PAUL PERDRIZ ET
Agrégé des lettres,
Membre de l’École d’Athènes-
Bibliographie. — Guhi. et Konkr. La Vie antique, trad. Trawinski (Rothschild, 1884, 2 vol. in-8“).
ScHOEMANN. Antiquités grecques, trad. Galtiski (Picard, i88-i, 2 vol. in -8°). Marquarot. Vie priuée des Romains, t. II, trad. Henry (Thorin, 1893, in-g»). Paul Girard. L'Education athénienne au ve siècle (Hachette, 1890, l vol. in-8o). Daremberg et Saglio. Dictionnaire des Antiquités grecques et romaines (Paris, Hachette, in-P; en cours de publication).
Lucien. Œuvres complètes, trad. Talbot (Hachette, 1866, 2 vol. in-l8“). Le dialogue Anacharsis ou les Gijmnases est au tome II, p. 193.
Au but, groupe par Boucher.
La Renaissance
des exercices physicjues.
La Ligue do rLducaliou physique.
IE mouvement dit « de la Renaissance physique » a pris naissance en 1880 avec les livres de M. Paschal Grousset -A (signés André Laurie) sur la Vie de collège dans tous les pays (Paris, J. Heizel et C'®) et spécialement avec le premier de ces ouvrages, intitulé : La Vie de collège en Angleterre (Paris, 1880).
Au cours de son séjour de six ans dans les îles Britanniques, M. Paschal Grousset avait été vivement frappé de l’émulation et de l’entrain que les écoliers anglais apportent à la pratique des jeux et exercices de plein air. 11 avait été amené par ce spectacle même à voir dans la décadence des vieux jeux français, la paume, la crosse, la thèque, le mail (pour ne citer que les plus illustres), une des causes profondes de la déchéance au moins relative de la race au point de vue de l’action militaire et coloniale. Son livre sur les mœurs scolaires de l’Angleterre, plaidoyer passionné en faveur de ces jeux, obtint d’emblée un vif succès, et ce succès se manifesta très vite, notamment à Bastia (1881), à Paris (1882) et à Bayonne (1883), par la formation de petites sociétés locales de jeux en plen air.
Mais le mouvement était encore limité quand M. Paschal Grousset, qui donnait au Temps des articles signés Philippe Daryl, entreprit dans les colonnes de ce journal une nouvelle campagne en règle, en une série d’études intitulées : Les Jeux scolaires et l’éducation jdiysique. Ces articles ont été depuis réunis en volume sous le titre de Renaissance physique (Paris, J. Heizel et G'®, 1888). L’effet en fut considérable et décisif. De toutes parts les lettres affluèrent sollicitant l’auteur de former une ligue ou société nationale pour le développement et l’application de sa doctrine.
La Ligue nationale de V Éducation physique naquit ainsi, le 14 octobre 1888. Presque aussitôt, des ligues régionales se fondèrent. Peu d’entre elles ont survécu. Seule, la Ligue Girondine de l'Educatiott physique, fondée en novembre 1888, a poussé des racines vivaces et développé une force propre, basée principalement sur tes efforts et les travaux personnels de M. le docteur Tissié.
Quant au mouvement général de la « Renaissance physique », puissamment servi par les progrès de la vélocipédie, il a bientôt pris dans son ensemble une importance véritablement nationale et qui s’affirme sur toute l'étendue du territoire par la prospérité croissante d’un grand nombre de sociétés locales, de concours annuels ou périodiques, de publications théoriques et pratiques. A Paris, le Lendit des lycées et collèges, avec sa Coupe perpétuelle fondée par le regretté président Carnot, en est resté la grande manifestation annuelle.
L’originalité propre et la puissance de ce mouvement ont reposé dès l’origine sur l’adhésion presque unanime du corps enseignant, en ses représentants les plus autorisés. Il suffira de rappeler que la plupart des recteurs d’académie (et le premier de tous, M. Couat, alors recteur à Lille), la plupart des proviseurs et principaux, des directeurs et directrices d’écoles normales, de lycées et collèges de jeunes filles, un grand nombre de professeurs et d’instituteurs publics — l’élite même de l’Université — s’inscrivirent dès la première heure sur les listes de la Ligue, véritable livre d’or de cette Renaissance nationale.
Le premier soin de M. Paschal Grousset fut de fonder au bois de Boulogne une École normale des jeux scolaires où tous les jeux de plein air de la vieille France furent successivement ressuscités, étudiés et pratiqués par des équipes formées d’élèves des lycées et collèges. Les règles de ces jeux, exhumées de la poussière des bibliothèques ou des traditions locales conservées en quelques provinces, furent remises au point et rééditées. En moins de deux ans, elles étaient si bien redevenues propriété publique, que l’école normale des jeux n’avait plus de raison d’être, d’innombrables sociétés scolaires et extra-scolaires s’étant
L .1 n E N A IS S A N C E I) E S E X E II C / C E S P II ) 'S / Q U E S
loririf^es sous la direction de ses iiieiiihies iiu'^ines [)our praticjuer les exercices appris de ses moniteurs. Au [)reinier raiif’ de ces inonitenis, il l'aul citcu', en lui donnant un souvenir attendri, M. \N’illi(i Cadiot, mort d(!imis à (ailia, et M. Duncan Kowie, avocat de Montréal (( lanada), (pii avait, au cours d'un voyaf'e à Paris, rormé d’exc.elhîutes éijuiiies de crosse canadienne.
Parmi les collaborateurs les plus dcivoués de la Ligue, il l'aut encore nommer M. Adrien l’Ieuret, jirésident du Lercle naulicpie de l'’rance, cpii depuis dix ans pri'jiare et organise les régates scolaires du Lendit sur le grand lac du bois de Itoulogne. Plusieurs milliers de jeunes rameurs amateurs ont été formés sous sa direction jiersonnelle, dans celte mémorable décade, et l’on |ieut dire (]ue si le s[u)rt naulicpie a résisté en France à la redoulalde concurrence de la bicyclette, c’est surtout à lui (jue ce résultat est dû. Filons entin M.M. Fbarlemont jière et (ils, M. ('.barb't, M. Paul Montagne, M. Lefèvre, M. Paul Manoury parmi les boinmes dévoués (jui ont le jilus contribué à réjiandre dans les écoles françaises le goût de la boxe, de l’é(juilation et du tir.
Fonsidérée dans son but général, la Ligue l’a défini comme suit :