X. {de Paris
La Ijjgue Grii'on(.line de rLducation pliyyi(iue.
Nous avons fondé la Ligue Firondine de l’Education physique à Bordeaux, au mois d’octobre 1888, comme suite aux articles sur les Jeux scidaires parus dans le Temps, sous la signature de Philippe Daryl, et du livre du même auteur sur La Renaissance physique, Anw?, lequel la vélocipédie avait été par trop sacrifiée.
Bordeaux a été le berceau de la vélocipédie française; en ce temps-lcà nous faisions le coup de feu dans le Véloce-Sport en faveur de la bicyclette, qui aujourd’hui a conquis le monde. Notre ami M. Maurice Martin, aujourd’hui rédacteur au Vélo, avait échangé quelques lettres avec IVI. Paschal Grousset (Philippe Daryl), et c’est ainsi que nous apprîmes la naissance à Paris, de la Ligue nationale de l’Education physique.
Deux mois après, fin décembre, la première réunion des adhérents avait lieu dans l’amphithéâtre de philosophie de la Faculté des lettres de Bordeaux, mis très obligeamment à notre disposition par M. le doyen Espinas.
Fondée dans une ville où les œuvres d’ordres divers créées par l’initiative privée s’élèvent à plus de cent cimpiante et distribuent aiinuellement jdus de 1 îjfiO 000 francs, la Ligue Girondine de l’Iùlucation physique est avant tout une œuvre de protection |diysi(]ue et morale de l’enfance et de l’adolescence, en même temjjs qu’une œuvre de décentralisation par l’organisation des lendits régionaux annuels, c’est-à-dire de concours entre les élèves des lycées et collèges de l’académie de Bordeaux et de lendits [irimaires auxipiels prennent part les élèves des vingt
et une écoles de garçons de la ville de Bordeaux.
Tandis que dans la capitale la Ligue nationale et l’Union des Sociétés françaises de Sports athlétiques prenaient la direction de la Renaissance physi(jue, la Ligue Girondine, n’acceptant le mot d’oidre (jue d’elle-même, limitait son aclion aux cinq départements de l’Université bordelaise.
Pour mieux embrasser, elle a moins étreint. F’est pourquoi, alors que Paris essayait d’étendre son action sur toute la France, mal préparée encore, car elle venait d’être déçue par la malheureuse expérience des bataillons scolaires, une erreur patriotique, Bordeaux modifiait la technique des jeux importés de l’étranger et s’appliquait surtout à sérier les exercices physiques d’après l’âge et le développement des enfants et des adolescents. La Ligue Girondine n’est donc pas une association athlétique au sens absolu du mot, elle est surtout une association pédagogique dans laquelle l’exercice physique est un moyen et non un but. Elle a trouvé dans les lendits un système excellent de propagande décentralisatrice et de cohésion régionale. En les instituant, la Ligue Girondine n’a voulu façonner ni des phénomènes, ni des « bêtes à concours» ; elle a eu le souci du développement physique, intellectuel et moral de la collectivité, car, se basant sur un principe de pédagogie, elle a porté tous ses efforts sur la moyenne, en vue de l’élévation du niveau général.
La Ligue Girondine s’adresse surtout à l’école, elle a ajouté un rouage qui faisait défaut à l’organisme universitaire ; c’est pourquoi elle prend l’enfant dans l’école pour le conduire adulte jusqu’au régiment, par des associations de jeux post-scolaires.
Le souci de la Ligue Girondine est de fortifier des volontés, des intelligences et des caractères, d’élargir l’idéal de la jeunesse scolaire, d’éduquer le sentiment de la responsabilité individuelle parles exercices physiques et les jeux sportifs dans Faction collective au grand air.
D’après ses statuts, la Ligue a pour objet :
<( 1® De développer la force et l’adresse des enfants adolescents (garçons et filles) par tous les exercices du corps et en particulier par les récréations actives elles jeux en plein air;
(( 2® D’étudier, de formuler, de faire connaître les moyens pratiques d’atteindre ce résultat;
<( 3® D’obtenir des communes l’alfectation, à l’usage de la population scolaire, de terrains destinés aux jeux et exercices publics, ainsi que le matériel à ce nécessaire;
Il 4“ De soutenir moralement et financièrement les ligues ou associations d’éducation physique scolaires ou post-scolaires qui existent déjà sur tout le territoire de l’Université de Bordeaux, de contribuer à b'ur bon fonctionnement en facilitant des rencontres entre les sociétés par des concours ou par des lendits locaux et régionaux et en pi évoquant principalement le goût des excursions et du tourisme par l’entraînement à la marche ;
« 3® De répandre par l’enseignement, par l’écrit et par la parole des notions pratiques d’hygiène de l’entraînement physique ;
« fi® D’intervenir dans toutes les questions qui peuvent inté-
Auguste-Henri COUAT, né à Toulouse le 30 novembre 1846, mort à Bordeaux le 21 juillet 1898.