestres, et même dans les gymnases, de bâtons de longueur déterminée. Une courroie, attachée vers le milieu du javelot, et dans laquelle on passait l’index et le médius, aidait à le lancer. Les doigts une fois passés dans cette courroie, on

Le ÜiscubuLe, marbre grec, (palais Massiiiu, Konie.j

L’EDI'CATION P II VS I O (JE EN (iHÈCE ET A HOME

rai'iiKi à la liaut(!ui' do I’oicmIIo, jniis ou la lançait on se |i(. l iant avec ra|nditi' de (|nolijuos pas on avant.

l,os (ixoï'cicos (pie nous venons de passer rapidement en roviio, la Intle, la course, h; saut, lo disque, h; Javelot, faisaient l(î fond do l’éducation jdiysiquc* tidW* ijne la comprir ent les (irecs; e’ost d'eu.x que se composait l(^ jicnlullih' (cdst-à-dirr; Ir; concours quinluplol, ccltrî comliimaison iniafjinée jiour imdlic en valeur', par un rm’nio concoirrs, toutes les (|iralit('s de ratlilote. On sait que l(! jientatlile olait la ri'urniorr de C(!s ciruj exercices, exéculés successivement jiar 1(‘ rnèrrre athlète en vue d’urre récornpense unique. Airx l’analhénées, il y avait un prix du pentatlrlii poirr les enfanls.

Mais on se fer-ail irne idée bien instrflisanle des exercices do la jialeslrr^ et dir ^ynrnase si l’on cr'oyait (ju'ils se réduisaient ;iux cirni exer-cices dit penlatlile. Le passaj'e de V A ii.<icli(ir.‘ih ijue trous rappelions tantét sufliiait à montrer rimiiorlance que la ^ymnasliiiue pri'ciiue accordait au prtf'ilat, et à ce com[iosé de la lutte ordinaire et du puf.;ilal, (jii’on ajipelait leyar/imrcc. Même

les errfartts y étaient exercés; aux Panathéttées, il y avait pour eux un prix de pancrace et un prix de pugilat. Parts les palestres et les gymnases, le pancrace et le pugilat se pratiquaierrt tl’une façon plus humaine que dans les concours athlétiques, où les pugilistes combattaient le poitrg et l’avant-bras armés de lanières de cuir garnies de boules de fer, qui rendaient terrible l’elfet des coups.

Une particularité bien caracléristique de la palestre grecque, c’est que les exercices s’y faisaient au son de la musique. Le chant de la flûte réglait les mouvements que les jeunes gens exécutaient ensemble sous l’œil et la baguette du pédotribe. Ainsi, pour les Urées, la musique était la compagne naturelle, et comme la sœur de la gymnastique.

De leur union résultait la danse ou orchestique. On la cultivait beaucoup dans les palestres et les gymnases. Ces danses de jeunes gens avaient un caractère de grâce mâle que les nôtres ignorent tout à fait. La plus belle était la jjyrridque, sorte de ballet militaire, qu’on dansait en armes, et qui était en honneur surtout à Sparte.

Mentionnons enlin les divertissements, qui coupaient la fatigue des exercices sérieux, tout en contribuant pour leur part à développer la souplesse et la grâce. C’était, par exemple, la course au cerceau; c’étaient surtout les jeux de balle, qui devaient être fort variés, et dont le plus goûté paraît avoir été le jeu de l’âne (ovoç), que nos enfants jouent encore aujourd’hui.

Il ne nous est malheureusement point parvenu de traité de gymnastique tels que les maîtres des palestres et des gymnases avaient dû en écrire. Mais soyons sûrs que la gymnastique grecque fut, comme tout ce que les Grecs ont inventé, rationnelle, raisonnée, méthodique. Cette jiartie de l’éducation nationale, à laquelle les législateurs avaient donné tant de soin, et qui en elfet était d’une si grande importance, était confiée à des

maîtres expérimentés, qui se trouvèrent parfois être des hommes d’une véritable valeur scientifique. I.es fractures et les luxations étaient fréquentes dans les palestres; et les maîtres des palestres avaient à y donner les premiers soins. Tout professeur de gymnastique était un chirurgien, ou au moins un rebouteux : c’est ainsi qu’antérieurement à llippocrateTa chirurgie naquit dans les gymnases. U y a plus. Au v® siècle avant J. -C., époque capitale dans le développement de la médecine grecque, la gymnastique commence à être appliquée au traitement des maladies. Un maître de gymnase, nommé llérodicos (de Sélymbria, ville grecque de Thrace), qui était d’une constitution maladive, entreprit de se fortifier par des exercices réguliers; jusque-là la gymnastique n’avait servi qu’aux gens bien portants. A partir d’Hérodicos, elle fait partie de la thérapeutique.

En finissant cet aperçu de la gymnastique grecque, il n’est pas inutile de rappeler que jamais, dans la pensée des législateurs, aussi bien que dans la pratique, jamais — non pas même à Sparte ou à Thèbes — l’éducation du jeune Grec ne se réduisit à la seule gymnastique. L’enfant, l’adolescent, l’éphèbe, passaient plus de temps à la palestre et au gymnase qu'à l’école ; mais ils n’en apprenaient pas moins, non seulement à lire, à écrire et à compter, mais à comprendre les poètes et les musiciens. I.a journée du jeune Grec ressemblait assez bien, comme emploi du temps, à celle de l’étudiant d’Oxford ou de Cambridge, qui le matin écoute des cours, et qui tout l’après-midi s’exerce avec méthode à ses sports favoris.

Ni les mœurs, ni les lois des Domains n’ont jamais fait à la gymnastique dans l’éducation de la jeunesse une part analogue â celle qu’elle a eue chez les Grecs. Dans les premiers temps de Home, la jeunesse arrivait à l’armée sans avoir fait d’autres exercices physiques que ceux qu’on peut attendre d’un peuple de bouviers, de laboureurs et de vignerons. Plus lard, quand Dôme eut étendu son empire et se fut familiarisée avec les mœurs helléniques, on vit des grands seigneurs faire bâtir, dans leurs maisons de ville ou de campagne, des palestres à la mode grecque. Mais jamais l’I-ilat ne prescrivit aux parents d’envoyer leurs enfants dans des gymnases; et jamais ne s’introduisit dans les mœurs l’habitude de s’exercer à la lutte, au saut, au jmgilat pour concourir dans des jeux et remporter

Ephèbe lançant le javelot à l’aide d’une courroie.

D'aprt^s un vase grec-

Le Pancrace. — Dajuùs uu vase grec.

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lies prix. Les lloinaiiis, surtout sous l'Eiu|)ire, aimèrent les jeux atliléticiucs, mais seulement comme spectacle, et sans y prendre part eux-mèmes. C’eût été indigne de la gravité du citoyen romain que de se montrer dans l’arène, et de i)araître nu aux yeux d’une foule assemblée. I.es Uomains n’ont connu que deux sortes d’exercices : h ceux qui les préparaient au service militaire, tels que l'équitation, la nage, l’escrime avec épée de bois contre un

Gladiateur mourant, marbre romain. (iVJuséo du Capitole, Home.)

pieu, la course, les haltères ; ils avaient lieu près du Tibre, au Champ de Mars, et encore au temps de Cicéron on voulait avoir l’air d’y prendre part; mais dès cette époque, l’armée n’étant plus composée que de gens de métier, ces virils exercices du Champ de Mars tombent en désuétude ; 2“ des exercices légers auxquels on se livrait par régime, ou par divertissement, après le bain. Au premier rang il faut mettre les jeux de balle et de paume, pour lesquels les Romains ont été au moins aussi passionnés que nos arrière-grands-pères. Nous n’avons pas à faire ici l’énumération de ces jeux, ni à en donner les règles. 11 suffit de dire que les médecins en recommandaient fort l'usage, que Galien avait écrit un traité i)e la petite paume {De parvae pilaeexerci7(o), que ce jeu fut l’exercice favori de J. César, de Caton le Jeune, d’Auguste, de Mécène, d’Alexandre Sévère. Dans chaque maison particulière, dans tous les thermes publics, il y avait un emplacement pour le jeu de paume [sphaeristeriurn).

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